LES CONCLUSIONS DE LA COMMISSION
DES LOIS
Réunie le mercredi 11 janvier 2012, sous la
présidence de M. Jean-Pierre Sueur,
président, la commission a examiné le rapport de
Mme Catherine Tasca et le texte proposé pour le
projet de loi n° 784
(2010-2011) relatif à l'accès à l'emploi
titulaire et à l'amélioration des conditions d'emploi des agents
contractuels dans la fonction publique, à la lutte contre les
discriminations et portant diverses dispositions relatives à la fonction
publique.
Approuvant dans son ensemble l'esprit du double volet
consacré aux contractuels, la commission des lois, tout en y apportant
des corrections techniques, en a renforcé les garanties sur plusieurs
points :
- elle a intégré dans le calcul de
l'ancienneté requise du dispositif de titularisation les services
accomplis pour assurer le remplacement de fonctionnaires momentanément
absents ou autorisés à exercer leurs fonctions à temps
partiel ainsi que pour pourvoir à une vacance temporaire
d'emploi ;
- pour l'accès aux corps, elle a distingué
le CDI pour lequel la titularisation s'effectuerait dans un corps ou cadre dont
les fonctions sont de même niveau que celles occupées au 31 mars
2011 ; l'agent en CDD, pour sa part, accèderait à la
catégorie dans laquelle il a exercé le plus longtemps s'il a
quatre ans d'ancienneté ; en revanche, au-delà de quatre ans
d'ancienneté, il accèderait à la catégorie la plus
élevée, quel que soit le temps qu'il y a passé ;
- elle a ouvert la faculté de confier l'examen de
la correspondance entre le dossier du candidat et le cadre d'emplois
territorial ouvert par le recrutement auquel il se présente, à la
commission d'évaluation professionnelle mise en place pour conduire les
sélections professionnelles ;
- elle a étendu le dispositif de titularisation,
d'une part, aux personnels des établissements exclus du
bénéfice des dérogations à l'emploi titulaire et,
d'autre part, aux contractuels des administrations parisiennes ;
- elle a porté de trois à quatre mois la
durée des interruptions entre deux contrats, qui autorise la prise en
compte des services discontinus dans le calcul de la condition de six ans pour
l'accès au CDI ;
- elle a sécurisé la situation des
contractuels des établissements et institutions qui perdraient le
bénéfice de la dérogation à la règle de
l'emploi titulaire pour l'ensemble ou une partie de leurs emplois.
La commission a ajusté ponctuellement les lois
statutaires :
- elle a tenu compte de la suppression du paritarisme au
Conseil supérieur de la fonction publique de l'Etat en adaptant sa
composition lorsqu'il siège en tant qu'organe supérieur de
recours ainsi que de la disparition des sièges préciputaires au
Conseil supérieur de la fonction publique territoriale en ce qui
concerne la composition des conseils régionaux d'orientation
placés auprès du délégué régional du
Centre national de la fonction publique territoriale ;
- elle a retenu l'institution de commissions
consultatives paritaires pour les contractuels des collectivités
territoriales ;
- elle a tiré les conséquences de la
réforme des retraites de 2010 en prévoyant un dispositif
transitoire pour les fonctionnaires territoriaux en congé spécial
et en alignant l'âge d'ouverture des droits à retraite des agents
publics ayant la qualité de travailleur handicapé sur celui du
régime général d'assurance vieillesse ;
- elle a abaissé la durée du sursis de
l'exclusion temporaire des fonctions dans la fonction publique territoriale sur
celle des deux autres versants ;
- elle a fixé au 16 juin 2011, date
d'entrée en vigueur du décret classant en
catégorie B, les personnels du corps des permanenciers auxiliaires
de régulation médicale, la date d'effet de leur
intégration dans cette catégorie ;
- elle a prolongé de trois ans, jusqu'au
31 décembre 2016, la période durant laquelle les
fonctionnaires de La Poste peuvent demander leur intégration dans un des
corps ou cadres d'emplois des trois fonctions publiques -Etat, territoriale et
hospitalière.
En outre, la commission a conforté les moyens des
juridictions administratives et financières pour exercer leurs missions
:
- elle a rendu obligatoire la nomination, au Conseil
d'Etat chaque année, d'un second maître des requêtes parmi
les membres des tribunaux administratifs et cours administratives
d'appel ;
- elle a instauré la qualité de
maître des requêtes en service extraordinaire ;
- elle a pérennisé le recrutement
complémentaire de conseillers des chambres régionales des
comptes ;
- elle a facilité la mobilité des
présidents de tribunaux administratifs et cours administratives d'appel
en limitant à sept le nombre d'années qu'ils peuvent passer
à la tête d'une même juridiction ;
- elle a consacré le statut de magistrat
administratif des membres des tribunaux administratifs et des cours
administratives d'appel ;
- elle a diversifié le vivier des recrutements
effectués par la voie du tour extérieur au grade de conseiller
référendaire à la Cour des comptes ;
- elle a assorti de garanties supplémentaires les
détachements dans le corps des chambres régionales des
comptes.
La commission a adopté le projet de loi ainsi
rédigé.
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