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B. LES RELATIONS ÉCONOMIQUES FRANCO-IRANIENNES

1. Des investissements français concentrés dans le secteur énergétique et l'automobile

Les implantations françaises en Iran sont encore relativement peu nombreuses et se concentrent dans deux secteurs, l'énergie et l'automobile.

Dans le secteur énergétique, Total est implanté depuis sa prise de participation, en 1954, dans le consortium qui avait succédé à l'Anglo-Iranian, nationalisée en 1951. Entre 1968 et 1974, Elf a pour sa part découvert les champs de Sirri et de Kangan. Toutefois, la révolution islamique a mis fin au consortium et à cette coopération. Les contentieux liés aux intérêts de Total et d'Elf en Iran ont été réglés par une indemnisation partielle.

Durant ces dernières années, TotalFina-Elf a repris des positions en Iran, bénéficiant de l'absence de concurrence américaine. En 1995, associé à Petronas, Total a obtenu le contrat pour la mise en valeur du champ d'huile de Sirri. En 1997, le groupe a également signé un contrat pour le développement d'une partie du champ gazier offshore de South Pars, situé à 100 kilomètres des côtes iraniennes, près de la frontière maritime avec le Qatar. Après une vive réaction de la part des autorités américaines, celles-ci ont toutefois, en mai 1998, lors du sommet transatlantique de Londres, accepté d'accorder « au nom de l'intérêt national » une exemption limitée aux trois compagnies (Total, Gazprom et Petronas) signataires du contrat relatif à South Pars, envisageant d'accorder d'éventuelles exemptions au cas par cas, sans caractère automatique et à l'exclusion des pipelines, pour tout contrat analogue.

Gaz de France coopère depuis 1990 avec la National Iranian Gas Company, avec laquelle il a constitué un accord d'association. Dans le cadre d'un consortium avec Shell, British Gas et Petronas, Gaz de France a proposé de développer une phase de South Pars et de financer les investissements dans le réseau iranien pour transporter le gaz jusqu'à la frontière turque, dans le cadre d'un projet d'exportation de gaz vers la Turquie.

Le secteur automobile est le deuxième point d'ancrage des entreprises françaises en Iran. Les importations de véhicules étrangers sont interdites depuis la révolution islamique, mais les autorités iraniennes souhaitent développer des partenariats avec des grands constructeurs pour moderniser la production nationale, d'autant que le marché iranien de l'automobile est en pleine croissance, avec un taux de progression annuel moyen de 27 % depuis sept ans.

Le groupe Iran Khodro, première entreprise du pays et plus grand constructeur du Moyen-Orient, a entrepris depuis 1992 une coopération industrielle avec Peugeot, qui vend chaque année près de 140 000 véhicules en Iran, soit plus de 25 % du marché. C'est l'implantation la plus importante de la firme en dehors de l'Union européenne.

Répondant au souhait des autorités iraniennes de lancer une nouvelle gamme de véhicules à bas prix, Renault a signé en octobre 2003 un accord avec l'organisme public IDRO, pour produire et commercialiser en Iran, à partir de 2006, une voiture "économique" qu'elle a développée et dont des chaînes de production sont également prévues dans d'autres pays (Roumanie, Russie, Maroc notamment).

Une société commune, Renault Pars, a été créée entre Renault, actionnaire à 51 %, et AID, une entité iranienne regroupant l'organisme public IDRO et les deux principaux constructeurs automobiles nationaux, Iran Khodro et SAIPA. Cette société commune prévoit d'investir 300 millions d'euros dans la première phase du projet. La capacité de production initiale s'élèvera à 200.000 voitures.

2. Des échanges commerciaux déséquilibrés

Les échanges économiques entre l'Iran et la France sont très fortement orientés par les deux principaux domaines de coopération : l'énergie et l'automobile.

En ce qui concerne les exportations françaises, elles ont connu au cours de ces dernières années une augmentation rapide, puisqu'elles s'élevaient à 2.044 millions d'euros en 2003 contre 1.530 millions d'euros en 2002, 1.200 millions d'euros en 2001, 760 millions d'euros en 2000 et 600 millions d'euros seulement en 1999. Avec une part de marché de 6 %, la France est le troisième fournisseur de l'Iran après l'Allemagne (17 %) et les Emirats Arabes Unis (10 %), à égalité avec l'Italie. Les équipements pour l'automobile ont représenté à eux seuls plus de 47 % de nos exportations en 2003. Les équipements mécaniques, électriques et électroniques destinés au secteur des hydrocarbures et de la pétrochimie occupent également une place majeure dans nos ventes.

Les importations iraniennes en France sont constituées à 90 % de pétrole brut, dont l'Iran n'était cependant que notre septième fournisseur en 2002. Globalement, la France n'est que le 35ème client de l'Iran. Le volume des importations varie considérablement en fonction des fluctuations des cours du baril et du dollar, ainsi que de nos choix d'approvisionnement pétrolier.

Au total, les échanges commerciaux, concentrés sur des domaines bien délimités, sont très déséquilibrés. En 2003, l'excédent commercial en faveur de la France s'élevait à 985 millions d'euros, contre 687 millions d'euros en 2002.

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