B. LA FRÉQUENTATION DES THÉÂTRES NATIONAUX

Votre rapporteur spécial a souhaité porter à la connaissance du Sénat une très intéressante étude du contrôle d'Etat sur la fréquentation, en 2001 et 2002, des théâtres nationaux et de la Comédie Française figurant dans son rapport annuel pour 2002.

1. Les remarques d'ensemble

L'analyse comparative de la fréquentation dans les théâtres nationaux (Comédie Française comprise) en 2001 et 2002 met en évidence de fortes disparités. La fréquentation est l'un des critères d'utilité ou d'attrait d'un service public ; elle est aussi une ressource financière importante. En effet, si l'Etat assure la charge de «l'ordre de marche» et contribue également aux dépenses directes de la production artistique, cette dernière repose principalement sur les ressources propres et, d'abord, sur la billetterie; des variations mal maîtrisées auraient donc de graves conséquences pour l'activité théâtrale.

Mais cette contrainte financière ne conduit pas pour autant à une homogénéité des théâtres. Le tableau de la page suivante, qui présente les chiffres représentatifs de la fréquentation et des ressources, le montre bien. Quelques observations s'en dégagent:

- Le nombre de spectateurs est très inégal selon les théâtres, variant de 1 à 5, alors que l'amplitude des subventions n'est que de 1 à 3, au bénéfice des «petits» théâtres.

- Les taux de fréquentation sont excellents lorsqu'ils atteignent 75 ou 80 % ; mais ils peuvent aussi être descendre à 60 %, posant alors un problème d'efficacité des moyens publics.

- Les spectateurs venant gratuitement constituent une part notable du public, 10 % au moins , assez stable en effectifs, la proportion variant arithmétiquement en fonction inverse de la fréquentation.

- Les ressources de billetterie ne constituent qu'un faible pourcentage des recettes totales : 11,7 % en moyenne sur les 2 années, avec une grande disparité allant de 5 à près de 16 %. Elles n'assurent qu'environ 50 % du coût direct des spectacles .

- Le prix moyen du billet varie de 8 à 16 euros ; la contribution de l'Etat par spectateur est beaucoup plus élevée car elle oscille autour de 85 euros, les extrêmes allant de 70 à 150 euros. Cette comparaison montre la force, et la charge financière, de l'engagement de l'Etat dans le secteur.

- Le théâtre de Strasbourg se distingue par de faibles recettes de billetterie et, en compensation, une subvention importante (cette donnée étant affectée par une déduction non exhaustive des charges et ressources propres à l'école).

Ces résultats peuvent être sommairement rapprochés de ceux de l'Opéra de Paris 10 ( * ) , Celui-ci a rassemblé 750.000 spectateurs pour chacune des années (18 % de plus que les théâtres) ; la billetterie a procuré, en moyenne, 36  millions d'euros permettant de couvrir 80 % du coût direct des spectacles ; la subvention a été de 87 millions d'euros (+ 58 %) et son montant par spectateur est de l'ordre de 115 euros, soit 1/3 de plus que pour les théâtres.

2. La fréquentation dans les théâtres nationaux en 2001 et 200211 ( * ).

Dans cette note, la fréquentation ne reprend pas strictement les statistiques produites périodiquement par les établissements. Elle est d'abord retraitée (sauf pour les spectacles donnés en tournée ou joués hors les murs) sur la base de la jauge théorique de chaque salle et non sur celle de la jauge effectivement offerte par l'établissement et qui peut varier d'un spectacle à l'autre. L'incidence sur l'offre de dispositifs scéniques, liés principalement à certains choix artistiques, est ainsi neutralisée.

Ont été également modifiées les données relatives aux places gratuites pour en exclure les échanges de marchandises, afin de ne retenir que les invitations au sens strict du terme (servitudes et invitations internes ou externes au théâtre). Les échanges de marchandises et les partenariats, dans la mesure où ils comportent une contrepartie en terme de service (le plus souvent de la publicité insérée dans la presse écrite ou parlée), sont en effet rattachables à une fréquentation payante.

Enfin, ces données concernent les spectacles joués dans les théâtres eux- mêmes, les tournées étant exclues.

La fréquentation globale (toutes catégories de public confondues) de la Comédie Française et des quatre théâtres nationaux est en diminution sensible en 2002 avec 564.423 spectateurs contre 702.648 en 2001, soit - 19,7 %.

Ce résultat découle en grande partie d'une baisse de 13,0 % du nombre de représentations en 2002 (1.317 contre 1.513 en 2001). Mais cette évolution est inégale: l'Odéon a cessé son activité fin mai 2002 du fait des travaux entrepris dans le théâtre, réduisant le nombre de spectacles de 60 % ; pour les autres théâtres, la baisse n'est globalement que de 3,1 % et, dans ce groupe, la Colline augmente son activité de 4 %.

a) La Comédie Française

Le théâtre du Palais royal comporte d'une salle (dite Richelieu) dont la jauge maximale est de 896 places. Il dispose, par ailleurs, de deux autres salles, juridiquement indépendantes et qui ne sont pas intégrées dans les comptes de la Comédie française.

L'année 2001 est considérée par la Comédie Française comme une année particulièrement favorable, caractérisée par des représentations plus nombreuses de 2,7 % par rapport à l'année précédente et un taux de fréquentation globale de 81,4 % , exceptionnel pour une salle à l'italienne.

L'année 2002 est marquée par un léger ralentissement de l'activité ; le nombre de représentations, et donc de la jauge offerte, diminue de 4,4 %. Mais le nombre de spectateurs baisse d'avantage, plus de 10 %, expliquant un taux de fréquentation globale de 76,6 %, en diminution de 4,8 %.

L'analyse des résultats année par année montre un seul échec relatif en 2001 pour le « Mariage » de Gombrovitch (46 % de fréquentation globale) ; l'année 2002 est plus contrastée avec 4 résultats faibles (« Lenz, Léonce et Lena » à 47 % et 3 autres spectacles à moins de 65 %) et 3 spectacles ayant une excellente fréquentation, supérieure à 90 %.

Ces résultats satisfaisants de la fréquentation expliquent le niveau élevé de la recette moyenne par spectateur, près de 17 euros pour les 2 années, une fréquentation payante de 94 % et un taux d'exonération de 6 %.

En 2001, la recette est en hausse de près de 6 % (du fait notamment de l'abandon de la mesure tarifaire du jeudi à « 50 francs » qui avait été compensée par une subvention spécifique) et la recette moyenne par spectateur s'est établie à 17,07 euros alors que le montant moyen des cinq établissements est de 14,19 euros. En 2002 cette recette s'est établie à 16,44 euros (- 3,67 %) pour une moyenne tous théâtres confondus de 14,12 euros.

b) Le théâtre de Chaillot

Deux salles ont respectivement une jauge maximale de 1.150 places pour Vilar et 415 places pour Gémier. Depuis deux ans, le studio de répétition est utilisé comme 3 ème salle, avec une jauge de 80 places.

Le théâtre de Chaillot a présenté en 2001 et 2002 le nombre de spectacles le plus élevé avec 402 représentations en 2001 et 387 en 2002 répartis sur ses trois salles. Mais il a également obtenu le taux de fréquentation globale le plus bas pour ces mêmes années avec 62,6 % en 2001 et 58,5 % en 2002 .

Cette situation marque une nette rupture avec sa vocation initiale qui consistait à proposer un répertoire populaire destiné à satisfaire un public aussi large que possible. Elle contraste avec la situation qui prévalait avant la double affectation de Chaillot, décidée à l'automne 2000, au théâtre et à la danse.

En 2001 l'exécution artistique a été relativement difficile avec la faiblesse de la fréquentation et des recettes de billetterie par rapport aux prévisions initiales s'expliquant pour partie par la réduction de la programmation à la demande de la tutelle soucieuse de l'importance du déficit prévisionnel du budget de production.

Le taux de fréquentation globale s'est situé à 62,6 %, malgré les résultats très satisfaisants de deux spectacles exploités sur longue durée dans la salle Jean Vilar (Bérénice: 30 représentations pour une fréquentation globale de 73,7 % ; « La cour des grands » : 43 représentations pour une fréquentation globale de 95,7 %).

Les taux de fréquentation de la salle Gémier se situent à un niveau médiocre (43,9 %) pour des spectacles souvent exploités sur une période relativement longue (« Le grand théâtre » 33 représentations et un taux global de 25,9 %) ; Tamerlan (33 représentations et un taux de 45,1 %) pour ne citer que les plus significatifs. Les résultats du studio sont plus satisfaisants avec un taux global de fréquentation de 72,7 % mais ils sont sans impact financier vraiment significatif s'agissant d'une salle de 80 places maximum.

L'année 2002 est caractérisée par une diminution du nombre de représentations (387, après une activité très forte en 2001 avec 402 représentations) et de fortes variations dans la fréquentation ; le taux de fréquentation globale, 58,5 %, est encore en baisse de 4,1 %. Ces résultats médiocres expliquent la part importante des exonérations. la plus élevée des théâtres en 2002 à 22.8 % .

Ainsi, le spectacle « Zeppelins » qui a eu, salle Vilar, la plus longue période d'exploitation (23 représentations) en 2002, n'a eu qu'un taux de fréquentation globale de 34,1 %, dont 55,2 % de payante. Le succès escompté de spectacles comme « Concha Bonita » avec 22 représentations rattachables à l'exercice 2002 et un taux de fréquentation globale de 85,4 %, n'a toutefois pas permis à Chaillot de relever ses résultats.

Financièrement, l'année 2002 se situe en net retrait par rapport à 2001 avec une perte de recettes de 34,5 % et une diminution de la recette moyenne par spectateur qui passe de 13,30 euros en 2001 à 11,75 euros en 2002.

c) Le théâtre national de l'Odéon

Jusqu'en mai 2002, le théâtre de l'Odéon avait deux salles : le grand Odéon (890 places) et le petit Odéon (60 places). En raison de la fermeture pour des travaux de profonde rénovation, l'activité dans le bâtiment a été suspendue pour 2 ans, l'avenir du petit Odéon n'étant pas assuré 12 ( * ) .

Par exception à ce qui a été indiqué ci-dessus, faute d'informations complètes, les états de fréquentation 2001 et 2002 sont présentés sans tenir compte des échanges de marchandises pratiqués par le théâtre.

Par ailleurs, pour les représentations « hors les murs », aux ateliers Berthier et sous chapiteau aux Tuileries, la jauge offerte n'est pas présentée sur la base d'une capacité théorique des lieux d'accueil, comme c'est le cas pour les autres spectacles mais sur l'offre réelle.

En 2001, avec 265 représentations, l'activité de l'Odéon est en nette progression par rapport à l'année précédente (215 représentations auxquelles il faut ajouter 27 représentations données dans la « cabane ») soit, à structure constante, une progression de plus de 23 % de son activité.

Le taux de fréquentation globale s'est élevé à 82,2 % au total. Certains spectacles exploités sur longue période dans la grande salle ont eu connu un succès important en particulier « Médée », qui a été représentée 33 fois avec un taux de fréquentation record de 99,4 %, « le Fil à la patte » 32 représentations et un taux de fréquentation de 84,9 %, « l'Avare » 30 représentations et un taux de 83,9 %. Le taux de fréquentation le plus faible (« Presque Don Quichotte » 60,04 %) concerne un spectacle donné pour cinq représentations, ce qui limite l'impact de ce moindre résultat.

L'année 2002 n'est pas significative de l'activité de l'Odéon dans la mesure où les grandes et petites salles ont cessé toute activité à la fin de mai.

L'activité de l'établissement a repris de façon réduite à la rentrée 2002 avec un spectacle intitulé « Portraits dansés » présenté hors les murs et qui n'a rencontré que peu de succès (à l'exception de sa dernière semaine d'exploitation).

Globalement les résultats de 2002, indépendamment de la fermeture de l'établissement fin mai se situent en net retrait par rapport à 2001 avec un taux de fréquentation global de 67,9 %, les spectacles ayant rencontré le meilleur succès ayant été, dans la majeure partie des cas, exploités sur courte période.

La recette moyenne par spectateur est restée à un bon niveau , 14,12 euros contre 14,40 euros en 2001 , en l'absence de valorisation des échanges de marchandises, le ticket moyen par spectateur étant d'ailleurs minoré.

d) Le théâtre national de la Colline

La Colline dispose de deux salles, le grand théâtre (757 places) et le petit théâtre (214 places).

La Colline est le seul théâtre qui obtient en 2002 une progression de son activité avec plus de 4 % d'augmentation de ses représentations (295 en 2001 et 307 en 2002) et aussi une amélioration du taux de fréquentation qui croît de 62,6 à 68,3 % .

Au total la jauge physique s'est établie à 62,6 % en 2001 le succès du « Cercle de craie caucasien » de Brecht exploité sur longue période (40 représentations dans la grande salle) ayant permis d'atténuer les difficultés de la programmation 2001.

Les résultats de la Colline en 2001 ont été décevants pour deux spectacles présentés dans la grande salle : « Violences » qui a eu un taux de fréquentation globale de 42,7 % en raison du caractère difficile de la pièce et de difficultés de réalisation qui ont retardé sa sortie d'une quinzaine de jours et « la Princesse Maleine » (49,3 % de fréquentation globale) que le théâtre explique par la sortie tardive de la critique qui n'a pu avoir lieu suffisamment tôt pour avoir un impact favorable sur la fréquentation. A noter également dans la petite salle le relatif échec de « Catoblépas » ; avec 42,3 % de fréquentation globale pour une exploitation longue dans la petite salle (33 représentations) cette pièce a eu le résultat le plus faible de l'année 2001.

En 2002, la Colline est le seul théâtre a améliorer sa fréquentation globale qui monte à 68,3 % (+ 5,7 %) en raison d'une deuxième partie de saison 2001/2002 appuyée sur des auteurs connus: « Mère courage » de Brecht, « La mouette » de Tchekov et « Les paravents » de Genet ont eu un taux de fréquentation globale satisfaisant, respectivement 70 %, 95,3 % et 61,0 %, et une fréquentation payante élevée à 82,5 %, 85,4 % et 81,9 %.

Ces résultats ont atténué ceux du dernier trimestre 2002, très affectés par le résultat médiocre de « Skinner » 47,1 % de fréquentation globale et du « Retour définitif et durable de l'être aimé », qui a n'a eu que 51,1 % de taux de fréquentation globale.

La Colline déplore sa difficulté croissante à assurer sa mission première de présentation d'un répertoire contemporain , dont l'originalité est de moins en moins marquée, en raison de sa mise en concurrence sur des segments comparables avec d'autres établissements importants et notamment les théâtres de l'Est parisien, situé à proximité de la Colline, et du théâtre du Rond-Point.

En 2001, la recette moyenne par spectateur s'est établie à 9,32 euros, résultat inférieur de plus d'un tiers au résultat moyen des théâtres, mais elle a progressé de 5,13 % par rapport au niveau de 2001 (8,84 euros).

e) Le théâtre national de Strasbourg

Le TNS peut jouer dans trois salles : Koltès (592 places), Gignoux (192 places) et l'espace Kablé (200 à 250 places).

La particularité de ce théâtre est la faible capacité d'accueil de la « grande » salle (Koltès), petite dès l'origine (600 places) et sensiblement réduite après la réouverture du théâtre en 1998 en raison d'aménagements qui suppriment des places à mauvaise visibilité aux premiers rangs du parterre et sous le premier balcon ; au total une centaine de places, existant dans le projet architectural remis par le service national des travaux (SNT) au théâtre en 1998, ne sont plus utilisées en l'état actuel de la disposition des lieux.

Ce parti pris peut être regretté au vu des excellents résultats de fréquentation (80 % sur les 2 ans) 13 ( * ) . L'invalidation d'une centaine de places prive le théâtre d'une recette importante que l'on peut évaluer (sur la base de la recette moyenne de la salle Koltès) à plus de 60.000 euros/an. En réponse à une question posée récemment à ce sujet en conseil d'administration, le directeur du théâtre a indiqué que la qualité du rapport du public à la scène, obtenue grâce à ce dispositif, ne saurait être remise en cause.

La jauge physique retenue dans cette étude est donc la jauge avant modification (592 places), alors que les statistiques de fréquentation établies par le TNS sont calculées sur la base d'une capacité (réduite de 20 %) de 492 places.

En 2001, le TNS a donné 169 représentations réparties sur trois salles, avec un taux de fréquentation global de 82,9 %, le plaçant au premier rang des 4 théâtres nationaux (hors Comédie française). L'ensemble des spectacles offerts a eu des taux de fréquentation très satisfaisants, le plus souvent supérieur à 80 %, à l'exception de « Maison d'arrêt », représenté 9 fois qui n'a eu 48 % de fréquentation. A noter aussi que le TNS est, parmi les 4 théâtres nationaux, celui qui a affiché le taux d'exonération le plus faible (9,2 % en 2001 et 11 % en 2002).

En 2002, l'activité du TNS est en diminution de 11,2 % par rapport à 2001 ; ce recul est accentué par une baisse sensible du taux de fréquentation globale, qui, à 75,9 %, est en retrait de 7,0 % par rapport à 2001 ; trois spectacles (« Quai ouest », « L'exaltation du labyrinthe » et « L'otage » donnés au total pour 29 représentations) n'ont pas atteint 60 % de taux de fréquentation.

La recette moyenne par spectateur est stable à 8,82 euros.

3. La politique des théâtres nationaux en matière d'invitations et de servitudes

La politique des théâtres nationaux et de la Comédie Française en matière d'invitations et d'attribution de places de servitudes est disparate et ne repose pas sur une disposition écrite. L'article 20 des quatre décrets portant statut des théâtres nationaux a néanmoins prévu qu'un arrêté conjoint des ministères de la culture et des finances fixe les servitudes. En 1997, un projet d'arrêté visant à harmoniser les pratiques avait d'ailleurs été établi par la direction du spectacle vivant, projet sans suite à ce jour.

S'il apparaît, au travers des tableaux de fréquentation établis pour chaque théâtre, que les taux d'exonération varient sensiblement d'un établissement à l'autre, les raisons en sont diverses et tiennent autant à la mission propre à chaque établissement, qu'à la capacité d'accueil de leur(s) salle(s), à la nature des spectacles proposés et à leur durée d'exploitation.

Globalement, l'ensemble des places mises gratuitement à disposition représente 8 à 9 % de la jauge des théâtres et 10 à 14 % du nombre des spectateurs (à nombre constant d'invitations, le pourcentage augmente arithmétiquement lorsque le nombre total de spectateurs diminue). Dans cet ensemble, le nombre de places attribuées en fonction des servitudes est faible (ce qui a pu expliquer l'abandon du projet réglementant ce sujet), l'essentiel de la gratuité est lié aux invitations. Le nombre d'invitations fluctue fortement en fonction du remplissage des salles ; les statistiques par spectacle, sont à cet égard très parlantes.

a) La Comédie Française

Servitudes : à un régime antérieur qui prévoyait l'attribution de 87 places de servitude à la Comédie Française, s'est substitué un régime plus restrictif limitant ces places, par représentation, à : 2 places pour le médecin de service, 2 places pour le commissaire de police, 2 places pour la Présidence de la République, 2 places pour le ministère de la culture.

Les places non utilisées par le ministère de l'intérieur sont vendues.

Invitations : pour chaque nouveau spectacle, la Comédie Française donne deux représentations gratuites réservées aux invités des artistes associés à la production. La répétition générale, qui est donnée après la première, est réservée à la presse et la « couturière », dernière répétition non publique, est réservée au personnel du théâtre. La Comédie Française est le théâtre où les places gratuites sont de loin les moins nombreuses, moins de 6 % en moyenne sur les 2 ans.

b) Le théâtre national de Chaillot

Servitudes : 14 places pour Vilar et 12 places pour Gémier 2 jours par semaine pour les spectacles joués assez longtemps, soit : 2 places pour la Présidence de la République dans chacune des salles (Vilar et Gémier), 10 places pour le ministère de la Culture (Vilar) et 8 à Gémier, 2 places pour la Préfecture de police.

Chaillot a accordé au total 890 places de servitude au cours de la saison 2001-2002.

Invitations : Chaillot privilégie le public payant et adapte sa politique d'invitation en fonction de la durée d'exploitation d'un spectacle, de l'état des réservations et donc de la disponibilité des salles. Mais le théâtre est aussi lié contractuellement avec les troupes invitées qui ont droit à 10 invitations par jour et par spectacle en cours d'exploitation et il pratique une politique ouverte envers ses partenaires permanents ou occasionnels, la profession et le personnel du théâtre. Au contraire de la Comédie française, avec 13 puis 23 % de places gratuites, Chaillot a pratiqué une politique très généreuse, mais en partie compréhensible par la disponibilité de places non vendues.

c) Le théâtre national de l'Odéon

Servitudes : sur chacune des représentations, outre 2 places pour le médecin de garde et le commissaire de police de permanence, deux places sont mises à disposition de : la Présidence de la République, le Sénat, la préfecture de police, le ministère de la culture, la DMDTS, soit un total de 14 places exonérées par représentation.

Invitations : le théâtre envoie à chaque représentation un quota d'invitations individuelles soit dans le cadre de sa politique de communication (presse, partenaires au titre de mécénats) soit à la profession (contrats d'artistes, responsables de théâtres parisiens, programmateur en vue de tournées, etc.).

d) Le théâtre national de la Colline

Servitudes : le théâtre accorde 16 places de servitude par représentation (médecin de service, commissaire de police, places du ministère) pour le grand théâtre et 12 places pour le petit théâtre.

Invitations : dans le cadre de sa politique de communication, la Colline invite les professionnels et la presse aux premières de ses spectacles.

Les opérations d'échanges, soit avec les annonceurs soit avec certains partenaires (Opéra national de Paris, Cité de la musique.), ne sont pas de véritables invitations et font l'objet d'une comptabilisation à part. En 2001 et 2002, ces opérations ont concerné respectivement 3.525 et 3.088 places dans le grand théâtre et 3.820 et 1.345 places dans le petit théâtre.

e) Le théâtre national de Strasbourg

Il n'existe pas de régime de servitudes à proprement parler au TNS, hormis les 2 places du médecin de garde. Le directeur dispose d'un quota d'invitations à chaque représentation, qui représente en moyenne 10 % des places offertes; le théâtre se montre sur ce point très économe, la petitesse relative des salles et le très bon remplissage des places incitant d'ailleurs à donner peu de places gratuites.

* 10 Ces rapprochements appelleraient des commentaires faisant ressortir les différences et similitudes.

* 11 Les théâtres sont présentés ci-dessous dans l'ordre d'importance de la fréquentation totale en 2001.

* 12 Au début de la saison 2002-2003, l'activité du théâtre a été limitée à des représentations en tournée ou hors les mures. A partir de janvier 2003, le théâtre a retrouvé une salle grâce à l'aménagement des entrepôts Berthier ; les gradins définitifs donneront une jauge potentielle de près de 600 places.

* 13 Ce taux dépasserait 90 % si le calcul était fait sur la jauge des 500 places offertes par la salle Koltès.

Les thèmes associés à ce dossier

Page mise à jour le

Partager cette page