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Projet de loi de finances pour 2008 : Défense

 

II. LE NIVEAU DE CRÉDIT ATTEINT EST-IL SATISFAISANT ?

A. LA MISE EN PERSPECTIVE DU BUDGET DE LA DÉFENSE

La France consacre 1,7 % de son PIB à ses dépenses militaires (hors gendarmerie).

Les deux graphiques suivants permettent de situer l'effort de défense consenti par la France à la fois dans le temps et dans l'espace.

1. Les dépenses françaises de défense par habitant sont trois fois moins importantes que les dépenses américaines

Le premier présente les dépenses de défense par habitant en euros constants et en structure OTAN, c'est-à-dire en ne retenant que 5 % des dépenses de la gendarmerie, ce qui correspond à son taux d'activité militaire.

L'effort consenti en faveur de la défense par les partenaires européens de notre pays ramené au nombre d'habitants est largement inférieur à l'effort français, à l'exception notable du Royaume-Uni. Les dépenses françaises sont passées de 503 euros en 1997 à 462 euros en 2001, diminuant de 8,1 % pour monter progressivement depuis et s'établir à 493 euros en 2006, soit une hausse de 6,7 %. Les dépenses anglaises sont restées relativement stables sur la période et s'établissent à 636 euros en 2006, soit 29,5 % de plus que les dépenses françaises.

Les dépenses américaines étaient de 1.057 euros en 1997, elles ont diminué jusqu'en 1999 et ont depuis suivi une voie ascendante jusqu'en 2005 pour atteindre 1.521 euros. En 2006 elles sont redescendues à 1.483 euros, mais restent trois fois supérieures à l'effort consenti par la France par habitant en faveur de la défense.

2. Les dépenses cumulées des 5 principaux budgets européens de défense n'atteignent que le quart du budget américain

Le second graphique présente l'évolution des budgets de la défense en structure OTAN et en milliards d'euros constants. La période analysée s'étend de 1997 à 2006.

Il permet de comparer l'effort, en volume, consacré par cinq pays européens : la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie au budget de la défense. Cet effort est resté à peu près stable sur la décennie puisqu'il passe de 109,1 milliards d'euros en 1997 à 113,1 milliards d'euros en 2006. Dans le même temps le budget de la défense aux Etats-Unis passe de 288,2 milliards d'euros à 443,9 milliards d'euros, soit une progression de 54 %. Le budget de la défense des cinq pays européens précités (dont la population totale est comparable à celle des Etats-Unis) représentait un tiers du budget américain en 1997, il n'en représente plus qu'un quart depuis 2001. L'écart serait encore plus gigantesque en termes de recherche militaire.

Ces constatations posent un double problème : à l'Europe d'abord : quel doit être son effort de défense dans une perspective mondiale et comment le rendre efficace ? à la France ensuite : faut-il stabiliser l'effort financier consenti en faveur de la défense ou l'accroître en le faisant passer de 1,7 % à 2 % du PIB comme le Royaume-Uni sans que ce soit une solution de facilité visant seulement à éviter les indispensables réorientations et à reporter les remises en cause nécessaires de certains programmes ?