B. LES PRINCIPES

Les limites d'exposition s'appuient sur les résultats des études menées dans le monde entier et publiées dans des revues avec comité de lecture. Ces études sont répertoriées entre autres dans des bases de données accessibles par Internet, notamment sur le site de l'OMS, « International EMF project » (http://www-nt.who.int/peh-emf/emfstudies/database.cfm). La base de l'OMS concernant les études récentes ou en cours comporte plus de 1400 articles scientifiques. Sur cette base scientifique, l'établissement de valeurs limites d'exposition se fonde sur les effets considérés, à un moment donné, comme les plus sensibles (« effets critiques », c'est-à-dire qui apparaissent au plus bas niveau d'exposition testé, et qui sont jugés pertinents d'un point de vue sanitaire). A cette valeur est appliqué un ensemble de coefficients d'abattement destinés à prendre en compte les incertitudes et à disposer d'une certaine « marge de sécurité ». Des réévaluations de ce corps de connaissances, et des recommandations de valeurs limites d'exposition qui en découlent, sont régulièrement pratiquées.

L'avis général des comités est que l'effet néfaste trouvé chez l'animal au plus faible niveau d'exposition était une altération du comportement chez les macaques et les rongeurs. Une telle altération consiste le plus souvent en une difficulté ou une inhibition complète de la réalisation d'une tâche complexe d'apprentissage sous exposition à une quantité suffisante d'énergie RF. Les résultats expérimentaux indiquent qu'il s'agit clairement d'un effet thermique : cette altération se produit lorsque la puissance absorbée dans le corps, à la suite d'une exposition du corps entier, quantifiée par le débit d'absorption spécifique (DAS), atteint ou dépasse un seuil de 4 watts par kilogramme de masse corporelle (4 W/kg).

Par mesure de sécurité et pour tenir compte des incertitudes liées à l'extrapolation d'un modèle animal à l'homme, la limite d'exposition a été fixée à 0,4 W/kg (DAS corps entier) en milieu professionnel, ce qui constitue une réduction d'un facteur 10.

Ce paramètre, qui conditionne l'existence d'un effet biologique pouvant être jugé comme néfaste pour la santé, constitue dans le langage des recommandations une « restriction de base ».

Un facteur d'abattement supplémentaire de 5 a été introduit pour la population générale, afin de tenir compte de l'absence de contrôle que des personnes non informées ont sur leur environnement, de la possibilité de sensibilités variables en fonction de l'état physiologique ou pathologique des individus (personnes malades, âgées, éventuellement hypersensibles...). Le DAS limite d'exposition corps entier pour le public a donc été fixé à 0,08 W/kg.

Au total, le coefficient de sécurité entre les valeurs seuils pour l'apparition d'effets avérés chez l'animal et la valeur des restrictions de base est donc de 50, ce qui couvre implicitement les effets éventuels à long terme dans la totalité de la gamme de fréquences.

Des considérations dosimétriques et biologiques ont montré que lors d'une exposition à 0,08 W/kg - corps entier - certaines zones restreintes de l'organisme pouvaient absorber localement une puissance supérieure. Toutefois, certains organes, comme l'oeil, sont plus sensibles à un échauffement local de la température. Il a donc été proposé de fixer une valeur limite pour une exposition fortement localisée. Cette limite est exprimée par le Débit local d'absorption spécifique ou « DAS local ». D'après l'ICNIRP, le DAS local ne doit pas dépasser 2 W/kg pour la tête et le tronc, dans lesquels se trouvent des organes fonctionnels vitaux (cerveau, coeur, poumon, intestins, etc...), et 4 W/kg pour les tissus plus périphériques que sont les membres. Cette valeur de DAS local est évaluée pour une masse de 10 g de tissus.

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