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Politique européenne de l'énergie

 

2. Le lancement du réacteur de nouvelle génération EPR

La France et la Finlande ont décidé de lancer un programme de centrales nucléaires de nouvelle génération, l'European Pressurized Reactor, ou EPR. Ce programme, dont la phase d'avant-projet remonte à 1995-1997, est réalisé conjointement par Framatome ANP, filiale d'Areva et de Siemens, EDF et les électriciens allemands.

L'EPR est une évolution des réacteurs construits le plus récemment. Sans introduire de rupture technologique, l'EPR représente des avancées significatives sur trois plans différents :

- pour l'environnement, l'EPR produira 14 % de moins de déchets que ses prédécesseurs et son système de réfrigération complémentaire limitera le réchauffement des rivières par les rejets d'eau ;

- du point de vue économique, l'EPR sera plus compétitif, avec une puissance de 1 600 mégawatts, au lieu de 1 450 actuellement, et une durée de vie de 60 ans contre 40 à 50 ans pour les réacteurs actuels ;

- concernant la sécurité, le rechargement de combustible, qui interviendra tous les trois ans, ne durera que 16 jours au lieu de 30 à 40 jours actuellement. Le risque d'incident pouvant endommager le coeur, déjà infinitésimal, sera divisé par dix, tandis que le niveau d'exposition des personnels aux radiations sera divisé par deux.

En Finlande, ce réacteur devrait être mis en service en 2009. Le projet est mené par le consortium Areva-Siemens et l'électricien Teollisuuden Voima Oy (TVO) sur le site d'Olkiluoto. Son coût est évalué à environ 3 milliards d'euros.

En France, le premier réacteur EPR de démonstration sera construit à Flamanville, dans la Manche. Sa construction devrait débuter en 2007 et durer cinq ans, pour un investissement total de 3,3 milliards d'euros.

3. Le projet européen ITER de maîtrise de la fusion nucléaire

Il existe par ailleurs un projet nucléaire européen d'envergure mondiale, le réacteur expérimental de fusion nucléaire ITER. Alors que les candidats d'accueil étaient nombreux, il a été décidé lors de la conférence de Moscou, le 28 juin 2005, d'implanter cet équipement à Cadarache, dans les Bouches-du-Rhône.

Le réacteur expérimental de fusion thermonucléaire ITER ambitionne de recréer le processus de fusion présent au coeur du soleil. Ses concepteurs espèrent y parvenir en produisant un plasma stable à 100 millions de degrés.

L'objectif est de maîtriser la fusion expérimentale au mieux à l'horizon 2050, et de parvenir à l'échelle industrielle avant 2100. Toutefois, les lourdes incertitudes technologiques qui pèsent sur ce projet rendent ces deux dates très aléatoires, et la fusion nucléaire ne constituera pas une vraie alternative énergétique avant longtemps.

Les recherches, menées en France par le Commissariat à l'Énergie Atomique (CEA), s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie définie au niveau de l'Union européenne et du programme mondial ITER, associant l'Union européenne, le Japon, la Chine, la Corée du Sud, les États-Unis et la Russie.

D'un coût estimé à près de 4,7 milliards d'euros, la construction d'ITER sera suivie d'une période d'exploitation d'environ 20 ans, dont le coût est estimé à 4,8 milliards d'euros. À ces coûts s'ajoutent ceux de son démantèlement et de la gestion des déchets.

L'Union européenne financera 40 % du projet, la France, en sus de sa participation européenne, et les cinq autres pays associés 10 % chacun. L'Union européenne financera également, pour 350 millions d'euros, un programme complémentaire de recherche incluant la construction d'un centre d'étude des matériaux pour parois de réacteurs à fusion nucléaire baptisé IFMIF (International Fusion Material Irradiation Facility).