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TROISIÈME PARTIE :

LE BUDGET DE LA CONSTRUCTION AÉRONAUTIQUE

I. L'INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE FRANÇAISE TIRE SON EPINGLE DU JEU DANS UN CONTEXTE DÉFAVORABLE

A. LES RÉPERCUSSIONS DE LA CRISE DU TRANSPORT AÉRIEN

Les conséquences de la crise du transport aérien ont été perceptibles dès l'année 2001 pour l'industrie aéronautique mondiale. Ainsi, les commandes d'avion de plus de 100 places ont diminué de 38 % en 2001, avec 704 unités commandées en contre 1.121 en 2000. Elles ont de nouveau fléchi de 22 % en 2002, avec un total de 551 unités. Le secteur des avions de transport régionaux a connu la même évolution, les commandes de Bombardier ayant chuté de 82 % (38 appareils commandés en 2002 contre 209 en 2001), et celles d'Embraer, de 16 % (36 unités contre 43).

En terme de livraisons cependant, la situation est contrastée d'un constructeur à l'autre. Airbus, avec 303 appareils livrés (- 7 %), résiste mieux que son concurrent Boeing à -28 % (381 unités livrées). Bombardier en a livré 220, (+ 7 %), Embraer, 121 (- 21 %). Le déclin du niveau de livraison, joint aux fluctuations monétaires conduisent donc à un exercice difficile pour les constructeurs aéronautiques français.

Chiffre d'affaire de l'industrie aérospatiale

(en milliards d'euros)

 

CA 2002

2002/01 (%)

Effectifs directs

(en milliers)

Industrie aérospatiale américaine

dont aéronautique civile

148,1

43,3

- 3,2 %

- 15,5 %

702 (- 9,3 %)

401,6 (- 11 %)

Industrie aérospatiale européenne

dont aéronautique civile*

81,0

56,8

10,1 %

nd

435 ( 1,4%)

nd

Industrie aérospatiale française

dont aéronautique civile

24,6

17,9

- 2 %

- 7 %

101,5 (- 0,5 %)

nd

Sources : AIA, AECMA, GIFAS / *2001

B. LES RÉSULTATS DE L'INDUSTRIE AÉRONAUTIQUE FRANÇAISE EN 2002

Après des années de forte croissance entre 1995 et 2001, l'industrie aéronautique française a connu un repli de son activité en 2002. Le niveau des commandes enregistrées (25,4 milliards d'euros), supérieur au chiffre d'affaire, constitue cependant un signal positif pour l'avenir.

Les résultats des principaux groupes français montrent une contraction du chiffre d'affaire global : - 3 % pour EADS, - 5,6 % pour la SNECMA.

Pour autant, l'industrie française semble en bonne voie, avec une résistance à la crise en générale meilleure que celle de la concurrence. En témoigne le succès d'Airbus qui, dans un contexte général difficile, connaît au premier semestre 2003 une hausse de ses commandes de 84 % (199 unités), grâce à d'importants contrats remportés auprès de compagnies comme Emirates ou Jet Blue. A titre de comparaison, sur la même période, les commandes adressées à Boeing ont reculé de 33 % (111 unités).

C. LES PERSPECTIVES POUR 2003 ET LES ANNÉES À VENIR

L'International Air Transport Association estimait la croissance du trafic passager à 7 % environ pour 2003. Ces perspectives ont été revues à la baisse suite notamment à la guerre en Irak et à l'épidémie de pneumopathie en Asie. L'IAEA table désormais sur une croissance ne devant pas dépasser 3 % à 4 %.

Si les estimations de l'organisation indiquent que le trafic devrait croître de 5 % environ par an, les constructeurs sont plus prudents sur les perspectives de reprise de l'activité. EADS cite 2005, General Electrics 2007. Boeing espère ainsi livrer entre 275 et 285 appareils en 2003, entre 275 et 290 en 2004. Airbus montre plus d'optimisme, et affiche 300 unités livrées en 2003 et 2004 comme objectif.

Auditionné le 1er octobre 2003 par votre commission des finances, M. Philippe Camus, Président exécutif de EADS, a rappelé que les perspectives de long terme étaient primordiales dans son secteur, et que la politique financière prudente du groupe lui permettait de traverser la crise actuelle sans relâcher ses efforts d'investissement, notamment dans les grands programmes engagés par la société comme l'A380 ou l'A400M.

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