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L'évolution des jeux de hasard et d'argent : le modèle français à l'épreuve

 

C. L'OPINION PUBLIQUE ET LE JEU

1. Un goût de liberté

Le public a-t-il une « opinion »sur le jeu ? Oui, bien sûr, puisqu'il a des idées sur tout.

Le jeu étant par essence un comportement éminemment naturel, inné, comme consubstantiel de notre nature humaine, et ce dès les débuts de notre vie, rien ne permet à nos concitoyens de penser que les jeux pourraient leur être interdits.

A la limite, ils comprendraient qu'on les prive des jeux dangereux pour eux-mêmes ou pour leurs voisins mais cela n'empêche nullement certains de pratiquer des sports extrêmes très périlleux.

Devant le goût invétéré des nôtres pour leurs « libertés » on peut se demander comment ils acceptent les règlementations, l'encadrement, les limites fixées par l'Etat à leurs jeux d'argent.

Un exemple récent de cette indépendance : quand le conseil municipal de Digne (Alpes de Haute Provence) consulte par référendum communal la population pour savoir si elle est favorable ou non à la création d'un casino, celle-ci répond oui à 60,43 % des suffrages exprimés.

2. Un besoin d'encadrement

Les Français semblent accepter la discipline, la respectent, ne protestent pas apparemment, et « estiment (à 75 % des gens en âge de jouer) que le jeu doit être règlementé par l'Europe » ! (Source : Française des jeux 2006).

Dans cette acceptation, il y a sans doute le fait que la mémoire collective a conservé le souvenir d'époques où certains jeux, très populaires (aux deux sens du mot) courses de chevaux et loteries, pouvaient être pollués par la fraude et les fraudeurs.

Alors, à tout prendre, le système français n'est-il pas plus sûr, ses joueurs mieux protégés ?

L'opinion publique a-t-elle été sensible aux polémiques nées des plaintes déposées par des joueurs malheureux ou contestataires ? (Affaire Brick contre Partouche et Riblet contre FDJ) (voir C du IV de la deuxième partie du rapport sur la multiplication des conflits)

Rien n'est moins sûr pour l'affaire Brick, la notion de responsabilité personnelle restant encore bien admise.

Pour l'affaire Riblet contre FDJ, votre rapporteur pense que « l'opinion » attend les résultats des expertises et contre-expertises, la contestation portant sur un aspect tout à fait technique.

L'opinion publique enfin ne devrait pas tarder, par contre, à se sensibiliser aux problèmes des joueurs dépendants, de même qu'elle a assez bien suivi les campagnes anti-tabac, anti-alcool ou vitesse au volant.

Dans cette perspective, le mieux pour l'Etat ne serait-il pas de précéder l'opinion pour ne pas avoir à la suivre ?.....