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Prévenir les infections nosocomiales : une exigence de qualité des soins hospitaliers

 

A. LES INFECTIONS NOSOCOMIALES : LES CONSÉQUENCES DRAMATIQUES D'UNE INSUFFISANTE QUALITÉ DES SOINS

Les origines des infections nosocomiales sont aussi variées que le sont leurs manifestations sanitaires. Les conséquences sont à la fois dommageables, et parfois dramatiques, du point de vue de l'état sanitaire du patient, et financièrement sensibles du point de vue du coût pour la société.

1. Un phénomène polymorphe aux causes multiples

a) La réalité des infections nosocomiales en France

On admet communément que, en France, 6 % à 7 % des hospitalisations sont compliquées par une infection nosocomiale plus ou moins grave, soit environ 750.000 cas sur les 15 millions d'hospitalisations annuelles.

Les études épidémiologiques comparatives placent la France dans la moyenne européenne, estimée entre 6 et 9 %, pour les infections nosocomiales acquises en unité de soins intensifs et après intervention chirurgicale.

Ces infections peuvent avoir différentes origines :

une bactérie endogène du patient : celui-ci s'infecte alors par ses propres micro-organismes à la faveur d'un acte invasif et/ou en raison d'une fragilité particulière. Ce sont, de loin, les infections les plus fréquentes. Elles sont imprévisibles et souvent graves lorsqu'elles surviennent sur le site opératoire ;

une bactérie exogène présente dans l'établissement de santé, chez le personnel soignant ou un autre patient : on parle alors d'infections croisées ;

un virus : les infections sont, dans ce cas, le plus souvent bénignes et surviennent hors de tout acte médical. Elles sont notamment observées dans les services de pédiatrie, où elles représentent près du quart des infections nosocomiales constatées.

La plus grande partie des infections nosocomiales se traduisent par des infections urinaires (40 % des cas), puis des infections de la peau et des tissus mous (11 %, notamment dans les services de long séjour et en psychiatrie), des pneumopathies (10 %, le plus souvent en réanimation) et des infections respiratoires hautes (9 %). Par ailleurs, les infections du site opératoire représentent 10 % des infections nosocomiales et sont observées à la suite d'une opération dans 1,5 % des cas ; elles peuvent porter sur la cicatrice ou sur l'organe opéré. Enfin, les bactériémies (présence d'une bactérie dans le sang) surviennent dans 4 % des cas.

Ces éléments chiffrés ne doivent toutefois pas conduire à surestimer la place des infections nosocomiales dans l'ensemble des accidents médicaux : elles ne constituent que de 22 % des événements graves liés aux soins, contre 37,5 % pour les autres suites d'une intervention chirurgicale et 27,5 % pour les accidents médicamenteux.