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Projet de loi autorisant la ratification de l'accord de stabilisation et d'association entre les Communautés européennes et leurs États membres, d'une part, et la République d'Albanie, d'autre part

 

C. DES RELATIONS BILATÉRALES CONFIANTES, MAIS LIMITÉES

Les excellentes relations entre les deux pays sont fondées sur un passé historiquement riche, avec le souvenir du rôle joué par la France lors de son protectorat militaire dans la région de Korça, en 1916, et de sa contribution à la formation de l'élite albanaise, entre les deux guerres, grâce à la création du Lycée français de Korça. La francophonie et francophilie traditionnelles ont été renforcées par le régime d'Enver Hodja, en opposition au monde anglophone.

Le dialogue politique à haut niveau est donc confiant. La visite de travail en France du Premier ministre Sali Berisha, le 26 avril 2006, a été précédée de celle de son ancien ministre des Affaires étrangères, M. Besnik Mustafaj, ancien Ambassadeur d'Albanie en France, reçu à Paris en février 2006, puis en septembre 2006. L'ancien premier ministre Fatos Nano avait, pour sa part, effectué une visite de travail en janvier 2005. Le Premier ministre Berisha participera au sommet du 13 juillet 2008 sur l'Union pour la Méditerranée.

Les échanges commerciaux sont cependant limités : la France est le 22ème fournisseur de l'Albanie et son 8ème client à l'export. En 2006, la France a exporté pour 16,5 M€ (produits pharmaceutiques et d'équipements électriques) contre 18,3 M€ d'importations (minéraux, textiles, produits des industries agricoles et alimentaires). Le solde commercial bilatéral est déficitaire de 1,8 M€ pour la première année (excédentaire de 7,5 M€ en 2005 et de 10,2 M€ en 2004), l'Albanie étant notre 157ème client et notre 136ème fournisseur.

Les investissements directs français en Albanie progressent malgré un environnement des affaires encore peu attractif pour les investisseurs étrangers. SAGEM et la Société générale viennent de remporter d'importants marchés.

En revanche, la conclusion d'un Traité d'entente, d'amitié et de coopération de 1994 a permis à la coopération française de s'engager dans des projets concrets destinés à accompagner la modernisation de l'Albanie.

La coopération administrative et institutionnelle est principalement axée sur l'instauration d'un État de droit et la lutte contre la criminalité organisée, ainsi que sur le renforcement des structures administratives et judiciaires.

Dans le domaine culturel, la France soutient la rénovation et la préservation des fresques de Voskopojë (inscrites sur la liste de l'Unesco des cent sites les plus menacés au monde) avec l'association Patrimoine sans frontières. La France participe à des chantiers de fouilles à Apollonia, à Durrës et à Sovjan.

La coopération linguistique et éducative porte sur le renforcement des structures d'apprentissage du français. Environ 30% d'élèves apprennent le français dans les écoles publiques (jusqu'à l'âge de 15 ans), qui reste la seconde langue d'apprentissage dans l'enseignement public, après l'anglais, et malgré la concurrence de l'italien et du grec. Quatre Alliances Françaises fonctionnent à Tirana, Elbasan, Korçë et Shkodër. Une semaine de la francophonie est réalisée chaque année avec un partenariat de la mairie de Tirana, membre de l'Association Internationale des Maires Francophones (AIMF).

La coopération scientifique et universitaire consiste en un programme de bourses, majoritairement de master 2 et de doctorat en co-tutelle. Des accords de coopération lient l'Université de Bordeaux avec la faculté de gestion de l'école polytechnique de Tirana et la faculté de droit de l'Université de Tirana. Près de 450 étudiants albanais étaient inscrits dans les universités françaises en 2005/2006, faisant ainsi de la France le 6ème pays d'accueil des étudiants albanais.