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Politique européenne de l'énergie

 

3. Instaurer un partenariat stratégique avec la Russie

La Russie, qui a pris en 2006 la tête du G8, est un acteur énergétique global d'une dimension particulière. Ses atouts sont considérables : 30 % des réserves mondiales de gaz, 10 % des réserves de pétrole, 20 % des réserves de charbon et 14 % des réserves d'uranium. Cette richesse naturelle est servie par un pouvoir fort.

L'Europe est très largement dépendante pour son approvisionnement énergétique de la Russie, qui lui fournit 50 % de son gaz et 20 % de son pétrole. Mais cette dépendance est réciproque, puisque l'Union européenne représente 30 % en volume et 70 % en valeur des recettes de Gazprom. Près de 40 % des recettes de l'État russe et 75 à 80 % des recettes d'exportation de ce pays dépendent directement du seul marché de l'énergie européen.

La Russie a proposé dans le cadre du G8 un « partenariat énergétique global », qui vise une meilleure prévisibilité de la demande d'hydrocarbures. Ce partenariat s'appuierait notamment sur la mise en place de contrats de long terme et une connaissance plus précise des réserves et de la gestion des stocks. L'objectif est pour elle d'améliorer la lisibilité des débouchés, et donc des investissements.

Un partenariat Russie-Union européenne a été lancé en octobre 2000, qui a vocation à être le cadre privilégié du dialogue entre chacun des États membres de l'Union et la Fédération de Russie. Mais ce partenariat ne progresse que lentement.

Ainsi, certains projets d'intérêt commun, comme le gazoduc transeuropéen septentrional, le gazoduc Yamal Europe, la mise en exploitation de champs pétroliers ou gaziers et l'interconnexion des réseaux électriques n'ont que peu avancé au cours des dernières années. À l'inverse, les dossiers qui avancent, comme le gazoduc Nord Européen, n'ont pas été conçus dans un cadre institutionnel européen, mais bilatéral et industriel.

De même, la mise en place au niveau européen d'un fonds européen visant à garantir les risques non commerciaux de certains projets de production et de transport d'énergie de grande ampleur n'a toujours pas eu lieu. L'Europe, collectivement, ne répond pas au principal objectif de développement des investissements assigné il y a cinq ans au partenariat énergétique Union européenne-Russie.

Globalement, les besoins d'investissements du secteur énergétique russe ont été évalués par la Commission européenne à 715 milliards d'euros d'ici 2020. Cet investissement est nécessaire pour éviter que des installations énergétiques existantes, par ailleurs très polluantes, n'arrivent à un degré de vieillissement qui mettrait en cause la stabilité sociale de la Russie et l'approvisionnement de ses clients.

Attirer l'investissement étranger dans le secteur énergétique est donc un impératif pour les autorités russes. Mais, jusqu'à présent, les relations énergétiques entre la Russie et les États membres de l'Union européenne se sont développées sur une base bilatérale.

Les progrès de la Russie dans l'efficacité énergétique sont vitaux : selon la Commission européenne, elle pourrait économiser jusqu'à 430 millions de tep d'ici 2020. Mais, sans amélioration dans ce domaine et compte tenu de sa croissance, la capacité exportatrice de la Russie risque de disparaître à l'horizon 2015. L'efficacité énergétique devrait donc constituer un thème privilégié de la coopération entre les pays de l'Union européenne et celle-ci.