II. L'ABSENCE DE MESURES NOUVELLES SIGNIFICATIVES CONFIRME QUE LA SATISFACTION DES DEMANDES DU MONDE COMBATTANT NE CONSTITUE PAS UNE VÉRITABLE PRIORITÉ

A. LE GOUVERNEMENT A PROPOSÉ DES MESURES NOUVELLES QUI N'ONT PAS CONVAINCU L'ASSEMBLÉE NATIONALE

Les mesures nouvelles adoptées par le Gouvernement sont d'une ampleur limitée ; on peut distinguer les dispositions inscrites dans le projet de loi de finances déposé par le Gouvernement à l'Assemblée nationale des dispositions qui ont été adoptées à l'Assemblée avec l'accord du Gouvernement, que ce soit en commission ou en séance publique.

1. Les dispositions nouvelles du projet de loi de finances tel qu'il a été déposé à l'Assemblée nationale (dont l'article 62)

Le projet de loi de finances, déposé sur le bureau de l'Assemblée nationale, comprenait trois dispositions nouvelles :

- l'article 62 qui permet l'indemnisation des étrangers déportés depuis la France et ayant acquis depuis lors la nationalité française (voir encadré p. 34),

- l'alignement sur le droit commun des dates de remboursement par l'Etat de la majoration des rentes constituées par les anciens combattants,

- et la prise en compte pour l'attribution de l'allocation différentielle du Fonds de solidarité des revenus du foyer qui devrait exclure les ménages qui perçoivent un revenu imposable mensuel supérieur à 18.255 francs.

Ces trois mesures sont de nature différente. La première devrait concerner environ 150 déportés et leurs ayants cause pour 11,6 millions de francs, la deuxième ne devrait pas toucher les anciens combattants alors que la troisième supprime le bénéfice de l'allocation différentielle pour 310 personnes, soit 1 % des effectifs actuels et représente une économie de 9 millions de francs.

Cette dernière disposition explique la baisse de 0,76 % de la dotation du Fonds de solidarité pour les anciens combattants d'Indochine et d'Afrique du nord.

Nos collègues de la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales de l'Assemblée nationale, réunis le mercredi 8 octobre, ont considéré que ce budget était " inacceptable en l'état ". Ils ont réclamé de nombreuses mesures que votre commission défend également, comme la suppression de l'obligation de passage par l'allocation différentielle pour entrer en APR, la prise en compte pour l'attribution du titre de reconnaissance de la Nation des périodes passées en Algérie après 1962, la relance de la politique de la mémoire, un effort sur les conditions d'attribution de la carte du combattant et des mesures concernant la retraite anticipée pour les anciens d'Algérie.

Un débat a eu lieu à la commission des Affaires culturelles, familiales et sociales qui a opposé les partisans d'un rejet du budget et ceux d'un report de l'examen dans l'attente de mesures complémentaires. La commission a décidé finalement de reporter l'examen de l'avis.

2. Les dispositions complémentaires proposées par le gouvernement lors de l'examen en commission

Pour tenir compte des réserves exprimées par les députés, le secrétaire d'Etat a obtenu du Gouvernement l'inscription de 40 millions de francs de crédits supplémentaires en faveur des anciens combattants lors de la discussion de la première partie de la loi de finances. On peut remarquer que cette hausse n'est en rien considérable puisqu'elle représente une augmentation de 0,15 % des crédits du département ministériel. Elle devait permettre toutefois le développement de quatre mesures nouvelles :

- la fixation du plafond de la retraite mutualiste en points d'indice de pension militaire d'invalidité, à hauteur de 95 points, soit un montant de 7.488 francs pour le plafond majorable en 1998 contre 7.091 francs en 1997 ;

- la remise à niveau des crédits de mémoire ;

- l'élargissement des conditions d'attribution de la carte du combattant en Afrique du Nord avec la prise en compte du critère de la durée de séjour d'au moins 18 mois ;

- l'amélioration de l'action sociale de l'ONAC au profit des anciens d'Afrique du Nord dans l'attente d'une possible avancée en matière de retraite anticipée.

Cette répartition des 40 millions de francs de crédits supplémentaires n'a pas reçu l'approbation de l'Assemblée nationale.

Page mise à jour le

Partager cette page