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L'évolution des jeux de hasard et d'argent : le modèle français à l'épreuve

 

C. LE TEMPS DES PROGRÈS ET DES PROCÈS - LES CONFLITS SE MULTIPLIENT

1. Quelques propos préalables à la visite du musée des conflits

Si le monde des jeux n'a jamais été un « long fleuve tranquille » la rigueur et les efforts de l'Etat conjugués à de réelles et substantielles modifications des structures professionnelles des casinos, une organisation moderne de la FDJ, et une réforme du PMU, des sociétés de courses de chevaux et l'évolution des professionnels de la filière équine, ont abouti à de profondes et solides transformations des trois grands secteurs des jeux.

Bien entendu, l'Etat a dû continuer à veiller constamment aux frontières de ce monde, encadrant les lotos des uns et les loteries des autres, luttant contre les infiltrations criminelles des machines à sous clandestines de la pègre, le tout au nom de l'ordre public, du respect des intérêts des opérateurs, de la filière équine et... du budget de la nation.

Or la situation générale s'est profondément modifiée avec tout ce qui vient d'être décrit. La conjugaison de ces éléments a entraîné d'ores et déjà de très grosses perturbations dans la météo ludique et, surtout, en laisse présager d'autres, encore plus violentes.

2. L'apparition de nouvelles et importantes technologies

L'informatique en investissant les jeux leur a beaucoup apporté, modernisant un peu le département des jeux de table, mais surtout permettant l'arrivée de machines à sous ultra attirantes, ultra performantes, à la fois pour le plaisir des joueurs mais aussi (et c'est une bonne chose) pour leur entretien, leur bon fonctionnement et les multiples vérifications et contrôles auxquels elles se prêtent, parce que la technologie le permet.

Parmi d'autres perfectionnements le « Bill-acceptor » récemment « accepté » par les pouvoirs publics, permet aux joueurs de ne pas manipuler de jetons ou de pièces de monnaie et soulage les lombes des jeunes employé(e)s qui, à longueur de journée charriaient des tonnes de métal.

Ceci n'est qu'un exemple mais qui montre bien que dans les salles de jeux rien n'est figé, ni la disposition des engins, ni leur fonctionnement : les ressources de la technologie sont supposées aptes à résoudre tous les problèmes.

Comme pour les casinos, l'informatique a beaucoup apporté à la FDJ et au PMU.

Pour leur développement ces deux opérateurs ont eu recours à elle pour multiplier leurs points de vente (chose essentielle pour des réseaux aussi étendus) et les relier en temps réel à des centraux de plus en plus performants.

Tous les succès des jeux nouveaux de la FDJ ou des paris nouveaux du PMU sont fondés sur les qualités informatiques de leurs réseaux de communication.

L'informatique dans les casinos vient aussi en aide à l'administration qui les contrôle : tenue des registres, comptabilité, et demain la mise en place du contrôle aux entrées qui filtrera enfin les interdits de jeux et les mineurs qui jusqu'ici fréquentaient les salles de MAS en toute impunité.

Ce contrôle pourra enfin compter sur un fichier central des interdits de jeu, tenu par la sous direction des libertés publiques du ministère de l'intérieur, dépoussiéré, modernisé et dont les mises à jour seront fournies mensuellement sur un support informatique qui remplacera avantageusement les listings papier (!) qui arrivaient jusqu'à ce jour par La Poste (pourquoi pas par la diligence ?)

Allons ! Encore un petit effort et les casinos pourront consulter ce fichier, actualisé régulièrement, en ligne et sur leur site.

D'autres technologies apparaissent tous les jours dont on nous dit qu'elles sont susceptibles de prendre des parts du marché des jeux : c'est le cas des téléphones mobiles.

De tous les problèmes nouveaux celui posé par internet est de loin le plus important; il domine tous les autres et nous conduit à lui consacrer le chapitre qui précède avant la revue de tous les conflits qu'il provoque.

Aucun des conflits évoqués plus loin n'est négligeable mais il faut sérier les problèmes : le rapport les évoquera en plusieurs « lots » en fonction de leur nature et de leur gravité.

Nous distinguerons :

- conflits de niveau un : opposant les particuliers aux opérateurs ou les opérateurs français entre eux.

- conflits de niveau deux : opposant l'Etat, sa société d'économie mixte (SEM), la FDJ, et le PMU à d'autres opérateurs français ou étrangers.

- conflits de niveau trois : le niveau européen, la commission européenne et ses propres initiatives, la cour de justice européenne et ses saisines.

Le niveau international qui implique l'organisation mondiale du commerce sera évoqué plus loin.