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L'évolution des jeux de hasard et d'argent : le modèle français à l'épreuve

 

4. Problèmes et perspectives

a) La baisse continue du PMH est préoccupante

Même si les recettes du pari mutuel hippodrome ne représentent que 4 % du chiffre d'affaires total du PMU et même si l'on ne peut que se réjouir de la réussite du réseau de la société, constitué de plusieurs sortes de points de contact avec la clientèle5(*), force est de constater que la fréquentation des hippodromes pose problème.

En effet, de 1997 à 2003, et en 2005, la part des enjeux PMH6(*) dans le total des enjeux n'a cessé de baisser, passant de 276,7 millions d'euros (5,09 %) à 226,6 millions d'euros (3,23 %) et à 120 millions d'euros (1,5 %).

Part des paris sur les hippodromes dans les enjeux

(en milliards d'euros)

 

1997

2003

2005

PMU

Enjeux

% du total

Part du marché des jeux

5,269

94,9

-

7,015

96,8

-

8,01

98,5

23,1 ù

PMH

Enjeux

% du total

Part du marché des jeux

0,276

5,09

-

0,226

3,2

-

0,120

1,5

0,3 ù

FDJ

Chiffre d'affaires

Part du marché

-

-

-

-

8,92

25,7 %

Casinos

PBJ

Part du marché des jeux

-

-

-

-

17,64

50,9 %

Source : opérateurs

Ceci est très préoccupant, dans la mesure où l'hippodrome, en termes d'aménagement du territoire, de préservation des espaces verts et d'intérêt local, demeure un élément important du paysage français.

Incontestablement, il faudra veiller de près dans l'avenir à la modernisation des sites et aux efforts qu'ils devront entreprendre pour qu'ils restent ou deviennent des lieux de loisirs complets et attractifs, pas uniquement des champs de courses.

b) Les problèmes que rencontre le PMU dans le contexte européen sont importants et difficiles

La loi française de 18917(*) et ses décrets d'application réservent l'exclusivité des courses au PMU pour le compte des sociétés de courses, et interdit le book-making, y compris à des opérateurs français.

En 1992, au sommet d'Edimbourg, il avait été décidé que les Etats resteraient libres d'organiser leurs jeux.

C'est donc à son corps défendant qu'aujourd'hui le PMU se trouve placé au coeur d'une polémique extrêmement vive, centrée sur les monopoles de jeux des Etats européens, et animée par un nombre croissant d'opérateurs français et étrangers, qui interpellent les instances de Bruxelles et lui demandent de mettre fin aux monopoles et de libéraliser les jeux (voir plus loin).

Citons seulement ici quelques points particuliers aux jeux hippiques.

En Grande-Bretagne, les bookmakers ne rétrocèdent que 1,4 % à la filière publique, BHB (British Horseracing Board), équivalent des sociétés mères françaises.

Le contraste est donc fort entre cette très faible participation britannique et celle, beaucoup plus élevée, que le PMU apporte au financement de l'ensemble de la filière cheval, selon un montage très sophistiqué, qui met en oeuvre un nombre considérable d'intervenants.

Les autorités de Bruxelles sont conscientes de ces réalités, mais le lobbying qui s'est développé sur le sujet est tel qu'il conviendra que l'Etat français défende pied à pied ses positions.

La préoccupation du PMU est que les grandes courses françaises restent à un niveau de dotation qui leur permette de garder leur rang face aux prix bien plus élevés attribués à l'issue des autres courses européennes.

Cette nécessité doit être conciliée, selon l'opérateur français, avec la préservation du système français.

* 5 Equidia, télé interactive, minitel, téléphone, Internet, points courses, Pariez spot, et les téléphones mobiles en 2006.

* 6 Pari mutuel sur l'hippodrome par opposition au pari mutuel urbain pour lequel l'on peut jouer en dehors du lieu de course.

* 7 Loi du 2 juin 1891 réglementant l'autorisation et le fonctionnement des courses de chevaux.