Allez au contenu, Allez à la navigation



Projet de loi autorisant l'approbation de l'accord entre le gouvernement de la République française et le gouvernement de la République fédérative du Brésil sur l'encouragement et la protection réciproques des investissements (ensemble un échange de letres)

 

B. UNE PRÉSENCE ÉCONOMIQUE FRANÇAISE ENCORE INSUFFISANTE

1. La faiblesse des courants d'échange

Le Brésil n'est pas un partenaire de premier plan pour la France. Il figure au 34e rang de nos clients, au 20e rang de nos fournisseurs.

Nos importations (10,4 milliards de francs) portent principalement sur les produits agroalimentaires (huiles brutes, tourteaux, café, cacao et fruits tropicaux) ainsi que sur les minerais de fer. Nos exportations (5,34 milliards de francs) sont constituées au premier chef par les voitures particulières et les produits de la chimie organique de synthèse. La France enregistre à son détriment un déficit de 5,13 milliards de francs (au 9e rang des déficits commerciaux avec des pays étrangers).

2. L'évolution préoccupante des investissements français

Le stock des investissements français directs au Brésil représente un montant non négligeable : 9,95 milliards de francs en 1993. Le Brésil qui reçoit 1,3 % des investissements français à l'étranger se classe ainsi au septième rang des pays d'accueil de nos investissements (et au premier rang hors OCDE).

Pour prendre une juste mesure de ces flux, il convient cependant d'une part d'en apprécier l'évolution dans le temps et d'autre part de les comparer avec les investissements des autres pays étrangers.

Ainsi replacée dans cette double perspective, la présence française révèle sa faiblesse et ne laisse pas de susciter quelques inquiétudes.

En effet, en premier lieu les flux d'investissements français n'ont cessé de se dégrader depuis une dizaine d'années. Leur part dans le total des investissements étrangers est passée de 27 % en 1987 à 7,5 % en 1990 et 2,3 % en 1994.

Évolution paradoxale au moment où en 10 ans -de 1982 à 1992- les investissements étrangers au Brésil ont doublé (de 21,2 milliards de dollars à 40 milliards). Ces flux proviennent pour la moitié de trois pays : l'Allemagne, le Japon et surtout les États-Unis (30 % du total).

La faiblesse des participations françaises apparaît d'autant plus surprenante que, d'après une étude datant de 1990, et donc déjà assez ancienne, le taux de rentabilité des entreprises françaises se situait légèrement en dessous de celui des sociétés américaines mais très en avance par rapport au niveau atteint par les entreprises allemandes et japonaises.

Ces bons résultats expliquent sans doute l'une des caractéristiques de l'investissement français au Brésil : un taux de réinvestissement de l'ordre de 43,8 % contre 28 % pour l'ensemble des investissements étrangers au Brésil.

La présence française au Brésil présente une autre spécificité : une forte concentration.

En 1993, sept entreprises françaises totalisaient 80 % des capitaux français investis au Brésil : Saint-Gobain, Crédit Lyonnais, Dreyfus, Lafarge, Carrefour, Accor, Rhône Poulenc. Les filiales brésiliennes de ces trois dernières sociétés appartiennent aux cinq plus grosses filiales françaises établies à l'étranger.

A cette concentration sur un petit nombre d'entreprises répond une forte concentration sectorielle puisque la moitié des capitaux investis portent sur les services (32 %) et la chimie de base (21 %).

Cette répartition pourrait évoluer sous l'effet du projet d'investissement de Renault, qui, s'il se concrétise, permettrait la production sur place de 100 000 véhicules pour un coût estimé à 5 milliards de francs.