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2. L'appréciation mitigée de votre rapporteur spécial

a) Des objectifs souvent justifiés

Votre rapporteur approuve beaucoup des objectifs énoncés dans le rapport des Etats généraux, notamment en ce qui concerne :

- l'importance de la formation, à et par la recherche ;

- l'idée de mettre en place des structures permettant l'orientation et le pilotage d'une politique de recherche prioritaire ;

- la nécessité de réformer en profondeur les universités ;

- une gestion de l'emploi scientifique qui soit prévisionnelle et favorise les mobilités ;

- l'accentuation de la rigueur des évaluations, en contrepartie d'un allègement des contraintes (contrôle a posteriori, dotations de base accordées pour 5 ans).

b) Des omissions regrettables

Certaines lacunes lui paraissent, en revanche, surprenantes. Alors que la connaissance scientifique devrait être un bien public dont l'Etat est le garant et qu'une augmentation massive de moyens est requise, il n'est question, nulle part, dans le résumé du rapport, du rôle de la représentation nationale.

Or, c'est elle qui doit consentir à l'augmentation des crédits exigée et voter la future loi d'orientation et de programmation de la recherche.

Aux Etats-Unis, la répartition des fonds fédéraux entre les différentes agences (NSF, NIH) et la définition des priorités de la recherche fondamentale sont passionnément débattues par les parlementaires.

D'autre part, il est très peu question, dans ce document, de coopération avec les entreprises et la recherche privées, si ce n'est pour affirmer que « la valorisation des connaissances scientifiques doit reposer sur des partenariats (avec qui ?) équilibrés », ou à propos des pôles de recherche et d'enseignement supérieur qui doivent associer, localement, « les différents partenaires de l'enseignement supérieur et de la recherche publique et privée » (l'adjectif apparaît pour la première fois).

Or, l'insuffisante implication des entreprises dans les activités de recherche est l'un des principaux maux de notre pays.

En Amérique, ce sont des personnes issues du monde de l'entreprise qui dirigent fréquemment les universités. Les liens public-privé sont beaucoup plus développés que chez nous : la mobilité des enseignements-chercheurs vers l'industrie est assez fréquente et près de la moitié des diplômés trouve un emploi en entreprise moins de trois ans après l'obtention du doctorat (il est vrai, cependant, que les Etats généraux souhaitent faire bénéficier de la formation doctorale « des secteurs plus larges de la société »).

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