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Qu'en est-il de la voie d'eau pour le fret demain en France et en Europe ?

 

B. Les Conseils généraux

1. M. Jean Pépin, président du conseil général de l'Ain

« En préambule, il me semble primordial de prendre acte des prévisions de croissance du trafic marchandises dans les années à venir, sauf à vouloir contester et remettre en cause le développement de nos économies, fondé notamment sur les échanges et sur la mobilité.

Or, pour absorber cette intensification de trafic, les infrastructures de communication existantes se révèleront vite insuffisantes, comme le montrent déjà les saturations de plus en plus fréquentes des réseaux autoroutier et ferroviaire, ainsi que la multiplication des nuisances occasionnées (pollution, accidents,...).

Face à cette situation, aucune solution ne saurait apporter, à elle seule, une réponse complète et définitive. Aucune solution ne saurait aussi être écartée a priori et il sera au contraire indispensable de s'appuyer sur la diversité des modes de transport pour développer des réponses adaptées et pertinentes qui tiennent compte de l'hétérogénéité du trafic marchandises (produits à transporter, trajets à accomplir...),

C'est dans ce cadre que le mode fluvial pourrait contribuer avec efficacité à l'organisation du transport de marchandises sur l'axe Mer du Nord-Bassin rhénan-Méditerranée, aux côtés des modes routier et ferroviaire. Or, le développement du transport fluvial passe aujourd'hui par le raccordement du réseau fluvial français avec de grandes voies d'eau européennes, grâce notamment à la réalisation d'une liaison à grand gabarit Saône-Rhin. A ce sujet, je ne peux que regretter une nouvelle fois le brusque abandon du projet du canal Saône-Rhin par les autorités gouvernementales en juin 1997.

En conclusion, je me permettrai de souhaiter que les travaux de la mission d'Information « Saône-Rhin » contribuent avec efficacité aux réflexions sur la problématique des transports sur l'axe Mer du Nord-Méditerranée et à une prise en compte objective de l'intérêt d'une liaison fluviale à grand gabarit Saône-Rhin. »

2. M. Louis de Broissia, président du conseil général de la Côte d'Or

« La nécessité de développer le transport fluvial repose sur un double constat :

- les infrastructures de communication existantes ne seront pas en mesure d'absorber durablement la croissance du fret ;

- il est crucial de favoriser le développement des modes de transport à la fois respectueux de l'environnement et compétitifs.

Or, si le transport fluvial n'est pas en mesure d'assurer des transits express, il est, en revanche, parfaitement adapté aux matériaux pondéreux et peut intervenir dans une logique de complémentarité avec les modes routier et ferroviaire.

Toutefois, afin de lui assurer un rôle prépondérant dans le cadre du fret national et international, il importe de boucler le maillage français des liaisons à grand gabarit en réalisant notamment une connexion entre la Saône et le Rhin représentant un complément indispensable à la desserte et au développement des ports maritimes.

En plus de la politique d'investissement nécessaire sur le réseau mais qui tarde à s'engager, il me semble essentiel d'accompagner le développement du transport fluvial par des actions de promotion de l'intermodalité.

Pour la Côte-d'Or, le développement sur près de 200 hectares de la plateforme trimodale eau / rail / route du « technoport » de Pagny, situé au Nord de la Saône à grand gabarit, constitue une opération d'aménagement du territoire significative en vue de contribuer au rééquilibrage entre les différents modes de transport... »