Allez au contenu, Allez à la navigation



La réforme de l'Etat au Canada - L'avenir de Saint-Pierre-et-Miquelon

 

B. DES PERSPECTIVES DE DIVERSIFICATION PROMETTEUSES

L'exploitation des produits de la mer devrait conserver une place importante dans l'activité économique de Saint-Pierre-et-Miquelon, grâce au développement de nouvelles productions. Ce n'est toutefois qu'en diversifiant ses ressources que l'archipel peut assurer durablement son avenir économique. Aussi doit-il saisir les opportunités que représentent l'exploitation de ressources en hydrocarbures et sa situation de porte d'entrée de l'Europe dans l'Atlantique nord.

1. Le développement de l'aquaculture

Lors de son séjour sur l'île de Miquelon, votre délégation a visité les installations de la société EDC (Exploitation des carrières), qui développe depuis 2001 l'élevage de coquilles saint-jacques. Le Groupement d'intérêt économique (GIE EDC), composé de trois entreprises du secteur du bâtiment et des travaux publics et fort d'une certaine capacité financière à l'échelle de l'archipel, a ainsi choisi de miser sur une activité déjà développée avec succès au Canada.

Après de nombreux échanges avec des éleveurs canadiens dans le cadre de la coopération régionale, des naissains de coquilles saint-jacques importés des îles de la Madeleine60(*) ont été implantés dans la rade de Miquelon par l'association de recherche pour le développement de l'aquaculture, avant que le GIE EDC n'investisse dans cette activité.

L'entreprise dirigée par M. Tony Hélène emploie désormais une trentaine de personnes pendant la forte saison. Les embauches réalisées depuis 2001 ont conduit à la disparition du chômage sur l'île de Miquelon, la société devant aujourd'hui faire appel à une main d'oeuvre d'origine canadienne.

La société EDC a réalisé des investissements financiers conséquents, de l'ordre de 7 millions d'euros en 4 ans, pour lancer une production qui ne peut être commercialisée qu'après quatre années d'élevage, lorsque les coquilles saint-jacques ont atteint la taille requise. Elle bénéficie également de subventions importantes de l'Etat (825.000 euros en 2005)61(*) et du conseil général (70.400 euros en 2005).

La commercialisation des premières coquilles a eu lieu en 2005, sous l'appellation « royale de Miquelon ». L'entreprise ne peut toutefois en vendre le corail, en l'absence d'une autorisation sanitaire demandée depuis près de trois ans, à l'Office alimentaire et vétérinaire de l'Union européenne62(*). Ce défaut d'autorisation entraîne une perte de chiffre d'affaires que M. Hélène estime à un million d'euros.

Forte d'une indéniable réussite dans la maîtrise des procédés d'aquaculture qui en font une pionnière sur le territoire français, l'entreprise pâtit cependant de l'absence de liaison aérienne directe avec la métropole. En effet, si elle expédie actuellement ses produits vers l'Europe après qu'ils ont été conditionnés et congelés sur l'archipel, la vente de coquilles fraîches requiert la mise en place d'une liaison directe dont le coût paraît aujourd'hui prohibitif.

En outre, le développement de l'aquaculture devrait à terme mettre à profit la complémentarité des outils et des ressources entre Saint-Pierre et Miquelon. En effet, Saint-Pierre dispose d'équipements de traitement et de transformation surdimensionnés, dont la main-d'oeuvre connaît d'importantes périodes d'inactivité.

La société des Nouvelles pêcheries envisage ainsi de diversifier son activité. Elle devrait bénéficier à cette fin de la dérogation aux règles d'origine63(*) accordée par la Commission européenne pour l'exportation de 105 tonnes de queues, pattes et pinces de homard provenant du Canada par an jusqu'en 2008. Le produit transformé par les Nouvelles Pêcheries pourrait être expédié vers le marché européen sous le label « Saint-Pierre-et-Miquelon », sans droits de douanes.

* 60 Situées au Canada dans le Golfe du Saint-Laurent, ces îles appartiennent à la région administrative de la Gaspésie-Iles-de-la Madeleine.

* 61 Dont 690.000 euros du FIDOM (Fonds d'investissement des départements d'outre-mer).

* 62 La préfecture de Saint-Pierre-et-Miquelon a indiqué à votre délégation que ce dossier, retardé par la destruction accidentelle des analyses réalisées, devrait aboutir en 2006.

* 63 Cf. infra, C, 1.