INTRODUCTION

L'évolution de ce budget en 1999 est exceptionnelle.

Il subit les effets, non seulement de l'intégration du produit des cinq taxes regroupées dans la taxe générale sur les activités polluantes (TGAP), mais encore de la forte augmentation du taux des prélèvements correspondants.

Cette majoration permet de financer la relance des économies d'énergie et des énergies renouvelables.

Mais la progression des crédits hors TGAP est, de toute façon, sept fois supérieure à celle de la moyenne des dépenses de l'Etat.

Le budget de l'environnement devrait augmenter ainsi, en 1999, de 107,8 %, en y incluant le produit de la TGAP, et de 14,8 %, à périmètre constant, comme le montre le tableau ci-dessous.

La progression des autorisations de programme (+14,6 %) qui atteignent 916,5 millions de francs, est, elle aussi, très forte.

C'est, pour certains, l'inauguration d'une ère nouvelle, celle d'une nouvelle fiscalité écologique et d'une administration enfin promue au rang de ministère "régalien" ou "de plein exercice".

Pour d'autres, dont votre rapporteur, c'est le risque du commencement de la fin d'un système mutualiste, couronné de succès, depuis trente ans, dans le fonctionnement duquel chaque sociétaire, pouvant mesurer le fruit de ses efforts, se sentait profondément impliqué.

L'étatisation de la politique de l'environnement ne signifie pas son arrivée à l'âge adulte. Celle-ci doit demeurer décentralisée, déconcentrée, interministérielle et concertée. Elle ne peut pas prétendre non plus régler tous les problèmes de la société, notamment en matière d'emplois et d'inégalité, elle a suffisamment à faire dans son propre domaine.

L'efficacité du ministère de l'environnement ne se mesure pas à l'aune de ses crédits ou de ses effectifs, mais dépend de ses moyens d'incitation et de coordination, de son pouvoir de persuasion et de l'adhésion à ses objectifs de tous les partenaires concernés, grâce à la concertation.

Elle dépend aussi, en définitive, des capacités de financement des entreprises, des collectivités et des ménages qui ne doivent donc pas être soumis à des prélèvement excessifs.

Ce rapport présente le projet de budget de l'environnement, tel qu'il a été conçu à l'origine par le Gouvernement, en prenant en compte l'impact de la création de la TGAP, supprimée par le Sénat.

Mais il présente aussi les raisons fondamentales qui ont conduit votre commission des finances et la majorité du Sénat à refuser cette mesure fiscale inacceptable.

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