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II. LE COMMERCE EXTÉRIEUR DE LA FRANCE

Alors que le commerce extérieur français était considéré dans les années 80 comme structurellement déficitaire, notamment en raison de la facture énergétique, il connaît depuis le début des années 90 de forts excédents. Entre 1993 et 2002, les exportations ont ainsi progressé de 6 % par an en moyenne contre 5 % dans la décennie précédente.

A. LA COMPÉTITIVITÉ DE LA FRANCE S'EST AMÉLIORÉE DURANT LES DIX DERNIÈRES ANNÉES

1. La compétitivité-prix est en progression

Mesurée aussi bien avec les prix à l'exportation qu'avec les coûts salariaux unitaires dans le secteur des biens manufacturés, la compétitivité des produits français a sensiblement augmenté en dix ans par rapport aux pays de l'OCDE.

L'indicateur le mieux à même d'apprécier la compétitivité-prix à l'exportation des produits nationaux consiste à rapporter, dans une même monnaie, les prix d'exportation français dans un secteur donné aux prix de nos principaux concurrents dans ce secteur, sur les marchés tiers.

Entre le premier semestre 1990 et le premier semestre 2003 la compétitivité-prix à l'exportation et la compétitivité-coût se sont respectivement améliorées de 14,4 % et 29,1 %. Sur la première partie des années quatre-vingt dix, la compétitivité-prix s'est sensiblement plus améliorée que la compétitivité-coût (respectivement + 7,1 % et + 2,6 % entre le premier semestre de 1990 et le premier semestre de 1995) dans un contexte de forte appréciation nominale (+ 8,3 %).

Les différentiels de prix ont connu une évolution plus favorable (+ 15,4 %) que celle des différentiels de coût (+ 10,9 %), les exportateurs français ayant consenti d'importants efforts de marge. Depuis le premier semestre 1995, la compétitivité-coût a progressé plus vite que la compétitivité prix (+ 29 % et + 10,4 % respectivement) : ces évolutions reflètent une dépréciation du taux de change effectif nominal (- 7,6 %), ainsi que la bonne orientation du différentiel de coûts salariaux unitaires (+ 23,7 %), le différentiel de prix étant, cette fois-ci, moins favorable (+  5,1 %). Les producteurs nationaux ont donc pu accroître la profitabilité des ventes à l'étranger tout en améliorant leur compétitivité prix.

Evolution de la compétitivité-prix et de la compétitivité-coût de la France depuis 1993

Source : DREE

Au total, la compétitivité-prix à l'export et la compétitivité-coût se situent au premier semestre 2003 à un niveau supérieur respectivement de 2,4 % et de 7,8 % à la moyenne entre 1993 et 2003.

En utilisant le taux de change effectif réel (mesuré en déflatant le taux de change effectif nominal par les prix à la consommation), on constate, en juin 2003, que le taux de change effectif réel de la France, après avoir atteint un point bas historique en octobre 2000, se trouve à un niveau inférieur de 6,2 % à celui de janvier 1993 dans le secteur manufacturier et de 6,0 % dans le secteur agroalimentaire.

La compétitivité des produits français se serait donc améliorée tant par rapport aux pays industrialisés que vis-à-vis des pays émergents.

2. La hausse de l'euro pourrait cependant, si elle se poursuit, avoir des effets non négligeables

L'euro a enregistré durant l'année 2003 une croissance ininterrompue face eu dollar, de l'ordre de 15 % à 20 %. Cette appréciation résulte en fait plus des doutes exprimés par les investisseurs sur la soutenabilité à moyen terme du déficit américain que de réels facteurs d'amélioration de la conjoncture. Ainsi le yen a également connu une appréciation face à la monnaie américaine, malgré une situation économique préoccupante. Les effets d'une appréciation prolongée de l'euro seraient considérables.

Les effets de l'appréciation de l'euro par rapport aux autres devises

Une appréciation du taux de change rend mécaniquement les produits français plus chers par rapport à ceux qui sont libellés dans une autre devise, ce qui tend à réduire nos exportations en volume. Cependant, une grande partie de nos échanges se fait avec nos partenaires de la zone euro, ce qui limite la concurrence ressentie par les produits français à l'exportation. Symétriquement, l'appréciation de l'euro rend plus compétitifs les produits importés de pays situés en dehors de la zone euro. La baisse des exportations, en raison du fort contenu en importations des exportations, atténuera sensiblement la correction à la hausse sur les importations. De plus, suite à l'appréciation du taux de change, les industriels français compriment leurs marges pour absorber une partie du choc et, ainsi, ne pas trop dégrader leur compétitivité. Par le passé, on a pu constater un tel comportement de marge de la part des entreprises américaines lors de la période d'appréciation du dollar : ainsi, entre les premiers semestres 1999 et 2001, le taux de change effectif du dollar s'est apprécié de 13,7 % et, en parallèle, les exportateurs américains ont accru de 9,0 % leurs efforts de marge.

Les industriels étrangers appliquent également un comportement de marge. Les producteurs des autres pays de la zone euro réagissent comme les entreprises françaises et réduisent leurs marges, dégradant, toutes choses égales par ailleurs, la compétitivité des produits français à l'exportation et à l'importation. A l'inverse, les exportateurs hors zone euro profitent des marges de manoeuvre liées à la dévaluation de leur monnaie, et accroissent leurs marges, réduisant donc légèrement les pertes de compétitivité enregistrées par la France.

Au total, ces comportements de marge amortissent, sans les annuler, les pertes de compétitivité des producteurs français. Ces dernières se traduisent par une baisse des volumes exportés et une hausse des volumes importés.

Une appréciation de 10 % de l'euro par rapport à l'ensemble des autres devises tendrait, selon de simulations (hors effets de bouclage macroéconomique) à dégrader le solde des produits manufacturés de 6,4 milliards d'euros à horizon de 18 mois.

Aux effets sur le solde manufacturier, il convient d'ajouter l'allégement de la facture énergétique, de 3,2 milliards d'euros dans cette hypothèse. Au total, avant bouclage macroéconomique et réaction de politique économique, l'appréciation de 10 % de l'euro conduirait mécaniquement à une baisse d'environ 3,2 milliards d'euros de notre solde commercial au bout de 18 mois.  (notamment l'aéronautique), les boissons et l'industrie du verre. Au contraire, certains secteurs (agro-alimentaire, tabac, automobile) sont nettement moins exposés aux fluctuations du dollar.

Source : ministère de l'économie, des finances et de l'industrie

Une hausse continue de la monnaie européenne aurait trois types d'effets sur l'économie :

- un renchérissement des exportations en direction des pays de la « zone dollar », qui comprennent, en plus des Etats-Unis, l'Asie et l'Amérique Latine ;

- une concurrence vers les pays tiers, les produits européens devenant moins compétitifs que les produits des pays arrimés au dollar ;

- une concurrence à l'importation, sur le territoire européen, où les produits de la zone dollar connaissent des baisses de prix.

Dans ce contexte, les études montrent que la variable la plus touchée est l'investissement des entreprises, via une baisse de leur profitabilité, puis les exportations.

Les conséquences de la hausse sont différenciées d'un secteur à l'autre. Les secteurs les plus touchés seraient notamment ceux liés au transport et à l'aéronautique.

Les effets d'une appréciation de l'euro sur le secteur aéronautique

Lors de son audition par la commission des finances du Sénat le 1er octobre 2003, M. Philippe Camus, président d'EADS, s'est exprimé sur les conséquences dans son secteur d'une appréciation de la monnaie européenne :

« En ce qui concernait la monnaie, M. Philippe Camus a relevé que EADS était particulièrement sensible aux fluctuations du change. Il a indiqué qu'une appréciation de l'euro de 10 % correspondait à un manque à gagner d'un milliard d'euros, c'est-à-dire le coût annuel de développement de l'A380. Il a exprimé l'opinion que cet élément était susceptible d'empêcher EADS de devenir le numéro un mondial. Il a indiqué que la gouvernance économique en Europe lui paraissait insuffisante pour relever ce défi ».

B. LES RÉSULTATS DU COMMERCE EXTÉRIEUR FRANÇAIS EN 2002 ET 2003

Les résultats du 1er semestre 2003 montrent que le repli des échanges français, déjà engagé en 2002, s'est poursuivi. Les exportations ont souffert d'un affaiblissement de la demande extérieure alors que les importations ont également reculé. La baisse des ventes (- 4,8 % par rapport au second semestre 2002) l'a emporté sur la baisse des importations (- 3,0 %), l'excédent commercial s'est donc réduit de 1,5 milliard d'euros, après 4,6 milliards d'euros au second semestre 2002.

Le fléchissement a été plus particulièrement prononcé dans le secteur des biens d'équipement, affecté par l'atonie persistante de l'investissement mondial, en particulier dans le secteur de l'aéronautique et de l'électronique. Il faut relever que le recul des échanges de biens de consommation et de l'industrie automobile a été plus modéré.

La place des exportations dans la reprise économique

Lors de son audition par la commission des finances du Sénat le 8 octobre 2003, M. Michel Didier, directeur de Rexecode, a présenté les deux principaux leviers de la reprise économique, avec au premier rang les exportations :

« M. Michel Didier a exposé les deux leviers de la reprise :

- d'une part, il a fait valoir que le niveau des exportations françaises était actuellement inférieur à la demande mondiale adressée à la France. Il a rappelé que, si les exportations avaient été supérieures en 2001 à cette demande mondiale en raison de la baisse de l'euro, la situation s'était inversée en 2002. Il a donc jugé que, avec un euro stabilisé, dans un contexte où le commerce mondial augmentait, les exportations pouvaient redevenir un moteur pour l'économie ;

- d'autre part, il a insisté sur les évolutions de l'économie financière et il a montré que la reprise des émissions et la baisse des primes de risque constituaient un signal positif pour l'économie ».

L'environnement international est en effet en repli depuis la fin de l'année 2002, malgré la résistance de certains pays émergents, dont la Chine. Au premier semestre 2003, le commerce n'a progressé que de 1,6 %.

La France a donc subi le contrecoup d'un net ralentissement de la demande extérieure qui lui est adressée (+ 1,5 % au premier semestre 2003 contre + 3,7 % au second semestre 2002).

Compte tenu de la baisse plus rapide de nos ventes que de nos achats de biens importés, l'excédent commercial a été ramené à 1,5 milliard d'euros au premier semestre contre 4,6 milliards d'euros au second semestre 2002.

C. L'ÉVOLUTION DE LA BALANCE COMMERCIALE DE LA FRANCE

En 15 ans, la France est passée d'une balance courante qui apparaissait structurellement déficitaire à une balance structurellement positive.

Plusieurs facteurs expliquent cette évolution :

- les échanges de services ont dégagé un excédent qui a cru de manière continue sur l'ensemble de la période, lié pour l'essentiel au tourisme ;

- la politique de désinflation compétitive et les gains de productivité ont permis aux entreprises françaises de gagner en compétitivité au cours de cette période ;

- le solde des revenus est excédentaire depuis 1997, et bénéficie notamment de la progression des revenus tirés des investissements directs à l'étranger.

- enfin, le solde des transferts se dégrade progressivement avec les transferts réalisés au profit des communautés européennes et ceux liés aux acquisitions d'entreprises.

En 2002, l'excédent du compte des transactions courantes s'est établi à 27,5 milliards d'euros, soit 1,8 % du PIB, après 25,7 milliards d'euros en 2001.

L'excédent de la balance des biens et services semble témoigner des facultés d'adaptation des entreprises françaises dans un environnement incertain. Le repli des exportations de biens et services en valeur résulte principalement du ralentissement de la demande mondiale et des efforts de marge des exportateurs.

Les transactions courantes par grandes composantes

(en millions d'euros)

 

2000

2001

2002

Crédit

Débit

Solde

Crédit

Débit

Solde

Crédit

Débit

Solde

Transactions courantes

507234

487774

19460

526893

501191

25702

521615

494159

27456

Biens

322787

326368

-3581

328501

324554

3947

323460

313323

10137

Services

87486

65958

21490

89580

69658

19922

91225

72510

18715

Biens et Services

410273

392364

17909

418081

394212

23869

414685

385833

28852

Revenus

78461

61713

16748

89799

71412

18387

85583

71979

13604

Transferts courants

18500

33697

-15197

19013

35567

-16554

21347

36347

-15000

D. L'ÉVOLUTION DE LA PART DE MARCHÉ MONDIAL DE LA FRANCE

La part de marché mondial de la France dans les échanges de marchandises s'est établie, selon l'OMC, à 5,1 % en 2002 (après 5,2 % en 2001). Depuis 2000, elle est stable à un bas niveau, proche de son plus bas des vingt dernières années (+ 4,8 % en 1983). Elle s'inscrit en diminution par rapport au début de la décennie, période à laquelle elle se situait au dessus de 6 %.

Cette évolution n'est pas spécifique à la France. Les parts de marché en valeur de l'ensemble des grands pays européens diminuent significativement depuis 1990, tout comme celles du Japon, alors que celle des Etats-Unis est stable sur cette période. La France est, dans ce contexte, demeurée le quatrième exportateur mondial de marchandises.

La baisse tendancielle de notre part de marché absolue résulte notamment de la part croissante des échanges mondiaux réalisée par les pays émergents (du fait de leur insertion progressive dans le commerce international). En outre, par rapport au début des années 1990, la valorisation élevée du dollar (il s'est apprécié de 32 % par rapport au franc puis à l'euro entre 1992 et 2002) est défavorable à la part de marché de la France en valeur.

En effet, l'évolution de la part de marché mondiale en valeur d'un pays reflète non seulement sa compétitivité intrinsèque et son engagement commercial vers les zones économiquement dynamiques, mais aussi la variation des prix des marchandises échangées : l'effet de valorisation des échanges, qui incorpore les fluctuations des différentes monnaies et l'évolution des prix mondiaux des marchandises échangées, sous-évalue mécaniquement la part de marché des pays dont la monnaie se déprécie, comme de ceux qui exportent peu de biens dont le prix monte.

Parts de marché mondial de la France et de ses principaux partenaires

(en %)

 

92

93

94

95

96

97

98

99

00

01

02

France

6,3

5,9

5,8

5,8

5,7

5,4

5,8

5,7

5,1

5,2

5,1

Allemagne

11,4

10,1

9,9

10,1

9,7

9,2

9,9

9,5

8,6

9,3

9,5

Royaume-Uni

5,0

4,8

4,7

4,6

4,8

5,0

5,0

4,8

4,4

4,4

4,3

Italie

4,7

4,5

4,4

4,5

4,7

4,3

4,5

4,1

3,7

3,9

3,9

Etats-Unis

11,9

12,3

11,9

11,3

11,6

12,4

12,4

12,1

12,1

11,8

10,8

Japon

9,0

9,6

9,2

8,6

7,6

7,5

7,1

7,4

7,5

6,5

6,5

E. EVOLUTION GÉOGRAPHIQUE ET SECTORIELLE DES ÉCHANGES

1. Les produits agro-alimentaires

L'excédent agroalimentaire français, en progression moyenne de 4 % par an sur les quinze dernières années, avait connu en 2001 un très net repli passant de 9,3 milliards d'euros en 2000 à 7,5 milliards d'euros en 2001 et rejoignant ainsi le niveau de 1995. Il s'est redressé en 2002 (8,4 milliards d'euros) sans pour autant retrouver les niveaux de la fin des années 1990 (10,3 milliards d'euros en 1997 et plus de 9 milliards d'euros les trois années suivantes).

Cette amélioration de notre solde agroalimentaire s'explique par l'augmentation proportionnellement plus forte de nos exportations (+ 4,1 %) par rapport à celle de nos importations (+ 1,7 %). Après avoir fortement chuté en 2001, le taux de couverture est reparti à la hausse en 2002 pour atteindre 128,3 %.

Balance commerciale agroalimentaire de la France

(en milliards d'euros)

 

1996

1997

1998

1999

2000

2001

2002

Importations

24,2

25,4

26,7

26,6

27,9

28,6

29,6

Exportations

32,2

35,5

35,7

35,9

37,2

36,1

38

Solde

8,1

10,3

9,0

9,3

9,3

7,5

8,4

Taux de couverture

133,4 %

140,4 %

133,9 %

134,8 %

133,3 %

126,1 %

128,3 %

Sources : douanes françaises et centre français du commerce extérieur

En 2002, le secteur agroalimentaire contribue à hauteur de 11,9 % aux exportations françaises, tandis que les importations agroalimentaires représentent 9,4 % de nos importations tous secteurs. Pour mémoire, le secteur ne représente que 2,3 % du PIB français et la population agricole n'a cessé de diminuer depuis 50 ans, atteignant 3,7 % de la population active en 2002.

S'agissant des produits agricoles, le solde pour l'année 2002 demeure faiblement positif, passant en un an de 0,4 milliard d'euros à 0,9 milliard d'euros. Les exportations à 10,5 milliards d'euros représentent 27 % des ventes agroalimentaires totales.

Dans le même temps, les importations progressent de 1,4 % pour s'établir à 9,6 milliards d'euros. Le taux de couverture progresse donc fortement de 103 % en 2001 à 109 % en 2002.

S'agissant des produits des industries agroalimentaires (IAA), l'excédent se situe en 2002 à 7,5 milliards d'euros, contre 7,0 milliards d'euros en 2001. Les exportations augmentent légèrement (27,6 milliards d'euros, soit + 3,1 %) et représentent 73 % des ventes agroalimentaires totales (contre 71 % en 2000). Les importations s'accroissent dans le même temps de 1,8 % pour s'établir à 20,1 milliards d'euros.

Sur le plan géographique, l'excédent enregistré en 2002 avec nos partenaires de l'Union Européenne s'élève à 6 milliards d'euros, en hausse de 0,5 milliard d'euros par rapport à 2001. Cette hausse est particulièrement sensible pour les produits des IAA (+ 10,8 %). Les exportations françaises vers l'Union Européenne, en hausse de 3,6 %, ont totalisé 27,0 milliards fin 2002 et représentent ainsi 72 % de nos ventes mondiales (contre 71 % en 2001). Parallèlement, les importations en provenance de cette zone poursuivent leur progression pour atteindre 21 milliards d'euros en 2001 (soit + 1,9 %).

Le Royaume-Uni est une nouvelle fois en 2002 notre premier excédent mondial, avec un solde de 2,4 milliards d'euros, en hausse de 3 %, et notre quatrième client mondial (4,3 milliards d'euros de ventes, soit + 2,4 %).

L'Allemagne reste de loin notre premier client mondial (chiffre d'affaires de 5,6 milliards d'euros, soit + 1,8 %), même si notre excédent s'y infléchit à 2,26 milliards d'euros (contre 2,28 milliards d'euros en 2001).

Parallèlement, notre déficit avec les Pays-Bas s'est significativement creusé, passant en un an de - 2,1 milliards d'euros à - 2,3 milliards d'euros.

L'analyse par filière montre que les vins et spiritueux représentent toujours notre premier excédent. Après une diminution de ce poste en 2001 (pour la première fois depuis 10 ans), l'excédent « vins et spiritueux » est reparti à la hausse en 2002 passant de 6,2 milliards d'euros à 6,7 milliards d'euros. La seconde place pour les IAA reste occupée par les produits laitiers, dont le solde s'accroît de 2,8 % pour se situer à 2,1 milliards d'euros. Le secteur viande et animaux, après avoir été marqué par les crises sanitaires successives (ESB, fièvre aphteuse), semble avoir mis un coup d'arrêt à la baisse tendancielle de son excédent : celui-ci a crû fortement de 15 % en 2002 pour atteindre 0,6 milliard d'euros.

2. Les exportations industrielles

a) Une progression ininterrompue

Au cours des dix dernières années (1993-2002), à l'exception de l'année 2002, la progression des échanges industriels a été ininterrompue (mesurée en euros). Corrélée à la conjoncture mondiale, elle a toutefois été erratique. In fine, le commerce extérieur de biens industriel a crû de près de 7 % l'an en moyenne (7,1 % à l'exportation, 6,5 % à l'importation). La hausse, en particulier, a été en marquée dans l'industrie automobile (+ 8,4 %), les biens de consommation (7,4 %), dans une moindre mesure les biens d'équipement (7,2 %) et les biens intermédiaires (5,8 %).

La croissance des échanges industriels de la France s'explique par l'effet conjugué de facteurs conjoncturels et structurels :

- la croissance de la demande (l'économie mondiale a progressé au rythme d'un peu moins de 4 % par an au cours des dix dernières années ans) ;

- les gains de compétitivité obtenus par la France au cours des dernières années, à la faveur de la dépréciation du taux de change, de la hausse de la productivité et de la modération salariale (la compétitivité-prix de nos exportateurs était, à la mi-2003, en dépit de l'appréciation de l'euro, supérieure de plus de 6 % à sa moyenne de long terme) ;

- l'abaissement des barrières commerciales ;

- l'élargissement du processus de production de nos entreprises, via notamment l'investissement direct à l'étranger.

Les échanges industriels dominent le commerce extérieur de la France (près de 85 % à l'exportation en 2002, plus de 80 % à l'importation). Aux deux tiers, nos exportations de biens industriels sont composées d'échanges de biens d'équipement et de biens intermédiaires, et pour 17 % chacun, de biens de consommation et de produits de l'industrie automobile. Une telle structure est conforme au niveau de développement de la France, économie spécialisée dans les industries consommatrices de capital, et dont l'internationalisation croissante a fortement développé le commerce intra-branche et intra-firme (de l'ordre de 30 % de notre commerce extérieur).

Le solde des échanges industriels de la France est excédentaire (surplus ininterrompus depuis 1995), ce qui ne doit pas occulter des situations différenciées : si la balance des échanges de biens d'équipement et de produits de l'industrie automobile est positive, a contrario le solde des échanges de biens de consommation, et dans une moindre mesure de biens intermédiaires, est déficitaire.

Globalement, la France tire ses avantages comparatifs des produits à valeur ajoutée, d'une part dans les secteurs de haute et moyenne technologie (aéronautique / espace, automobiles, matériel de télécommunication, produits pharmaceutiques), d'autre part dans les produits haut de gamme, version de luxe, qui privilégient le savoir-faire (boissons, produits de toilette), enfin dans des secteurs agro-alimentaires (céréales).

A contrario, nos principaux désavantages comparatifs sont localisés dans les produits énergétiques (pétrole, charbon, gaz) et primaires (métallurgie, minerais non ferreux), dans certains biens d'équipement (machines outils, matériel agricole) et d'une manière générale, les filières traditionnelles incorporant peu de valeur ajoutée (cuirs, textile, papier), confrontées à la concurrence croissante des pays émergents.

b) Quelques remarques sur les évolutions

Du détail des évolutions de nos échanges industriels, quelques faits saillants doivent être soulignés :

- les échanges de biens de consommation, encore dynamiques en 2002, se sont repliés de près de 3 % au premier semestre 2003, à l'exportation comme à l'importation. Les ventes de produits pharmaceutiques et de la parfumerie, à fort contenu en innovation et moins élastiques aux variations de prix, ont davantage résisté à l'appréciation de l'euro (respectivement, + 1,9 % et - 0,4 % au premier semestre 2003). Au contraire, la baisse des ventes de produits plus banalisés (appareils domestiques) ou touchant les nouvelles technologies (notamment le matériel hi-fi) a été relativement marquée. Les évolutions ont été sensiblement du même ordre à l'importation, les baisses les plus significatives concernant les produits liés aux nouvelles technologies ;

- dans un environnement européen morose (les immatriculations européennes ont reculé de 2,6 % au premier semestre comparé à la même période de 2002), les échanges de l'industrie automobile se sont progressivement orientés à la baisse. Les ventes au Royaume-Uni, troisième débouché pour notre industrie automobile, ont notamment fléchi de 18 %, et celles aux Etats-Unis, second débouché, de 6 %. A contrario, hors pays anglo-saxons, nos performances ont été meilleures, en particulier dans les pays d'Europe centrale et orientale (+ 12 % sur un an). Parallèlement, en ligne avec un marché intérieur en retrait (les immatriculations de voitures neuves ont reculé de près de 8 % sur un an), la baisse des importations de l'industrie automobile a été prononcée. Au premier semestre 2003, l'excédent commercial dans l'automobile s'est élevé à 5,8 milliards d'euros. En baisse par rapport au semestre précédent, il demeure néanmoins le premier excédent français ;

- stables au second semestre 2002, les ventes de biens intermédiaires ont reculé de 3,9 % au premier semestre 2003, en ligne avec la stagnation de la croissance dans les principaux pays industrialisés et l'attentisme des entreprises. Les baisses les plus significatives ont été enregistrées dans le domaine des équipements électriques et électroniques, ainsi que dans le textile. Parallèlement, malgré le redressement du prix des matières premières hors énergie, nos achats de biens intermédiaires ont reculé de 3,6 % ;

- l'affaissement des ventes de biens d'équipement (- 7,2 %) a reflété l'atonie de la demande des entreprises et le faible mouvement de reconstitution des stocks. De plus, l'appréciation de l'euro a pu pénaliser certains secteurs (informatique notamment), où la concurrence des pays de la zone dollar est vive. Fait aggravant, sur fond de crise du secteur aérien (restructurations, réductions de trafic liées au SRAS et aux craintes d'attentats), les ventes d'Airbus ont nettement fléchi (- 11 %). Parallèlement, les importations ont buté sur l'atonie de la demande et le bas niveau des capacités de production, les transports et les équipements électriques et électroniques étant les plus touchés. Au premier semestre 2003, le traditionnel excédent des biens d'équipement s'est légèrement réduit, à 2,6 milliards d'euros, après 3,6 milliards d'euros le semestre précédent. En particulier, le surplus aéronautique, deuxième excédent français (à égalité avec les boissons), a diminué de près de 1,5 milliard d'euros et s'élève à 3,4 milliards d'euros ;

- les échanges de NTIC (ordinateurs et équipements informatiques, téléphonie mobile et radiocommunication, composants électroniques) n'ont pas montré de signes tangibles de redressement, après près de trois ans de crise au niveau mondial du secteur. Leur fléchissement, au premier semestre 2003, s'est accentué (- 15 % à l'exportation et - 10 % à l'importation). A l'exception des échanges de NTIC avec la Chine, en forte progression, aucune zone géographique n'a été épargnée. In fine, au premier semestre 2003, le déficit de nos échanges de biens liés aux NTIC s'est légèrement creusé, pour atteindre 3,3 milliards d'euros.

3. Les grands contrats civils

Au premier semestre 2003, les grands contrats ont fléchi de 7 % par rapport au premier semestre 2002 du fait du recul des commandes civiles hors aéronautique. Toutefois, malgré un environnement a priori défavorable (ralentissement conjoncturel, craintes d'attentats, SRAS, secteur aérien en crise, appréciation de l'euro), les commandes aéronautiques ont été dynamiques (+ 17 %). Elles ont bénéficié du succès du salon du Bourget, notamment des commandes importantes passées par les Emirats Arabes Unis, et des bonnes performances réalisées sur le marché asiatique. Grâce aux livraisons d'Airbus, le montant des grands contrats passés avec les Etats-Unis s'est maintenu.

Ainsi, au premier semestre 2003, le montant des grands contrats a baissé de 7 % par rapport au premier semestre 2002.

Au premier semestre 2003, il s'est élevé à 10,6 milliards d'euros, en repli de 7 % (exprimés en euros) par rapport au premier semestre 2002. En raison de la forte appréciation de l'euro vis-à-vis de la monnaie américaine, les grands contrats exprimés en dollars ont progressé de 16 % par rapport à 2002 (les grands contrats recensés sont pour l'essentiel libellés en dollars, l'euro représentant 10 % des contrats en 2001).

Cependant, la bonne tenue des commandes aéronautiques n'a pas compensé le net fléchissement des autres grands contrats civils.

Début 2003, le contexte aérien international défavorable (ralentissement économique, tensions sur fond d'attentats terroristes, épidémie de pneumopathie atypique), conjugué à l'appréciation de la monnaie européenne, pouvaient laisser craindre un effondrement des commandes aéronautiques ; or il n'en a rien été : au premier semestre 2003, le total des grands contrats aéronautiques a atteint 6,8 milliards d'euros, en hausse de 17 % par rapport au premier semestre 2002.

Cette progression a tenu à l'importance des contrats passés avec les pays du Proche et du Moyen Orient et avec l'Asie (Chine, Taïwan). Suite au salon du Bourget, qui s'est tenu du 14 au 22 juin, les Emirats Arabes Unis ont notamment commandé 41 Airbus (dont 21 A380, nouvel « avion géant » de 550 places), pour un montant de 2 milliards d'euros. Malgré les mouvements de change, les commandes aéronautiques avec les Etats-Unis sont restées stables, la compagnie new-yorkaise à bas coûts JetBlue acquérant même 65 Airbus A320. Airbus apparaît ainsi en mesure de dépasser son objectif de livraison de 250 appareils en 2003, qui lui permettrait de devancer son principal concurrent, Boeing.

A l'inverse, au premier semestre 2003, le montant des grands contrats civils hors aéronautique a fléchi de 32 % par rapport au premier semestre 2002, à 3,8 milliards d'euros.

La quasi-totalité des zones ont été touchées, les grands contrats avec l'Amérique du Nord et l'Asie émergente se repliant très nettement.

L'enquête grands contrats - objet et évolution

Réalisée chaque trimestre par la DREE et le réseau des Missions économiques du MINEFI, l'enquête sur les grands contrats de vente de biens d'équipement a été instituée en 1979. Elle était à l'origine extraordinairement détaillée : elle recensait, outre les contrats gagnés (avec leur mode de financement), les contrats perdus (avec la cause de cette perte) et les contrats en négociation (avec les perspectives d'aboutissement).

La baisse de la part des grands contrats dans nos exportations et l'atténuation de la « contrainte extérieure » qui avait conduit à concentrer les efforts sur le développement des ventes de biens d'équipement, ont amené progressivement une simplification de l'enquête, afin de moins solliciter les entreprises. Les contrats perdus ne sont ainsi plus répertoriés.

L'enquête « grands contrats » recense tous les contrats civils de vente de biens d'équipement (ou de BTP), dont la part française dépasse 3 Millions d'euros (20 Millions de francs) et conclus au cours du trimestre précédent, quelle que soit la date d'entrée en vigueur, qu'ils bénéficient ou non d'une garantie COFACE. Les contrats de concessions ne sont à signaler que s'ils engendrent une vente de biens d'équipement supérieure au seuil. Les contrats cadres, intentions d'achat, ou les contrats simplement paraphés sont exclus.

Cette enquête a un double objet :

- elle représente, d'une part, un indicateur avancé sur l'évolution future des exportations de biens d'équipement : le délai moyen entre la signature du contrat et la livraison de la part française est d'environ un an dans le cas des biens d'équipement civils hors aéronautique, il est supérieur pour les aéronefs (en général, entre un et quatre ans pour les Airbus).

- elle permet, également, d'évaluer la part respective des financements publics et des autres sources de financement (multilatéraux ; privés...) dans les ventes de biens d'équipement, afin d'améliorer le dispositif de soutien à nos exportations.

Les grands contrats à l'exportation représentent environ 30 % des exportations françaises de biens d'équipement, soit 8 % de nos exportations totales.

Source : ministère de l'économie, des finances et de l'industrie

4. La facture énergétique

Au cours des dix dernières années, les prix du pétrole ont été très volatils. Après un point bas en 1998, ils ont progressé au-delà de 28 dollars par baril en moyenne 2000, avant de revenir autour de 25 dollars par baril les deux années suivantes.

Au premier trimestre 2003, les tensions au Moyen-Orient, concrétisées par l'intervention américaine en Irak à la mi-mars, ont propulsé les cours pétroliers à 31 dollars par baril, pic suivi d'une modération des cours à l'occasion de la fin des opérations militaires, puis d'une nouvelle reprise dans un contexte d'incertitudes relatives au niveau de l'offre. Au total, au premier semestre 2003, le prix du pétrole s'est établi à 29 dollars par baril, contre 23 dollars par baril au premier semestre 2002. Comparé au point haut atteint lors du second choc pétrolier en 1981, le prix du pétrole brut reste toutefois encore inférieur de 17 %.

Le prix relatif du pétrole - qui rapporte le prix du pétrole au prix des exportations industrielles des pays de l'OCDE - a moins progressé sur les trente dernières années que le prix du brut. Toutefois, en 2002, il dépasse de 20 % sa moyenne sur la période.

Le déficit énergétique s'est réduit de 1,3 milliard d'euros en 2002 : après un pic à plus de 23 milliards d'euros en 2000, la facture énergétique s'est progressivement allégée. En 2002, malgré l'augmentation des prix du pétrole, elle s'est réduite d'environ 1,3 milliard d'euros, sous l'effet conjugué de la faiblesse de la demande de pétrole et de l'appréciation de l'euro par rapport au dollar. La facture énergétique est ainsi revenue à 21,5 milliards d'euros, après 22,8 milliards d'euros en 2001. Le déficit énergétique hors pétrole a de son côté peu évolué.

Début 2003, les prix du brut ont brutalement augmenté suite à l'accumulation des tensions au Moyen-orient et à l'arrêt momentané de la production de brut du Vénézuela (décembre et janvier), jusqu'à l'intervention américaine en Irak à la mi-mars.

Le prix du brent s'est ainsi maintenu au-dessus de 31 dollars par baril au cours des trois premiers mois de 2003, franchissant même un pic au-delà de 34 dollars par baril début mars. En avril et en mai, la levée des incertitudes géopolitiques, concrétisée par la prise de Bagdad par les Américains le 9 avril 2003, a permis le retour à des prix voisins de 25 dollars par baril, soit à l'intérieur de la fourchette retenue par les membres de l'OPEP.

Si la production pétrolière de l'Irak s'est considérablement affaiblie à partir de mars, il n'y a pas eu de réduction massive de l'offre grâce aux efforts consentis par les autres membres du cartel. De la sorte, la demande, en léger recul du fait de la sortie de la période hivernale et d'un trafic aérien plus réduit (craintes d'attentats, SRAS), a pu aisément être satisfaite. Au mois de juin, le prix du brent s'est de nouveau orienté à la hausse, franchissant la barre des 26 dollars par baril. Ces nouvelles tensions pourraient traduire à la fois la faiblesse des stocks mondiaux, ainsi que les difficultés rencontrées par l'Irak pour retrouver son niveau de production d'avant guerre. Au final, au premier semestre 2003, les prix du pétrole ont augmenté de 25 % par rapport au premier semestre 2002.

Malgré l'appréciation de l'euro, la hausse du prix du pétrole a renchéri nos importations énergétiques de 8 % au premier semestre 2003. Notre facture énergétique s'est ainsi alourdie, à 11,9 milliards d'euros, après 10,8 milliards d'euros le semestre précédent.

Dans la seconde partie de l'année, l'agence internationale pour l'énergie (AIE) table sur une reprise progressive de la demande de pétrole accompagnant l'amélioration de l'activité mondiale et la nécessaire reconstitution des stocks.

Compte tenu de la décision des pays de l'OPEP de laisser inchangés leurs quotas de production, il n'est pas exclu que les tensions actuelles sur les prix du pétrole se poursuivent : l'issue dépendra en partie de la capacité de l'Irak à reconstituer sa capacité d'offre pétrolière.

F. LA RÉPARTITION GÉOGRAPHIQUE DES ÉCHANGES

Au premier semestre 2003, les échanges avec nos partenaires de l'Union européenne se sont inscrits en baisse par rapport au dernier semestre 2002 (- 3,9 % à l'exportation et - 4,2 % à l'importation). Les ventes à destination du Royaume-Uni, pénalisées par l'appréciation de l'euro et la mauvaise orientation des secteurs aéronautique et automobile, se sont fortement repliées (- 9,7 %). Elles sont restées négatives vers l'Allemagne et l'Italie, en panne de croissance, mais n'ont que faiblement reculé vers l'Espagne, où la croissance était plus solide.

Les échanges de la France avec les pays hors Union européenne ont fléchi dans des proportions comparables (- 3,9 % à l'exportation et - 2,3 % à l'importation), avec toutefois des évolutions contrastées, reflets des écarts de croissance macro-économique mais aussi des différences de structure de nos échanges bilatéraux. Au total, au premier semestre 2003 notre déficit avec la zone extra-Union européenne s'est amplifié de près de 1 milliard d'euros, pour atteindre 4,6 milliards d'euros. Cette évolution est essentiellement imputable à la diminution de moitié de notre excédent avec l'Afrique. Le traditionnel déficit avec l'Asie ne s'est que faiblement élargi, demeurant voisin de 7,5 milliards d'euros.

Depuis la mi-2002, nos échanges avec les Etats-Unis se sont inscrits sur des pentes fortement négatives : nos exportations ont fléchi de 10 % et nos importations de 7 %. Exprimées en dollars, les évolutions sont en revanche restées stables. De fait, si l'appréciation de l'euro face au dollar a été significative depuis février 2002 (+ 30 %), hors secteurs plus exposés (aéronautique, informatique, matériel électrique, cuirs et chaussures), l'effet du renchérissement du taux de change ne doit pas être surestimé : d'une part, les échanges internes à la zone euro en atténuent la portée (l'appréciation du taux de change effectif de la France au premier semestre 2003 se limite ainsi à + 4 %) ; d'autre part, les gains de compétitivité accumulés pendant la phase de dépréciation du dollar ont laissé une certaine latitude aux exportateurs français en matière de réduction de marges ; enfin, grâce à un positionnement sur des produits de haute et moyenne gamme où prédominent les aspects hors-prix (qualité, variété, délais de livraison, design), nos industriels ont pu réduire la contrainte de change.

A ce stade, il paraît difficile de mettre en évidence un effet lié au boycottage des produits français, y compris pour quelques produits emblématiques. Les ventes de boissons ont même progressé de 5 % sur un an. Si ce dernier score reste inférieur aux performances habituelles, il s'explique surtout par le renforcement de l'environnement concurrentiel et la montée en puissance des vins du nouveau monde (Australie, Chili, Afrique du sud, Argentine).

Au sein des pays émergents, les situations ont été contrastées :

- les échanges avec les pays d'Europe centrale et orientale, portés par le secteur automobile, ont une nouvelle fois fait preuve de dynamisme (+ 1 % à l'exportation, + 1,2 % à l'importation). Ils sont aussi structurellement stimulés par l'importance des flux d'investissements directs accueillis par ces pays au cours des dernières années, entraînant un développement rapide des échanges intra-groupe.

Les ventes à destination de l'Asie ont légèrement fléchi, tandis que les achats ont stagné, mais avec de fortes disparités selon les zones :

- les échanges avec la Chine ont montré une vigueur exceptionnelle, à l'exportation (+ 18 %), comme à l'importation (+ 8 %). En raison du fort déséquilibre de nos échanges, notre déficit s'est toutefois maintenu autour de 4 milliards d'euros. Outre la robustesse de la croissance chinoise, nos exportateurs ont su profiter des opportunités offertes par la libéralisation progressive du marché chinois. Les ventes de produits liés aux nouvelles technologies et d'équipements automobiles (rôle d'assemblage joué par la Chine) ont notamment été soutenues ;

- hormis l'aéronautique et quelques niches englobant les produits de luxe (parfumerie, boissons), les exportations vers le Japon ont nettement reculé ;

- les ventes aux pays de l'ASEAN, stimulées par les exportations de matériel ferroviaire et de matériel électrique, ont été dynamiques.

Grâce aux performances aéronautiques, les ventes aux pays du Moyen-Orient sont restées stables.

Après la nette contraction des échanges avec les pays d'Amérique latine en 2002, la sortie de récession de l'Argentine et l'accélération de la croissance au Chili et au Mexique, ont permis de retrouver des rythmes de vente proches de 5 % au premier semestre 2003.

L'excédent avec l'Afrique a été amputé de moitié, revenant à 1 milliard d'euros au premier semestre 2003, après 2,1 milliards d'euros au second semestre 2002. Nos ventes ont nettement fléchi, notamment dans le secteur automobile, alors que nos importations, principalement d'hydrocarbures, ont progressé rapidement.

G. LA PLACE DES PME DANS LE COMMERCE EXTÉRIEUR FRANÇAIS

Sur les 2,4 millions d'entreprises en activité sur le territoire français, 121.000 (soit environ 5 %) ont été recensées par les douanes en 2001 comme participant aux exportations de biens.

La concentration du commerce extérieur français est un phénomène ancien, mais qui a eu néanmoins tendance à s'accentuer légèrement sur la période récente, en raison notamment de l'importance croissante des groupes dans le tissu économique.

Comparées aux groupes et à leurs filiales, les PME indépendantes jouent un rôle plus limité dans l'internationalisation de l'économie française, phénomène qui n'est toutefois pas spécifique à la France, mais s'observe également aux Etats-Unis et dans les autres pays européens.

En 2001, l'ensemble des entreprises de plus de 500 salariés, qui ne représentaient que 1,5 % des opérateurs, ont réalisé près de la moitié (47 %) des exportations françaises de marchandises.

En particulier, les 10 premières entreprises exportatrices ont assuré à elles seules 16 % des exportations de biens. A contrario, les PME, représentant 88 % des opérateurs, ont réalisé 43 % des exportations françaises.

Il n'existe pas de sources d'informations centralisées décrivant la structure de l'appareil exportateur des différents pays européens. En l'état des évaluations disponibles, de fait sujettes à caution, l'internationalisation des PME françaises est comparable aux performances de nos voisins allemands et britanniques, légèrement supérieure à la moyenne européenne.

Dans son ensemble, l'appareil exportateur américain présente une concentration comparable à la France. Le tableau suivant permet de comparer, pour la France et les Etats-Unis, la part des plus grandes entreprises dans les exportations totales.

Concentration de l'appareil exportateur, comparaison France Etats-Unis

(en %)

Part dans les exportations totales

Françaises en 2001

Américaines en 2001

Top 4

10,8

9,8

Top 8

14,5

14,4

Top 20

21,2

22,6

Top 50

29,9

32,6

Top100

37,3

41,0

Top 250

48,8

52,5

Top 500

58,4

61,3

Top 1000

68,4

69,8

Top 2000

77,8

77,6

Sources : douanes françaises 2001 ; US Department of Commerce 2001

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