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Proposition de loi relative à la lutte contre la fracture numérique

 

B. UNE FRACTURE SOCIALE ET GÉNÉRATIONNELLE

L'installation des infrastructures de communication électronique ou de diffusion de programmes hertziens sur les territoires ne suffit pas nécessairement à réduire la fracture numérique : celle-ci dépend aussi du niveau social et de l'âge des habitants, qui ne savent ou ne peuvent pas toujours s'équiper des matériels appropriés pour profiter des nouveaux usages offerts par l'économie numérique.

Il peut s'agir d'un manque de moyens financiers pour acquérir un ordinateur ou pour payer un abonnement à haut débit. Il convient alors d'encourager la création par les collectivités de maisons de services publics offrant à tous les citoyens un accès aux services de l'économie numérique.

Un effort d'information et de formation est aussi nécessaire afin de guider les personnes, notamment les seniors, à travers le foisonnement toujours plus important des technologies offertes par les opérateurs.

1. Les nouveaux usages des médias

Une étude réalisée par BS Conseil et Viavoice, remis à la Commission du dividende numérique le 8 octobre 2008, caractérise la fracture générationnelle en distinguant :

- d'une part les « natifs numériques », scolarisés mais aussi jeunes actifs, qui ont évolué dès leur jeune âge dans l'environnement des nouvelles technologies. Ils sont plus équipés et plus nomades dans leur utilisation des nouveaux médias qu'ils emportent avec eux. Ils regardent les mêmes programmes et les mêmes sites Web à l'heure qu'ils décident sur le terminal de leur choix, favorisant les pratiques de convergence ;

- d'autre part des « immigrants numériques », plus âgés, qui ont dû s'adapter à l'évolution des médias. Ils se connectent moins souvent, se limitent à un nombre limité d'usage et transposent dans les nouveaux médias des pratiques plus anciennes : ils consultent leur relevé bancaire et achètent des voyages sur Internet tout en communicant par téléphone portable. Ils continuent à regarder la télévision sur un poste traditionnel.

Ainsi, d'après une enquête du Credoc, 58 % des 18-24 ans se connectaient au moins une fois par jour en juin 2007, contre 40 % des 40-59 ans et 10 % des 60-69 ans. De novembre 2007 à mars 2008, les nouveaux canaux tels que les DVD et les DivX sur ordinateur et plateformes de vidéo à la demande ont représenté 40 % de la consommation de vidéo chez les 15-24 ans.

2. La télévision numérique

L'inégalité entre les professions et entre les classes d'âge concerne également l'accès à la télévision numérique, alors même que la fin de la télévision analogique se rapproche.

Le Conseil supérieur de l'audiovisuel constate que la dépendance à l'analogique hertzien terrestre est plus grande :

dans certaines professions : plus de 24 % des agriculteurs, étudiants, retraités et autres inactifs dépendaient de l'analogique hertzien terrestre au second semestre 2008, contre 12,5 % des cadres et professions intellectuelles supérieures et 15,8 % des artisans et commerçants.

chez les 65 ans et plus : au 1er semestre 2008, 26,9 % des 65-74 ans et 38,9 % des 75 ans et plus ne recevaient la télévision que par l'accès hertzien analogique terrestre, contre 18 % des 25-49 ans.

Taux de foyers qui ne reçoivent la télévision que par l'accès hertzien analogique terrestre, selon l'âge du chef du foyer (2nd semestre 2008)

(Source : Observatoire de l'équipement des foyers pour la réception de la télévision numérique)