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2ÈME PARTIE : L'EFFORT DE LA NATION EN FAVEUR DE LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE

I. PRÉSENTATION DES CRÉDITS DE LA SÉCURITÉ ROUTIÈRE

A. PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES CRÉDITS

1. Le « jaune » sécurité routière

En application de l'article 96 de la loi de finances pour 2001, adopté à l'initiative de votre rapporteur spécial, le gouvernement est désormais tenu de présenter chaque année en annexe au projet de loi de finances un rapport relatif à l'ensemble des moyens alloués par l'Etat à la lutte contre l'insécurité routière. Ce rapport doit également retracer l'effort global de la Nation en faveur de la sécurité routière et fournir les indicateurs de résultats de la politique menée en ce domaine.

En effet, la section « sécurité routière » du budget des transports ne permettait de retracer que l'effort du ministère de l'équipement, des transports et du logement, ce qui n'était pas conforme à la logique interministérielle de la politique de lutte contre l'insécurité routière.

2. Les crédits prévus pour 2004

Pour 2004, les crédits consacrés à la sécurité routière par l'Etat sont donc estimés à 1.673,9 millions d'euros, en hausse de 2,7 % par rapport au budget pour 2003.

Effort consolidé de l'Etat en matière de sécurité routière

(en millions d'euros)

Ministères

PLF 2003

LFI 2004

Evolution

Equipement, transports, logement, tourisme et mer

598,18

621,33

3,9 %

Défense

531,05

529,79

-0,2 %

Intérieur, sécurité intérieure et libertés locales

251,31

264,79

5,4 %

Justice

150,67

160,42

6,5 %

Jeunesse, éducation nationale et recherche

55,28

55,28

0,0 %

Santé, famille et personnes handicapées

0,36

0,21

-41,7 %

Sports

0,13

0,13

0,0 %

Recherche et technologies nouvelles

23,32

24,78

6,3 %

Economie, finances et industrie

18,89

17,14

-9,3 %

TOTAL

1629,19

1673,87

2,7 %

Mais il convient de détailler plus précisément les actions des différents départements ministériels.

B. PRÉSENTATION DES ACTIONS ET CRÉDITS MINISTÉRIELS

1. Equipement, transports et logement

La lutte contre l'insécurité routière est une mission prioritaire du ministère de l'équipement, des transports et du logement.

Elle se décline en plusieurs actions :

- les actions de la direction de la sécurité et de la circulation routières et de la délégation interministérielle à la sécurité routière en hausse de 9,5 % pour 2004 à 54,1 millions d'euros13(*) ;

- l'entretien, le développement et les mesures de sécurisation du réseau routier en hausse de 5,2 % pour 2004 à 322,9 millions d'euros ;

- la rémunération des personnels du ministère travaillant dans le domaine de la sécurité routière en hausse de 1 % pour 2004 à 244,2 millions d'euros.

Pour 2004, l'ensemble des moyens consacrés à la sécurité routière par le ministère s'élèvera donc à 621,33 millions d'euros en moyens de paiement, soit une progression de 3,8 % par rapport à 2003.

2. Défense

Au travers de l'action de la gendarmerie nationale notamment, le ministère de la défense participe à l'action en faveur de la sécurité routière.

Les missions de la sécurité routière sont essentiellement assurées par les unités de gendarmerie départementale. Des unités spécialisées se consacrent de manière quasi exclusive à ces missions :

- 135 pelotons d'autoroutes et 49 brigades rapides d'intervention, assurant la surveillance de 9.316 kilomètres d'autoroutes appuyées par 15 brigades motorisées autoroutières regroupant 4.048 militaires ;

- 341 brigades motorisées (soit 3.586 militaires) assurant la surveillance des routes nationales et départementales à fort trafic.

Au total, le ministère estime que plus de 11.500 militaires de la gendarmerie sont engagés dans une mission de sécurité routière14(*), pour des crédits qui s'élèveront à 529,8 millions d'euros en 2004 (- 0,2 %).

3. Intérieur et justice

Le ministère de l'Intérieur intervient dans le domaine de la sécurité routière par des actions de prévention, de contrôle et de répression sur la voie publique (police de la circulation contrôles de vitesse, d'alcoolémie...) sous la conduite de la direction générale de la police nationale, mais aussi par l'action de sa sous-direction de la circulation et de la sécurité routière (bureau des usagers de la route, réglementation des véhicules, service des informations statistiques notamment sur les accidents et infractions) et de la direction générale de l'administration et des préfectures.

Au total, le ministère de l'intérieur, de la sécurité intérieure et des libertés locales estime consacrer 264,8 millions d'euros pour 2004 (+ 5,3 %) aux actions de sécurité routière.

Le ministère de la justice est quant à lui chargé de sanctionner les comportements routiers les plus dangereux en utilisant de manière optimale les dispositifs légaux et réglementaires. La loi n° 2003-495 du 12 juin 2003 renforçant la lutte contre la violence routière traduit les orientations définies lors du comité interministériel de la sécurité routière du 18 décembre 2002 et offre aux parquets de nouveaux instruments permettant d'accroître la réponse pénale et d'en améliorer l'efficacité.

Une première circulaire d'application de la loi a été adressée aux juridictions le 20 juin 2003. Une note en date du 10 juillet 2003 présente plus précisément les nouvelles conditions de recevabilité pour les contestations de certaines amendes forfaitaires.

Aussi le ministère de la justice consacrera 160,4 millions d'euros à la lutte contre l'insécurité routière en 2004, soit une hausse sensible (+ 6,4 %).

4. Les autres actions ministérielles

L'essentiel de l'action en faveur de la sécurité routière est assuré d'une part par le ministère de l'équipement, des transports, du logement, du tourisme et de la mer pour l'entretien des routes, l'information et la coordination des moyens et d'autre part par les ministères de la défense, de l'intérieur et de la justice pour le contrôle, la prévention, et la sanction.

Toutefois, les ministères de la jeunesse et de l'éducation nationale, de la recherche et des technologies nouvelles et de l'économie, des finances et de l'industrie consacrent également des moyens à la lutte contre l'insécurité routière :

- les crédits relevant du ministère de la jeunesse et de l'éducation nationale s'élèveront à 52,3 millions d'euros en 2004, en stabilité par rapport à 2003. Il s'agit essentiellement de l'évaluation du temps passé par les 11.000 personnels de direction, les professeurs et les instituteurs pour des cours consacrés à la sécurité routière ;

- les crédits relevant du ministère de la recherche et des technologies nouvelles s'élèveront à 24,78 millions d'euros en 2004 (+ 6,2 %), consacrés essentiellement au financement des activités de deux organismes : le Laboratoire central des ponts et chaussées (LCPC) qui comprend un pôle exploitation et sécurité routières qui mène des études sur le rôle de l'infrastructure dans la sécurité de la route et joue un rôle de pilotage pour les études menées par les centres d'études techniques de l'équipement, l'Institut national de recherche sur les transports et leur sécurité (INRETS) qui travaille sur le développement technologique des systèmes de transport ;

- les crédits relevant du ministère de l'économie, des finances et de l'industrie s'élèveront à 17,14 millions d'euros pour 2004 (- 9,2 %). Il s'agit des dépenses consacrées aux installations des centres de contrôle technique et de fonctionnement courant des Directions régionales de l'industrie, de la recherche et de l'environnement (DRIRE).

* 13 Ce montant ne comprend pas, à la différence de l'an dernier, les crédits de personnel.

* 14 Le chiffre pour 2003 était cependant évalué à 13.000.

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