B. L'APPLICATION DU MÉMORANDUM DE PARIS ET LE RÔLE DE L'ORGANISATION MARITIME INTERNATIONALE (OMI) ET L'UNION EUROPÉENNE

Le Mémorandum de Paris 2( * ) permet, depuis juillet 1992, d'effectuer des contrôles opérationnels en s'appuyant sur les dispositions retenues à ce sujet dans le cadre de l'Organisation maritime internationale. Ces contrôles, dont l'origine est une initiative française, doivent permettre de vérifier la capacité réelle des équipages à conduire le navire et à réaliser les opérations commerciales, en toute sécurité pour la vie humaine et l'environnement.

Les statistiques montrent que plus de la moitié des événements de mer sont d'origine humaine. 753 déficiences ont été relevées en 1996 concernant les contrôles opérationnels.

Pour sa part, la France a effectué, en 1996, 1.371 inspections, ce qui représente 23,5 % des navires étrangers ayant fait escale dans un port de la France métropolitaine.

Avec 177 navires étrangers retenus dans ses ports, la France a réalisé un taux de détention de 14,4 %. La moyenne des pays membres du Mémorandum est de 10,7 %.

S'agissant des résultats des centres d'inspection français uniquement, les statistiques pour les six premiers mois de l'année 1997 font état de 718 navires contrôlés pour 91 navires détenus.

S'agissant de la sécurité des navires à passagers, suite à l'accident de " l'Estonia " en 1994, une révision très importante des règles de sécurité a été établie en 1995 au niveau de l' Organisation maritime internationale (OMI), en particulier pour les navires transbordeurs.

Toutes les mesures nouvelles, qui touchent aux domaines de la stabilité, de la protection de l'incendie, du sauvetage et des radiocommunications, sont applicables aux navires construits à partir du 1er juillet 1997.

Un grand nombre d'entre elles, en particulier celles relatives à la stabilité, à l'incendie et à l'évacuation, sont applicables rétroactivement aux navires transbordeurs construits avant cette date, selon un calendrier prévu s'achevant en 2005.

De nouvelles dispositions en matière de sécurité des vraquiers , dont les pertes demeurent inquiétantes, devraient être adoptées en novembre prochain, lors d'une conférence internationale de l'OMI. Elles portent sur la résistance de la structure, la stabilité après avarie et les conditions de chargement. Des mesures sont également prévues pour les navires existants, afin de limiter le risque d'envahissement des cales à cargaison et de déceler les navires en mauvais état.

Par ailleurs, le Code international de la gestion de sécurité, qui oblige les armateurs à mettre en place un système structuré prenant notamment en compte le facteur humain, entrera en vigueur au niveau mondial à compter de 1998, d'abord pour les navires à passagers et les pétroliers.

En outre, un règlement de l'Union européenne, adopté en décembre 1995, a rendu ce code obligatoire pour tous les navires transbordeurs à passages touchant un port européen dès le 1er juillet 1996.

Concernant la sécurité de la navigation , l'OMI a adopté à la fin de l'année 1996 de nouveaux systèmes de " comptes rendus " de navires proposés par les Etats membres, dont celui concernant la navigation au large d'Ouessant. En cela, elle a reconnu l'importance du signalement des navires.

La France insistait depuis plusieurs années pour que les navires soient tenus de se signaler au CROSS Corsen, lorsqu'ils passent devant la pointe de Bretagne.

Chargés de la surveillance de la navigation dans les zones à forte concentration du trafic, les trois CROSS de la Manche (Corsen, Jobourg et Gris-Nez) font l'objet d'un programme de renouvellement de leurs équipements radio et radar. Planifié sur la période 1992-1999, ce programme prévoit, notamment, la mise en place d'un nouveau système de visualisation et de traitement des informations radar relatives au trafic, qui devrait être achevée à la fin de l'année 1997.

Cette modernisation devrait améliorer les capacités des équipements actuels en matière de détection des navires et de suivi de leur navigation. Elle doit également permettre de repérer les comportements anormaux de ces navires, générateurs de risques.

Signalons, enfin, que la France a saisi l'OMI d'un projet de normes techniques applicables aux radio-transpondeurs destinés à équiper les navires pour permettre leur identification automatique pour les stations de contrôle à terre.

Au niveau de l'Union européenne, l'action consiste essentiellement à harmoniser l'application des règles internationales entre Etats membres.

La France, qui avait pris l'initiative d'une réunion spéciale du Conseil conjoint des ministres des Transports et de l'Environnement après les accidents de l'hiver 1993-1994, a obtenu des progrès dans le renforcement de la lutte contre les navires sous normes.

Ainsi, deux directives importantes sont entrées récemment en vigueur :

- la directive 94/57/CE du 22 novembre 1994 " établissant des règles et normes communes concernant les organismes habilités à effectuer l'inspection et la visite des navires et les activités pertinentes des administrations maritimes ", entrée en vigueur le 1er janvier 1996. Elle vise, pour l'essentiel, à ce que les Etats membres ne fassent appel qu'à des sociétés de classification présentant les garanties nécessaires pour les tâches qui leur sont confiées ;

- la directive 95/21/CE du 19 juin 1995 " concernant l'application aux navires faisant escale dans les ports de la Communauté ou dans les eaux relevant de la juridiction des Etats membres, des normes internationales relatives à la sécurité maritime, à la prévention de la pollution et aux conditions de vie et de travail à bord des navires (contrôle par l'Etat du port) ", qui est entrée en vigueur le 30 juin 1996.

Cette directive a pour but de renforcer le contrôle des navires de commerce étrangers en transcrivant dans le droit des Etats membres les principes du Mémorandum de Paris. En particulier, depuis le 1er janvier 1997, tous les pays sont tenus de diffuser régulièrement la liste des navires retenus dans leurs ports .

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