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II. DES ALÉAS À LA BAISSE ?

Par ailleurs, les aléas semblent particulièrement importants. Bien qu'il n'y ait pas de consensus à cet égard, ils semblent plutôt orientés à la baisse.

A. DES ALÉAS DÉFAVORABLES DU CÔTÉ DE L'ENVIRONNEMENT INTERNATIONAL

Ils semblent plutôt défavorables dans le cas de l'environnement international.

On peut citer, en particulier :

- le risque d'un cours du baril de Brent de 30 dollars (comme c'est le cas actuellement) au lieu de 25 dollars environ pour le gouvernement et le consensus ;

- le risque d'un taux de change de l'euro moins favorable que prévu ;

- le risque d'une croissance plus faible que prévue aux Etats-Unis ; par ailleurs, lors de son audition par votre commission des finances le 1er octobre 2003, M. Thierry Breton, président de France Télécom, a déclaré que si la reprise américaine devait franchir l'océan, on ne savait pas encore lequel  ;

- le risque d'une augmentation des taux d'intérêt à long terme aux Etats-Unis.

On peut indiquer à cet égard que, selon les estimations courantes, une augmentation du prix du baril de Brent de 10 dollars, ou une appréciation de l'euro de 10 %, ou une croissance de l'économie des Etats-Unis inférieure de 1 point, dans chaque cas sur une année, réduit le PIB de la France et de la zone euro de 0,5 point environ1(*).

En revanche, une croissance de l'économie allemande inférieure de 1 point ne réduirait le PIB français que de 0,1 point2(*).

Par ailleurs, ce serait une grave erreur que de croire que la crise irakienne est arrivée à son terme. Nul ne peut prévoir aujourd'hui l'enchaînement des circonstances du Proche-Orient, avec ses conséquences sur le marché pétrolier, sur le déficit américain et sur la tenue du dollar.

B. EXISTE-T-IL DES ALÉAS À LA HAUSSE DU CÔTÉ DES FACTEURS DE CROISSANCE NATIONAUX ?

Il semble en revanche plus difficile de caractériser les aléas concernant la seule économie française.

La question est en particulier de savoir quelle importance accorder à certains phénomènes difficilement quantifiables (poursuite de l'ajustement des bilans des grandes entreprises, probable diminution du « contenu en emplois » de la croissance, etc.

Le gouvernement estime que, du fait de la prise en compte de facteurs défavorables (comme la poursuite de l'ajustement des bilans), son scénario est « prudent ». Il estime en particulier que « l'attention portée aux bilans des entreprises pourrait s'estomper » et que « les contraintes financières pesant sur les entreprises pourraient peser moins que prévu sur l'investissement », ce qui permettrait un « rebond cyclique de l'activité plus marqué »3(*).

En sens inverse, certains économistes estiment que la croissance pourrait être plus faible que prévu, du fait notamment des incertitudes liées à la mise en oeuvre du pacte de stabilité et de croissance, mais cette analyse peu crédible est paradoxale, puisque le non-respect des règles du Conseil européen d'Amsterdam se justifie par la crainte des effets dépressifs d'une politique de réduction drastique de la dépense publique.

* 1 Le gouvernement estime cependant que l'impact d'une appréciation de l'euro serait plus faible en cas de réaction de la politique monétaire (rapport économique, social et financier pour 2003).

* 2 Selon la direction de la prévision.

* 3 Rapport économique, social et financier pour 2004 (pages 5 et 6).

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