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Qu'en est-il de la voie d'eau pour le fret demain en France et en Europe ?

 

3. M. Constant Goerg, président du conseil général du Haut-Rhin

« Je me déclare heureux que le Sénat engage une nouvelle réflexion sur un projet qui a été trop brutalement et arbitrairement abandonné par le gouvernement en juin 1997... »

« ... particulièrement sur l'axe Mer du Nord-Méditerranée, la voie d'eau est un mode de transport pertinent sur le plan économique, environnemental et de l'aménagement du territoire. Elle constitue pour les acheminements de marchandises, une véritable alternative au tout routier et peut efficacement compléter le mode ferroviaire qui, selon les experts, ne sera pas en mesure d'offrir suffisamment de capacités pour augmenter sa part de marché... »

4. M. Gérard Bailly, président du conseil général du Jura

« ...Si je fais partie de la mission d'information « Saône-Rhin », c'est tout simplement parce que j'ai toujours été un fervent défenseur de ce projet et, ce, pour plusieurs raisons :

Tout d'abord, je pense que cette infrastructure est, plus que jamais, indispensable au développement économique de l'Union européenne en général et à celui de notre pays en particulier. En effet, il me semble que, dans un monde marqué par la croissance des échanges, il est impératif de réaliser cette liaison fluviale dans la mesure où elle permettrait, entre autres, de relier de façon satisfaisante le Nord et le Sud de l'Europe. Pour ma part, je suis persuadé que les secteurs géographiques enclavés sont appelés à connaître rapidement un véritable déclin économique et démographique. L'économie moderne exige, à mon avis, une grande fluidité des échanges.

Par ailleurs, je considère que la route a récemment montré ses limites. Je pense, par exemple, au drame du tunnel du Mont-Blanc qui, rappelons-le, a fait 39 victimes. De plus, comme vous le soulignez à juste titre dans votre courrier, ce mode de transports connaît, depuis quelques années, un engorgement pour le moins préoccupant.

Bien évidemment, il reste le ferroutage, idée à la mode s'il en est. Néanmoins, chacun sait que, d'une part, cette solution exige des moyens considérables et que, d'autre part, elle ne pourra être effective qu'à l'horizon 2020. En outre, comme beaucoup de Français, je m'interroge sur la fiabilité de ce mode de transports dans la mesure où il dépendra exclusivement d'une entreprise qui connaît régulièrement de graves conflits sociaux.

Dans ce contexte, il me semble que les liaisons fluviales constituent un complément indispensable à la route et au fer. Par ailleurs, faut-il rappeler qu'elles sont extrêmement peu polluantes ?

Compte tenu de ces éléments, je ne puis que regretter que le Gouvernement ait décidé, en 1997, d'enterrer ce projet... »