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D. DES EXEMPLES DE NOUVELLES FORMES DE RESTRUCTURATIONS

1. Le centre de microélectronique de Gardanne

Dans le cadre de la reconversion du bassin minier du Centre-Midi a été créé à Gardanne, en Provence, un centre de micro-électronique, baptisé « Georges Charpak », spécialisé dans les objets communicants sécurisés, dépendant de l'Ecole des mines de Saint-Etienne (par ailleurs subventionnée par le ministère de l'industrie).

La construction du bâtiment (46 millions d'euros) qui doit héberger cet établissement, destiné à accueillir 660 élèves et 130 permanents, a été financée par la communauté du pays d'Aix, la ville de Gardanne, le conseil général des Bouches-du-Rhône, la région provence-Alpes-Côte d'Azur, l'Etat français et l'Europe (à travers le FEDER).

Ce projet, limité mais exemplaire, a été développé en partenariat avec les industriels de la micro-électronique de Rousset, des laboratoires publics et privés, et les universités locales.

2. La reconversion du choletais

Les conclusions de l'article précité paru, en 2002, dans les Annales des mines, partaient de l'exemple de la mutation réussie du choletais, en proie à une grave crise dans le secteur de la chaussure. Ce document soulignait le « travail de fourmi » réalisé auprès des entreprises et des salariés par une plate-forme, informelle, de reconversion professionnelle.

Celle-ci regroupait quelques individus qui ont rempli une véritable fonction d'intermédiation sur le marché du travail local, palliant le caractère limité et peu coordonné de l'action des cellules de reclassement fonctionnant sur les différents sites industriels. A côté de cette plate-forme s'est constitué, à l'initiative du sous-préfet, un comité de pilotage de l'économie choletaise, sorte de communauté de travail, multilatérale et, elle aussi, informelle, qui, petit à petit, a coordonné toutes les actions de développement sur le territoire.

Le comité a adopté la vision intégrée et prospective indispensable à tout traitement des mutations économiques, allant au-delà d'une simple logique de réparation.

Comme pour les chantiers navals du Havre, on assiste souvent, selon les auteurs de l'article, à un débordement des cadres institutionnels de l'action (est-ce parce qu'ils sont inadaptés ?) dans les initiatives qui donnent les meilleurs résultats.

Aujourd'hui, la ville de Cholet vient de lancer un « pôle enfant » comprenant un Institut qui dispensera, à la rentrée prochaine, une formation, adaptée aux besoins des PME, sur les méthodes de conquête du « marché de l'enfant ».

L'idée est d'utiliser les savoir-faire acquis dans le secteur de l'habillement et de la chaussure et de les associer aux potentiels des établissements locaux d'enseignement supérieur et de recherche, pour créer un pôle de référence et de compétitivité national autour de l'univers de l'enfant.

A des phénomènes localisés touchant des secteurs industriels en déclin ou en grande difficulté (textile, sidérurgie, chantiers navals, etc...), ont ainsi succédé des processus diffus et permanents d'adaptation de toutes les entreprises, dont les plans sociaux ne constituent qu'un des aspects les plus spectaculaires.

A côté de deux configurations assez bien connues, mais peu fréquentes, comme celle de la grande-entreprise-prospère-qui-restructure ou celle de l'intervention publique spectaculaire (Moulinex, Chausson, Superphénix) apparaît donc une troisième configuration qui peut être qualifiée de « mutations territoriales endogènes » (endogène, dans la mesure où les ressources extérieures sont limitées et l'accompagnement des mutations s'effectue au plan local).

Dans ces processus, l'Etat peut exercer des fonctions importantes à condition de laisser certains individus prendre l'initiative de jouer de nouveaux rôles. Il jouit d'une réputation de neutralité et les financements publics, même amoindris, demeurent attractifs et peuvent donc en attirer d'autres.

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