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2. Des débouchés variant beaucoup selon les marchés

a) Les médailles, décorations, jetons, bijoux et objets d'art

Le résultat 2003 de 15,4 millions d'euros est resté bien en deçà de la prévision, sans que cela ne soit une surprise, et a diminué de 5,2 % par rapport à 2002. Les médailles ont représenté 62 % de ce secteur, les décorations 17 %, les jetons 10 %, les bijoux 8 %. L'organisation de deux ventes privées et promotionnelles par an et la création d'un « coin des affaires » ont donné de bons résultats. Toutefois, ceux-ci n'ont compensé ni la perte d'attrait des médailles, au profit des monnaies de collection en euros, ni le recul observé dans le secteur de plus en plus concurrencé des décorations officielles.

Pour l'année 2004, les réalisations à fin juin s'élèvent à 8,1 millions d'euros. L'objectif ambitieux de 18,4 millions d'euros ne sera pas atteint, mais les ventes devraient globalement se maintenir au niveau de 2003. Les médailles (pour lesquelles la Monnaie de Paris a notamment mis en place un système d'abonnement, sur 2004 et 2005, permettant de régulariser l'activité de l'atelier des médailles) font l'objet de commandes plus nombreuses et le chiffre d'affaires de ce secteur devrait se maintenir à un niveau proche de celui de 2003. Par ailleurs, la forte reprise constatée dans le secteur des jetons (8,5 millions de jetons soit un doublement des quantités) et la réalisation d'une commande thaïlandaise de médailles et de fontes compenseraient la baisse observée dans le secteur des décorations.

Pour 2005, la prévision de 17 millions d'euros marque un infléchissement. Toutefois, la Monnaie de Paris ayant décidé une révision globale de sa grille tarifaire - hausses comprises entre 2 % et 30 % selon les gammes de produits -, le chiffre d'affaires devrait profiter d'un effet prix.

Le secteur des médailles devrait se maintenir, avec un lissage de la production grâce au système d'abonnement mis en place. S'agissant des décorations officielles, la direction des Monnaies et médailles, soutenue par la Grande Chancellerie de la légion d'honneur, poursuit auprès des préfets et des chambres de commerce son action de sensibilisation au problème de la contrefaçon. Les ventes de bijoux conserveraient un niveau satisfaisant, après un recentrage de cette activité sur les médailles de cou « religieuses » et « laïques » et grâce à la recherche de nouveaux partenariats.

b) Les monnaies de collection françaises

Dans le secteur des monnaies de collection françaises, la direction des Monnaies et médailles a su tirer profit jusqu'à fin 2003 de l'engouement provoqué par la disparition du franc et l'avènement de l'euro en 2002.

L'année 2003 a été exceptionnelle : l'objectif annuel, atteint à mi-année, a été dépassé de 53 %. A hauteur de 23,9 millions d'euros, les ventes de ce secteur progressent de 28,7 % par rapport à 2002, avec un véritable bond des recettes à l'export. Les séries des pièces courantes françaises en qualité « Belle épreuve » et « Brillant universel » ont connu un succès particulier. Par ailleurs, le partenariat avec le Crédit Lyonnais, dont les agences ont commercialisé le programme « 100 ans de Tour de France », a permis un net essor des ventes.

La Monnaie de Paris avait essentiellement misé sur ce secteur pour 2004 en affichant une prévision « record » de 30,4 millions d'euros. En dépit d'un première percée de la Monnaie de Paris vers les Etats Unis et du recrutement d'un revendeur américain auquel a été confiée la vente des monnaies de collection (principalement les monnaies du Tour de France), les réalisations à fin juin sont très décevantes : 6,6 millions d'euros11(*), soit une baisse de 60 % par rapport au premier semestre 2003 résultant en quasi totalité de la chute des ventes des séries de monnaies commémoratives en argent et en or. En année pleine, ce secteur ne rapportera pas plus de 15 millions d'euros, soit une régression d'au moins 50 % par rapport à l'objectif fixé.

Pour 2005, face aux mauvais résultats de 2004 après le pic de 2003, il est pris acte d'une tendance à la baisse de ce secteur et même si les monnaies de collection demeurent au coeur de la stratégie commerciale de la Monnaie de Paris, celle-ci affiche une prévision relativement prudente : 18,5 millions d'euros. Par ailleurs, afin d'assurer une meilleure lisibilité des émissions à venir, notamment vis à vis des distributeurs, le programme de frappe sera planifié sur trois ans. Enfin, la mise en place de sept thématiques récurrentes (histoire, sports, Europe, numismatique, géographie, enfance et arts) devrait permettre de fidéliser les collectionneurs.

* 11 Les séries de pièces d'euro en qualité « BE » et « BU » représentent plus de la moitié de ce montant.

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