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La hausse des prix du pétrole : une fatalité ou le retour du politique

 

b) L'inadaptation de l'outil de raffinage à l'évolution de la demande

Comme il a été indiqué précédemment, la part des transports dans la demande mondiale de pétrole est passée de 40% en 1971 à 55% aujourd'hui. En conséquence, la demande des produits légers (essence) et des distillats moyens (gasoil) a fortement augmenté, passant de 65% à 80% de la consommation de produits raffinés. Or, les unités de raffinage ne sont souvent pas assez sophistiquées pour répondre à cette évolution de la demande. En outre, elles sont dépendantes de la qualité du brut qui leur sert de matière première : plus il est lourd et sulfureux, plus il est difficile et coûteux d'en extraire des produits raffinés légers. Il apparaît ainsi que la demande croissante d'essence et de gazole a un impact sur le prix du pétrole brut et contribue au différentiel de prix entre les pétroles légers et les pétroles plus lourds.

Au niveau européen, les compagnies de raffinage doivent faire face à une forte croissance de la consommation de gazole couplée à une réduction de la demande d'essence.

Evolution en Europe de la demande de gazole et d'essence

Source : Total

MT : Millions de tonnes

GOM : gazole moteur

Elles sont donc obligées d'entreprendre des opérations de conversion profonde. Toutefois, compte tenu des montants en jeu, ces dernières ne se justifient que sur les sites les plus compétitifs. L'Europe est donc obligée d'importer du gazole de Russie (25 millions de tonnes en 2003), ce qui n'est pas sans poser la question de la sécurité des approvisionnements et tend à alimenter la flambée des prix.