N° 145
SÉNAT
SESSION ORDINAIRE DE 2006-2007
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Annexe au procès-verbal de la séance du 10
janvier 2007
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RAPPORT
FAIT
au nom de la commission des Lois constitutionnelles,
de législation, du suffrage universel, du règlement et
d'administration générale (1) sur le projet de loi
constitutionnelle, ADOPTÉ PAR L'ASSEMBLÉE NATIONALE , modifiant
l'article 77 de la
Constitution,
Par M. Jean-Jacques HYEST,
Sénateur.
(1) Cette commission est composée de :
M. Jean-Jacques Hyest, président ;
MM. Patrice Gélard, Bernard Saugey, Jean-Claude Peyronnet,
François Zocchetto, Mme Nicole Borvo Cohen-Seat, M. Georges Othily,
vice-présidents ; MM. Christian Cointat, Pierre Jarlier,
Jacques Mahéas, Simon Sutour, secrétaires ; M.
Nicolas Alfonsi, Mme Michèle André, M. Philippe Arnaud, Mme
Eliane Assassi, MM. Robert Badinter, José Balarello, Laurent
Béteille, Mme Alima Boumediene-Thiery,
MM. François-Noël Buffet, Christian Cambon, Marcel-Pierre
Cléach, Pierre-Yves Collombat, Jean-Patrick Courtois, Yves
Détraigne, Michel Dreyfus-Schmidt, Pierre Fauchon, Bernard Frimat,
René Garrec, Jean-Claude Gaudin, Charles Gautier, Philippe Goujon, Mme
Jacqueline Gourault, MM. Charles Guené, Jean-René Lecerf,
Simon Loueckhote, Mme Josiane Mathon-Poinat, MM. Hugues Portelli, Marcel
Rainaud, Henri de Richemont, Jean-Pierre Sueur, Mme Catherine Troendle,
MM. Alex Türk, Jean-Paul Virapoullé, Richard Yung.
Voir les numéros :
Assemblée nationale
(12ème
législ.) : 3004, 3506 et T.A.
631
Sénat : 121
(2006-2007)
LES CONCLUSIONS DE LA COMMISSION
DES LOIS
Réunie le mercredi 10 janvier 2007 sous la
présidence de M. Patrice Gélard, vice-président, la
commission des Lois a examiné, sur le rapport de M. Jean-Jacques
Hyest, président, le projet de loi constitutionnelle n° 121
(2006-2007) modifiant l'article 77 de la Constitution.
M. Jean-Jacques Hyest, rapporteur, a souligné que
l'histoire récente de la Nouvelle-Calédonie, marquée par
une grande instabilité et par des violences dans les années 1980,
permettait de mesurer le prix du consensus retrouvé depuis les accords
de Matignon en 1988 et conforté par l'accord de Nouméa du
5 mai 1998.
Rappelant que cet accord faisait de la
Nouvelle-Calédonie une entité sui generis et
définissait une citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie au
sein de la nationalité française, il a expliqué que
l'article 77 de la Constitution avait autorisé le Parlement à
prendre, par une loi organique, les mesures nécessaires à son
application. Il a estimé que dans sa décision du 15 mars 1999, le
Conseil constitutionnel avait fait prévaloir une interprétation
du corps électoral restreint pour les élections aux
assemblées de province et au congrès différente de celle
exposée dans les travaux préparatoires de la loi organique du 19
mars 1999 relative à la Nouvelle-Calédonie.
Il a indiqué que l'interprétation d'un corps
électoral « glissant », retenue par le juge
constitutionnel, n'avait cependant pas encore produit d'effet sur la
composition du corps électoral, les personnes arrivées en
Nouvelle-Calédonie après la consultation du 8 novembre 1998 sur
l'accord de Nouméa ne justifiant pas encore de dix ans de
résidence sur le territoire.
Soulignant que l'interprétation du corps
électoral « figé », n'intégrant pas
les personnes arrivées en Nouvelle-Calédonie après 1998,
était la seule compatible avec l'esprit de l'accord de Nouméa, il
a rappelé que l'Assemblée nationale et le Sénat avaient
adopté dès juin et octobre 1999 un projet de loi
constitutionnelle réaffirmant cette position.
Expliquant que depuis cette tentative de révision
constitutionnelle, inaboutie, la jurisprudence avait établi la
compatibilité de la cristallisation du corps électoral avec les
engagements internationaux de la France, il a considéré que
l'adoption du projet de loi constitutionnelle n'aurait qu'une incidence
limitée sur les effectifs de la liste électorale spéciale
pour l'élection aux assemblées de province et au congrès
de la Nouvelle-Calédonie. Il a enfin précisé que les
dispositions relatives au corps électoral, comme les orientations de
l'accord de Nouméa, avaient un caractère transitoire,
l'organisation politique de la Nouvelle-Calédonie devant en toute
hypothèse être redéfinie à l'issue d'une
période de quinze à vingt ans.
En conséquence, suivant la proposition de son
rapporteur et à l'issue d'un large débat auquel ont pris part
MM. Simon Loueckhote, Hugues Portelli, Bernard Frimat et Pierre Fauchon,
la commission des Lois vous propose d'adopter le projet de loi
constitutionnelle sans modification.
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