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Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord relatif aux services de transport aérien entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Madagascar

 

II. LES PERSPECTIVES OUVERTES PAR LE NOUVEAU CADRE DES RELATIONS AÉRIENNES ENTRE LA FRANCE ET MADAGASCAR

L'accord du 21 juillet 2005 permet la nécessaire mise à jour du cadre des relations aériennes entre la France et Madagascar.

Aujourd'hui, trois compagnies exploitent des liaisons régulières entre Paris et Antananarivo : Air France, Corsair et Air Madagascar, qui exploite en outre une liaison hebdomadaire avec Marseille. Air Austral et Air Madagascar exploitent également des liaisons régulières vers La Réunion et Mayotte.

L'accord ouvre la voie à une diversification des liaisons et à une augmentation des fréquences. Il faut toutefois souligner que le trafic aérien franco-malgache restera assez fortement encadré. De ce point de vue, le nouvel accord se distingue sensiblement des accords dits « ciel ouvert » qui permettent une libéralisation totale du trafic. Il faut plutôt parler ici de libéralisation maîtrisée, ce qui permet de tenir compte des réalités de la situation malgache.

Madagascar mise aujourd'hui sur le développement du tourisme pour tirer une croissance économique de l'ordre de 5 % par an, alors que la population augmente de 3 % par an et que son niveau de vie reste parmi les plus faibles du monde. L'île possède un capital touristique indéniable et au cours des années récentes, l'activité du secteur touristique a connu un essor rapide, à des taux annuels dépassant les 10 %. On enregistrait 220 000 touristes sur l'année 2004 et 350 000 trois ans plus tard, en 2007. L'objectif d'atteindre 500 000 touristes par an d'ici 5 ans ne semble pas irréaliste et pourrait même être dépassé.

Le développement de la desserte aérienne conditionne en partie la réalisation de ces objectifs.

Elle suppose l'amélioration des infrastructures aéroportuaires et la diversification des transporteurs et des liaisons, avec en corollaire des tarifs plus compétitifs par rapport à d'autres destinations de l'Océan indien.

Toutefois, une libéralisation brutale du ciel malgache risquerait de mettre en difficulté la compagnie nationale, Air Madagascar, dont la situation reste fragile, même si elle est en cours de redressement.

D'une part, cette compagnie assure des obligations de service public qui pèsent sur sa rentabilité. Sur un total d'une quarantaine de destinations, Air Madagascar exploite actuellement 25 lignes intérieures très déficitaires et subventionnées par l'État, désignées sous l'appellation de « vols sociaux ».

D'autre part, la compagnie ne dispose que de moyens limités pour acquérir les nouveaux appareils qui lui permettraient de mettre en place des liaisons plus fréquentes ou des destinations nouvelles.

L'ouverture du transport aérien s'effectue donc de manière progressive, en tenant compte des obligations particulières de la compagnie nationale qui assure une fonction essentielle dans une île où les conditions de déplacement sont particulièrement difficiles.

Le nouvel accord avec la France répond à ces préoccupations. Il revêt une importance particulière puisque la France est le 1er partenaire de Madagascar en matière économique et qu'elle représente la plus grande part du trafic aérien vers l'Europe, même s'il existe aujourd'hui une liaison avec l'Italie. Par ailleurs, plus de 60 % des touristes étrangers à Madagascar sont des Français.