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Projet de loi pour le développement économique de l'outre-mer

 

2. Les difficultés sociales

Conséquence directe des difficultés économiques de l'outre-mer français, la situation sociale y est plus difficile qu'en métropole. A titre d'exemple, votre commission des finances relève que le nombre de bénéficiaires du revenu minimum d'insertion (RMI) est égal, en moyenne, à 20 % de la population active dans les départements d'outre-mer, contre 4 % de la population métropolitaine.

Le taux de chômage dans ces collectivités, s'il a connu une amélioration récente, notamment en 2007, reste sans rapport avec le taux métropolitain, comme l'indique le tableau ci-après.

Taux de chômage dans les collectivités territoriales d'outre-mer5(*)

Guadeloupe

22,7 %

Martinique

21,2 %

La Réunion

24,2 %

Guyane

20,6 %

Mayotte

25,6 %

Polynésie française

16,3 %

Nouvelle-Calédonie

11,7 %

Saint-Pierre-et-Miquelon

9,3 %

Wallis-et-Futuna

15,2 %

Saint-Martin

26,5 %

Saint-Barthélemy

4,3 %

Métropole

8,1 %

Source : secrétariat d'Etat à l'outre-mer

La crise sociale, qui s'étend depuis le mois de décembre 2008 dans les départements d'outre-mer, est symptomatique des difficultés économiques et sociales que rencontrent les territoires ultramarins, aggravées par la conjoncture économique actuelle.

La crise sociale dans les départements d'outre-mer

Un mouvement social est né en Guadeloupe dans le courant du mois de décembre 2008 avec pour revendication la lutte « contre la vie chère » et d'importantes critiques quant aux modes de formation des prix en outre-mer et au problème du pouvoir d'achat. En janvier, le mouvement a pris de l'ampleur et la Guadeloupe connaît une grève générale depuis le 20 janvier dernier. Suite aux négociations menées par M. Yves Jégo, secrétaire d'Etat à l'outre-mer, un certain nombre de points d'accord semblent avoir été trouvés mais les négociations ont été rompues le 12 février. En effet, les négociations tripartites entre l'Etat, les représentants syndicaux et le patronat achoppent sur la revendication d'une augmentation de 200 euros des bas salaires en échange de baisses des charges sociales des entreprises.

En Martinique, un collectif intersyndical s'est mis en place le 5 février et a entamé un mouvement de grève avec, pour revendication principale, des hausses de salaires. Malgré 39 propositions formulées par M. Yves Jégo pour tenter de sortir de la crise, la situation reste bloquée en raison de l'absence de solution trouvée sur la question des bas salaires.

Le mouvement s'étend désormais à la Réunion, où un collectif syndical a appelé à la grève générale le 5 mars, en reprenant les revendications du mouvement aux Antilles : augmentation de 200 euros des bas salaires et des minima sociaux, baisse de 20 % sur les prix des produits de consommation courante, gel des loyers sociaux et baisse de 5 euros du prix de la bouteille de gaz.

Pour répondre à cette crise sociale, le Président de la République a annoncé la création d'un conseil interministériel de l'outre-mer, qui vise à associer l'ensemble des ministres au travail entamé pour résoudre la crise, et la mise en place d'Etats généraux sur la situation de l'outre-mer français.

* 5 Les chiffres correspondent aux dernières données disponibles.