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Prévenir les infections nosocomiales : une exigence de qualité des soins hospitaliers

 

b) Pourquoi les infections nosocomiales ?

 Des causes identifiées

La survenance d'une infection nosocomiale est souvent liée à la pratique de soins invasifs. Ainsi, les infections urinaires sont treize fois plus fréquentes chez les patients sondés et deux fois plus fréquentes chez ceux qui ont un cathéter. Une intubation/trachéotomie renforce également sensiblement le risque de pneumopathie.

Par ailleurs, les gestes chirurgicaux les plus invasifs sont les plus fréquemment à l'origine d'une infection ; c'est notamment le cas des actes de chirurgie orthopédique qui conduisent à la pose d'une prothèse.

Enfin, le risque d'infection peut être lié au traitement lui-même lorsqu'il nécessite une transfusion, une nutrition parentérale, une ventilation artificielle ou la prise de certains médicaments, notamment d'immunosuppresseurs.

En outre, la présence d'une immunodépression, un mauvais état général du patient (malnutrition, alcoolisme, tabagisme, maladie chronique pulmonaire), un âge avancé (l'âge moyen des patients infectés est de soixante-deux ans3(*)) ou une pathologie menaçant le pronostic vital constituent des facteurs de risques majeurs.

 Des facteurs aggravants

La gravité des infections peut, par ailleurs, être exacerbée par l'utilisation d'antibiotiques qui sélectionnent des bactéries résistantes aux traitements. Or, la France détient, en Europe, le record du taux de résistance aux antibiotiques, soit 50 % pour la pénicilline et 28 % pour la méticilline utilisées respectivement contre le pneumocoque et le staphylocoque doré, qui constituent les principales bactéries à l'origine des infections nosocomiales.

L'enquête Raisin précitée indique que 48 % des patients victimes d'une infection étaient soumis à un traitement antibiotique, 10 % étaient des patients traumatologiques, en particulier des grands brûlés, et 13 % immunodéprimés. Près de 80 % d'entre eux étaient, en outre, porteurs d'une sonde à demeure et plus de la moitié avait subi une intubation/trachéotomie.

Au total, compte tenu des origines multiples des infections nosocomiales, on estime à 70 % la proportion de celles qui ne pourraient pas être évitées par une meilleure prévention (mesures d'hygiène, locaux adaptés, etc.), notamment en raison de leur origine endogène.

* 3 Enquête Raisin menée en 2004 dans 133 services de réanimation.