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B. LES ASPECTS ÉCONOMIQUES

La Libye est actuellement réintégrée au sein de la communauté internationale, après avoir accepté en 2003 de compenser les familles des victimes de deux avions de ligne, l'un américain et l'autre français, abattus par des agents libyens dans les années 1980 et après que Muammar Kadhafi eut annoncé l'abandon par son pays des programmes d'acquisition et de développement d'armes de destruction massive. Le 12 septembre 2003, le Conseil de sécurité des Nations unies a voté la levée des sanctions contre ce pays, car celui-ci avait reconnu sa responsabilité, renoncé au terrorisme et accepté un accord visant à dédommager de manière appropriée les familles des victimes de l'avion de ligne qui avait explosé au dessus du village écossais de Lockerbie, en décembre 1988.

Par ailleurs, en ce qui concerne les relations avec les Etats-Unis, les restrictions aux déplacements ont été assouplies et une section des intérêts libyens a été ouverte à Washington.

Parallèlement, le gouvernement américain avait autorisé quatre compagnies (Occidental Petroleum, Amerada Hess, Conoco Philips, Marathon) qui conservaient des droits pour les concessions pétrolières et gazières en Libye à entamer des négociations pour reprendre leurs activités.

Le retour à un commerce normal et à des relations économiques avec les autres pays permettra à la Libye de retrouver le chemin du développement économique, industriel et social.

Il a pour origine une déclaration du Président Kadhafi de juin 2003 indiquant que le système économique étatisé n'avait pas mené à la réussite et que plusieurs secteurs, dont celui du pétrole, devaient être privatisés. Il avait d'ailleurs fait suivre ses propos de la nomination comme Premier ministre de M. Choukri Ghanem, ancien ministre du commerce et de l'économie, connu comme défenseur de la privatisation.

Celui-ci a indiqué que le secteur pétrolier ne serait ouvert que progressivement aux investisseurs étrangers et qu'il mettrait en oeuvre, dès sa nomination, une réforme économique unifiant le système du taux de change. Celle-ci a provoqué une dévaluation de la monnaie libyenne destinée à améliorer la compétitivité des sociétés libyennes et à attirer les investissements étrangers.

Du secteur pétrolier proviennent 95 % des recettes d'exportation et près de 75 % du budget de l'Etat. C'est pourquoi la Libye a souffert de la forte baisse du prix du pétrole mais largement bénéficié de sa hausse, spécialement en 2003.

Le produit intérieur brut est passé de 1,5 % en 2002 à près de 3,8 %. Sur le plan extérieur, l'excédent commercial libyen n'est pas négligeable puisqu'il s'est élevé à 10 milliards de dollars en 2003, essentiellement grâce aux exportations de pétrole qui sont passées de 10,6 milliards de $ en 2002 à 13,4 milliards de $ en 2003.

Le problème économique intérieur crucial est le chômage qui atteignait 30 % de la population à la fin des années 90.

L'économie est aussi desservie par une infrastructure peu développée et en mauvais état. Ces problèmes d'infrastructure nuisent gravement à l'extraction et au transport du pétrole et s'expliquent par le fait que les pièces de réparation et l'équipement n'ont pas pu être importées des Etats-Unis. Or l'exploitation et l'exportation du pétrole sont essentielles pour la Libye, dont les réserves ont été évaluées à 36 millliards de $ au 1er janvier 2004, certains experts estimant même que les grands bassins libyens (Syrte, Mourzouq, Ghadamès, Cyrenaïque, Koufra et les possibilités offshore) pourraient contenir jusqu'à 220 milliards de barils.

Mais la Libye a impérativement besoin des investissements étrangers pour assurer le développement de son industrie pétrolière et souhaité également nouer des liens avec l'étranger en y installant un réseau de raffineries. Ainsi, en plus de ses raffineries internes, elle a développé un réseau de raffineries en Europe ou de filiales de son entreprise publique Oilinvest dirige trois raffineries en Italie, en Allemagne et en Suisse d'une capacité totale de 300 000 barils par jour.

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