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Délinquance des mineurs : la République en quête de respect (rapport de la commission d'enquête sur la délinquance des mineurs ) (rapport)

 

4. Une méconnaissance alarmante de la prise en charge effective

Selon le rapport de l'Inspection des services de la PJJ sur 20 services de milieu ouvert du secteur public, « aucun service ne semble en mesure de contrôler le travail effectué par les personnels en charge de mesures ».

Le logiciel de gestion de l'activité et des mesures éducatives, dit GAME, mis en place en 1994, comportait un certain nombre de failles. Il ne permettait pas de mesurer précisément l'activité des services101(*). Selon la Cour des comptes, citée par un grand quotidien, la PJJ n'est pas capable de connaître le nombre de jeunes qu'elle a en charge et le temps consacré à chaque mesure est souvent purement théorique et surévalué. De plus, le renseignement des statistiques à la base fausse complètement les résultats. Par exemple, les absences des jeunes étaient très inégalement enregistrées selon les services. La mise en place de la nouvelle version GAME 2000 est trop récente pour pouvoir en tirer des conclusions.

* 101 Par exemple, il ne recensait pas des jeunes mais des mesures, et n'enregistrait pas le nombre d'heures de formation effectives mais les journées entières, démultipliant ainsi l'activité des formateurs. Lors de l'inspection des services du Puy-de-Dôme en octobre 1997, l'Inspection des services de la PJJ constatait que le logiciel GAME affichait une moyenne de 7,23 jeunes pris en charge par journée en 1996 alors que la présence réelle était de 5,54 (calculée à partir du nombre de repas servis aux jeunes), soit une surestimation de 30 %.