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L'avenir de la viticulture française : entre tradition et défi du Nouveau Monde

 

b) Une mutation continue
(1) Un vignoble étendu, en restructuration continue

D'une superficie de 876 200 d'hectares en 2000, le vignoble français représente 2,8 % des surfaces agricoles et couvre 1,7 % du territoire.

Si la vigne est présente sur 80 départements, elle se concentre pourtant à 95 % dans 30 d'entre eux.

Cette forte implantation viticole ne doit pas occulter une diminution tendancielle de la taille du vignoble, qui a perdu 240 000 hectares entre 1980 et 2000, soit une réduction de 21 %. Cette diminution a surtout concerné les surfaces consacrées aux vins de table, en particulier en Languedoc-Roussillon. Sur les vingt dernières années, le vignoble de cette région a été réduit de plus de 100 000 hectares.

Près des deux tiers (62 %) du vignoble français sont, aujourd'hui affectés à la production de vins d'appellations d'origine, contre seulement 55 % en 1988, ce qui traduit la restructuration qualitative de ce secteur.

Le vignoble destiné à la production de vins de pays progresse également. Il représente 21 % des vignes françaises.

RÉPARTITION DU VIGNOBLE FRANÇAIS EN 2000

Type de production

Superficie (en milliers d'hectares)

Part dans le vignoble total

AOC

545

62,2 %

Vins de pays

185

21,1 %

Vins de table

59

6,7 %

Vins aptes à la production de Cognac

76

8,7 %

Autres*

11,5

1,3 %

TOTAL

876

100 %

* raisins de table, pépinières viticoles, vignes-mères

Source : SCEES

(2) Des exploitations qui s'agrandissent et se spécialisent

Les résultats du volet viticole du recensement agricole de 2000 révèlent que le nombre des exploitations viticoles, actuellement de 144 000, a diminué d'un tiers depuis 1988. Elles représentent 22 % du nombre total d'exploitations agricoles.

Parmi ces 144 000 exploitations, 110 000 ont réellement une activité à caractère économique, les 34 000 autres ne produisant que pour leur usage propre.

La surface moyenne des exploitations augmente à mesure de la diminution du nombre d'exploitants. Elle est, en 2000, de 8 hectares, contre 5,5 hectares en 1988 et une moyenne de 42 hectares pour l'ensemble des exploitations agricoles.

Enfin, 4/5 des exploitations viticoles sont aujourd'hui entièrement vouées à la viticulture, alors que cette proportion n'était encore que de deux tiers en 1988.

(3) Une vinification réalisée à part égale par les caves particulières et les caves coopératives

Parmi les 110 000 exploitations viticoles, environ un tiers (38 000) vinifient elles-mêmes leur raisin. Il s'agit d'exploitations plus grandes que la moyenne. Le vin produit par ces caves particulières représente ainsi 49 % de la récolte.

Cependant, deux tiers des viticulteurs adhèrent encore à des caves coopératives, qui assurent également la moitié de la récolte. L'implantation des caves coopératives est toutefois variable selon les régions. En Languedoc-Roussillon, neuf viticulteurs sur dix confient leur récolte à une cave coopérative. Moins de quatre sur dix dans la région de Bordeaux.