Allez au contenu, Allez à la navigation



Un nouveau pacte de solidarité pour les quartiers (rapport)

 

b) L'amélioration de l'accès aux soins et le développement de la prévention sanitaire

Les statistiques établies par l'ONZUS120(*) et par l'Observatoire de l'accès aux soins de la mission France de Médecins du monde121(*) montrent que l'état de santé des personnes résidant dans les quartiers en difficulté est altéré par des conditions de vie précaires et des retards d'accès aux soins. Ces études révèlent en particulier la fréquence des problèmes de souffrance psychique, de maltraitance, de saturnisme, de surpoids et d'hygiène bucco-dentaire, notamment chez les jeunes enfants, des conduites addictives (alcool, toxicomanie), ainsi que la détection tardive des maladies sérologiques et cancéreuses.

C'est pourquoi, depuis 1997, les contrats de ville incluent un volet sanitaire, dont les actions visent à réduire les inégalités sociales et territoriales en matière de santé, en améliorant l'accessibilité aux soins et à la prévention des populations fragiles. Lors du Comité interministériel à la ville du 14 décembre 1999, un nouvel axe d'intervention a été développé avec la mise en oeuvre des ateliers « santé ville » (ASV).

Ces ateliers, créés en partenariat avec les maires, les sous-préfets en charge de la politique de la ville, les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) et les professionnels de santé dans le cadre des programmes régionaux d'accès à la prévention et aux soins (PRAPS), devaient permettre de réaliser un diagnostic de l'état de santé de la population concernée afin de définir les priorités d'action des contrats de ville sur la période 2000-2006. A ce jour, 220 ASV ont été mis en place dans les quartiers prioritaires, ce qui a permis de développer des programmes locaux de santé adaptés aux besoins de la population. Ces ateliers constituent de véritables cellules territorialisées d'alerte et d'actions visant notamment à informer les habitants des campagnes nationales de prévention et favoriser leur accès aux soins.

Si la mission considère que les ateliers « santé-ville » constituent une véritable avancée qui a permis d'améliorer la prise en charge médicale des personnes les plus éloignées du système de soins, elle estime toutefois nécessaire de progresser dans quatre directions :

- pour mieux connaître les besoins des populations, il est tout d'abord indispensable qu'un diagnostic plus complet de l'état de santé des populations résidant dans les ZUS soit établi par l'ONZUS ; c'est pourquoi, la mission propose, d'une part, que les ASV dressent un bilan annuel de leurs activités sur le modèle de celui qui est réalisé chaque année par les antennes de Médecins du monde122(*) ; d'autre part, que des bilans de santé soient organisés chaque année dans les ZUS en partenariat avec les ministères de l'éducation nationale et de la santé sur des sujets particuliers (dépistages des maladies sérologiques, hygiène bucco-dentaire,...) ou à destination de publics spécifiques (personnes âgées, élèves scolarisés ou en crèches) ;

- pour améliorer l'accessibilité aux soins, la mission estime prioritaire de garantir un bon maillage du territoire en veillant à la présence de professionnels de santé dans les quartiers (médecins, pédopsychiatres, infirmières, kinésithérapeutes, etc...) et de centres de soins à proximité (hôpitaux, cliniques, dispensaires de la Croix-rouge, antennes de Médecins du monde ou maisons médicalisées) ; cela suppose la mise à jour d'une carte globale de l'offre de soins afin d'identifier les territoires pour lesquels elle se révèle insuffisante ;

- pour répondre de façon plus large aux besoins des populations, la mission recommande de favoriser une plus grande complémentarité des ASV dans le cadre des programmes locaux de santé, chaque atelier pouvant se spécialiser dans certaines thématiques d'intervention (toxicomanie, hygiène et prévention, ...) ;

- enfin, la mission suggère que la prévention sanitaire soit développée au niveau de l'école primaire, des crèches et des centres de protection maternelle et infantile, notamment en associant et en sensibilisant davantage les parents.

* 120 Rapport 2005 de l'Observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS).

* 121 Rapport 2005.

* 122 Les centres d'accueil, de soins et d'orientation (CASO) de Médecins du monde disposent d'une base de données qui permet de recenser chaque année les types d'interventions qu'ils réalisent : cela permet de dresser un bilan de la faculté d'accès aux soins, de l'état de santé général, des principales pathologies traitées et des caractéristiques sociales des patients accueillis.