Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République de Guinée sur la promotion et la protection réciproques des investissements

 

B. UN RETARD DE DÉVELOPPEMENT

1. Des performances économiques très insuffisantes

En dépit d'une richesse en ressources naturelles immense et variée, tant en matière agricole que minière et énergétique, la Guinée demeure parmi les pays les moins avancés, avec un revenu annuel par habitant estimé à environ 400 dollars.

La Guinée est classée au 167e rang mondial pour l'indice de développement humain du programme des Nations unies pour le développement.

Le PNUD note ainsi dans son rapport sur les objectifs du millénaire en Guinée que « sous l'effet conjugué de plusieurs facteurs, dont un environnement sous-régional instable, les crises pétrolière et alimentaire sur le marché international, la crispation du climat politique local et la mauvaise gestion des ressources publiques, qui a conduit à une baisse drastique de l'aide extérieure, la situation économique et sociale de la Guinée n'a cessé de se détériorer au cours des 5 dernières années ».

Les performances économiques depuis la fin des années 1990 sont décevantes, caractérisées par une faible croissance, une forte inflation, un assèchement des réserves de change et une forte dépréciation de la monnaie. Le taux de croissance économique s'est limité à une moyenne annuelle de 2,1 % entre 2003 et 2007, contre 4,5 % durant les années 90, un taux de croissance qui s'est maintenu à ce niveau pour le continent africain. A noter que le taux d'accroissement de la population a été de l'ordre de 3,1 % par an durant la même période. 

Les réserves en devises ont chuté à moins d'un mois d'importation, et la dette publique a atteint 100 % du PIB et, représentant plus de 3 milliards de dollars, est insoutenable. La charge de la dette représente 80 % des recettes publiques du secteur minier, lequel est particulièrement exposé à la baisse actuelle des cours mondiaux.

2. Des indicateurs de développement en trop faible progression

Cette situation économique et budgétaire se traduit par des indicateurs de développement qui ne s'améliorent que trop lentement.

Le PNUD relève ainsi que « le taux de mortalité infantile se situe à 97 pour mille en 2005, contre 136 pour mille en 1990. Le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans se situe à 160 pour mille en 2005 contre 229 pour mille en 1990. A ce niveau, des efforts importants sont encore à faire pour atteindre l'objectif de baisse de ces taux de 2/3 par rapport à leur niveau de 1990.

En matière de santé maternelle, le taux de mortalité maternel est passé de 666 pour cent mille en 1990 à 528 en 2000. Pour le pourcentage d'accouchements assistés par du personnel qualifié, il se situait à 34 % en 2000. Le taux de prévalence du SIDA se situerait à 1,5 %, et celui de la tuberculose à 193 pour cent mille. Les données statistiques font ressortir le paludisme comme la première cause de consultation (33 %) et d'hospitalisation (25,4 %) dans les formations sanitaires avec un taux d'incidence de 108,3 pour 1 000 habitants. En matière d'eau potable, seulement 60 % de la population guinéenne y a accès. ».

Il faut également noter que la Guinée subit le contrecoup des crises qui ont affecté ses voisins en accueillant sur son sol, avec des moyens très limités, plus de 10 000 réfugiés.