C. LA MAITRISE DES POLLUTIONS D'ORIGINE AGRICOLE

1. La poursuite du programme

Pour 1998, il est proposé de reconduire les montants inscrits pour 1997, soit 175 millions de francs sur la ligne 61-40-30 et 150 millions sur le FNDAE.

La mise en oeuvre progressive du programme permet de montrer que cette reconduction pourrait se traduire par des dépenses effectives plus importantes. En effet, en 1996 les crédits de l'article 61-40 (y compris les aides aux bâtiments en zone de montagne) n'ont été consommés qu'à hauteur de 48 %, générant donc d'importants crédits de report. Cette sous-consommation pourrait se poursuivre, dans une moindre mesure, en 1997.

Pour la seule année 1997 c'est en fait une enveloppe globale de 281,3 MF (131,3 du chapitre 61.40 et 150 du FNDAE) qui a été apportée par l'Etat, soit davantage que les 251,4 MF de crédits d'Etat mis à disposition au cours de l'ensemble des trois premières années du programme.

En 1997, les 150 MF du FNDAE apportés en complément ont été destinés à 43 départements appartenant à 12 régions. Au 22 août 1997, 10 de ces départements avaient signé une convention bipartite Etat/Région et/ou Etat/Département, ce qui a permis de leur attribuer 42,3 MF. Il devrait en être de même pour les 33 autres départements avant octobre 1997.

Ce prélèvement, sur 3 ans, de 150 millions de francs sur les recettes du FNDAE a bien évidemment affecté les programmes départementaux pluriannuels d'adduction et d'assainissement. Selon les informations communiquées à votre rapporteur spécial :

" Dès lors, une baisse de dotation FNDAE oblige le département soit à modifier son taux d'aide afin de garder la même enveloppe globale de programmation, soit à baisser dans les mêmes proportions l'enveloppe afin de conserver le taux d'aide fixé au préalable. Ces deux possibilités ont été adoptées par les Conseils généraux, certains allant même jusqu'à se substituer au FNDAE pour maintenir la programmation initiale.

En conclusion, la baisse d'autorisation de programme de 15 % engendre le plus souvent une diminution des programmations départementales dans les mêmes proportions, sans compensation possible d'autres sources de financement. Ce constat méritera d'être affiné pour ce qui concerne le bilan 1997 des dotations FNDAE et les exercices ultérieurs."

2. Les redevances affectées au FNDAE

Le Sénat n'a toutefois pas jugé opportun de majorer les tarifs de la redevance sur les consommations d'eau lors de l'examen des articles de la première partie de la loi de finances. Comme l'a indiqué notre collègue Jacques Oudin :

" L'an dernier, le Gouvernement a prélevé sur les ressources du fonds 150 millions de francs pour les affecter au programme de maîtrise des pollutions d'origine agricole, ce qui contribue certes à réduire la pollution en amont, mais a entraîné une baisse des conventions de 15 %.

Cette situation est difficilement tenable. Le FNDAE permet une péréquation intelligente entre zones urbaines et zones rurales.

Avec une revalorisation de 2 centimes de la taxe il pourrait mieux aider les communes rurales à financer leurs investissements et à préserver l'environnement. Vous allez sans doute me répondre que cettte mesure aura un impact sur l'indice des prix : la hausse serait de l'ordre du millionième ! Et je vous rappelle que nous avons bloqué les redevances des agences de l'eau depuis l'an dernier. Ne reprenez pas l'argument des reports de crédit : M. du Luart a établi que si l'on reportait 70 % des crédits d'un exercice sur l'autre, c'était un mécanisme normal puisqu'il s'agit d'un compte spécial du Trésor."


Toutefois, le Secrétaire d'Etat au budget a estimé que :

" M. Oudin est convaincu et convaincant, mais pas assez pour emporter l'adhésion du Gouvernement. L'augmentation de 2 centimes quii vous semble une peccadille rapporterait pourtant 80 millions, ce qui n'est pas négligeable. Le prix de l'eau a déjà fortement augmenté, il n'est pas sûr que nos concitoyens acceptent une nouvelle hausse.

Comme l'a dit M. Oudin, le Fonds a été appelé à financer les programmes de maîtrise des pollutions d'origine agricole mais, en compensation, les agences de l'eau ont augmenté fortement leurs interventions en milieu rural. Mes arguments de fond sont assez forts pour que je ne parle pas des reports de crédits, qui sont de pure technique financière. Je demande le rejet de cet amendement."

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