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Proposition de loi relative à la lutte contre la fracture numérique

 

E. L'ÉMERGENCE DE NOUVELLES CULTURES

Les technologies de l'information et de la communication contribuent très largement au développement de la culture et des arts, dans leur acception la plus extensive.

D'une part, elles sont un moyen d'accéder plus aisément au patrimoine culturel existant, et ce à travers le monde entier. Les projets de bibliothèques numériques visent ainsi à rendre l'usage des grandes oeuvres de l'esprit plus facile et plus intéressant. La Bibliothèque nationale de France (BNF) développe à ce titre le projet Gallica, tandis que l'Union européenne a créé un projet similaire intitulé Europeana et que Google met progressivement en ligne le contenu de certaines des plus grandes bibliothèques mondiales.

La part grandissante prise par les technologies numériques dans l'éducation doit être ici soulignée. Que ce soit pour sélectionner l'information (à travers les bases de données numérisées ou les moteurs de recherche), acquérir les connaissances (avec les cours magistraux et les bibliothèques en ligne) ou pour les formaliser (au travers des logiciels de traitement de texte ou de présentation), leur apport à la construction du savoir au cours des processus d'apprentissage est aujourd'hui incontournable.

D'autre part, le numérique peut être en lui-même un objet culturel ou artistique. De part les possibilités infinies de duplication et d'interactivité qu'il offre aux créateurs, il a suscité sa propre culture et ses pratiques artistiques. La créativité à l'oeuvre dans les jeux vidéo a ainsi produit des référents et des codes marqueurs d'une « culture numérique » spécifique, ou « cyberculture », bien distincte de celle du cinéma ou de la télévision, et qui n'est plus aujourd'hui restreinte à quelques geeks passionnés de nouvelles technologies. De la même façon, les « arts numériques », qu'ils soient qualifiés de « dynamiques », « interactifs », « vectoriels » ou « multimédias », sont dépositaires de nouveaux courants dans les domaines de l'écriture, de l'image et du son, aux côtés des arts plus « classiques ».

F. DES TECHNOLOGIES FAVORISANT UN DÉVELOPPEMENT DURABLE

Selon le rapport du CAS, les technologies de l'information et de la communication sont « pleinement utilisées dans le développement d'une économie durable qui conduit à adopter (...) les technologies mondiales les plus propres (...). Les progrès dans l'intégration de ces technologies pour l'environnement servent à réduire l'empreinte carbone de secteurs importants de l'économie (...) ». Ainsi, ces technologies sont « essentielles dans une conception durable des produits, mais aussi dans le développement du recyclage (...) et de l'économie de la fonctionnalité », le rapport citant l'exemple du « compteur intelligent » pouvant émettre et recevoir des données en ligne.

L'influence positive du numérique sur l'environnement se fait, à l'origine, à travers la notion de « dématérialisation », qui consiste à transmettre un flux de données entre un émetteur et un récepteur sous forme, non plus concrète (papier, bande magnétique ...), mais virtuelle. Encodées informatiquement, les données sont réduites à l'état de signaux électroniques aptes à être transférés par différents canaux (téléphonie, Internet, satellite ...) et restituées quasi instantanément sans perdre de leur qualité.

Il résulte de ce processus une réduction considérable des quantités de papier utilisées pour le partage de l'information, particulièrement dans les entreprises et administrations. La « société sans papier » que permettent d'envisager les technologies numérique n'affecte pas simplement les ouvrages ou documents de travail en papier, mais également toutes sortes d'instruments spécifiques aujourd'hui couramment employés dans la vie économique (factures, chèques, monnaie, fiches de paie, billets de train et d'avion ...).

L'économie environnementale résultant de la numérisation des données s'analyse bien sûr en termes de composants matériels dépendant directement des documents (bois et énergie dépensés pour élaborer le papier), mais s'étend également aux coûts environnementaux que ces derniers induisent (en matière de stockage, de transport, de recyclage ...).

Par ailleurs, les technologies numériques, par des calculs d'algorithmes très poussés que l'humain seul ne saurait réaliser, irriguent toute la chaîne d'une « économie verte ». Elles permettent par exemple de renforcer la surveillance et à la gestion des catastrophes naturelles, de passer à des modes de production moins polluants car moins consommateurs d'énergie, de rendre les transports plus économes en carburants ... Les technologies de transmission de données audio et vidéo numériques évitent ainsi aujourd'hui de nombreux déplacements, que ce soit à travers le télétravail ou la vidéoconférence.

Si les technologies de l'information et de la communication sont encore trop énergétivores, il apparaît clairement qu'elles seront les vecteurs d'économies d'énergie importantes. Selon le rapport Smart de McKinsey pour 2008, leur plus large utilisation pourrait contribuer, d'ici 2020, à une diminution de 15 % des émissions de CO2 et de la facture énergétique de 500 milliards de dollars dans le monde.