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L'évolution des jeux de hasard et d'argent : le modèle français à l'épreuve

 

B. DES TENDANCES CONFIRMÉES

La poursuite d'une croissance, dans l'ensemble, soutenue, tirée par une demande en augmentation, une contribution appréciable au financement des dépenses publiques et le développement de l'utilisation d'internet sont les principales tendances, constatées dans le premier rapport, qui se sont prolongées jusqu'à aujourd'hui.

1. Une croissance assez soutenue dans l'ensemble

a) Une forte augmentation de la demande en longue période

Comme le souligne l'INSEE, dans son étude précitée66(*), « les Français, depuis 1976, (date de création du Loto national), ont été de plus en plus attirés par les jeux de hasard et d'argent ».

Leur mise a doublé en vingt cinq ans pour atteindre, en 2003, environ 130 euros par habitant, soit 0,9 % de leur budget67(*).

Cela correspond à un accroissement des dépenses de jeux de ménage de 3,1 % par an, en moyenne et en volume, supérieur au rythme d'augmentation de l'ensemble des dépenses de consommation (+ 2,0 %).

Sur dix années, de 1991 à 2002, les parts de marché respectives des différents produits se sont profondément modifiées.

Les machines à sous (+ 36,8 % par an en volume) et les jeux instantanés, ont beaucoup progressé, au détriment du PMU (dépenses stables en volume) et des lotos et loteries traditionnelles.

Parts de marché des différents opérateurs

(en % du produit brut des jeux)

 

1991

2002

PMU et PMH 

47 %

26 %

Casinos :

11 %

34 %

FDJ :

42  %

40 %(1)

(1) Dont 2/3 de jeux instantanés.
Source : INSEE

L'augmentation de l'importance des casinos et la diminution de celle des courses de chevaux ont été spectaculaires.

Au total, selon l'INSEE, les dépenses des ménages étaient, en 2003, de 7,8 milliards d'euros, leurs dépenses brutes (valeurs non corrigées des gains) atteignant 32 milliards d'euros.

b) Une expansion qui s'est poursuivie depuis 2001

Le graphique ci-après rend compte de la poursuite de la croissance de la demande adressée aux différents opérateurs depuis la publication du premier rapport de votre commission des finances sur les jeux.

1. Ce chiffre est le résultat d'un calcul théorique prenant en compte le taux de retour supposé des machines à sous (85 %) et n'indique pas les dépenses effectives des joueurs.

Mais l'image ainsi donnée ne correspond qu'à une approximation des sommes misées à un moment donné, et ne reflète pas la dépense effective des joueurs, nette de leurs gains.

Elle montre néanmoins :

- le ralentissement, à partir de 2003, de la croissance des enjeux récoltés par les casinos (voir plus loin).

- une amélioration, à partir de 2002, de la progression du PMU pourtant toujours distancé par la Française des jeux.

En retranchant des 35,85 milliards d'euros joués par les Français, les 27,42 milliards gagnés par quelques-uns, on obtient une dépense nette totale de jeux de 8,43 milliards d'euros en 2005.

(1) Mêmes observations que celles de la note sous le graphique de la page précédente

Source : FDJ

Il apparaît que les casinos, premier secteur en termes de mises, ne sont que second, loin derrière la Française des jeux, pour ce qui est des dépenses nettes des joueurs, compte tenu du taux de redistribution beaucoup plus favorable qui est le leur (de l'ordre de 86 % au lieu de 60 %).

Toutefois, ces résultats ne sont pas pleinement significatifs.

En effet, les montants exacts des enjeux ne sont pas connus avec précision par les casinos dans la mesure où les gains rejoués ne sont pas enregistrés par leur comptabilité.

Les chiffres consolidés, utilisés ci-dessus, proviennent d'estimations faites par la Française des jeux en évaluant le produit brut des jeux (montant des pertes des joueurs, c'est-à-dire leurs mises moins leurs gains) à partir du taux de retour moyen aux joueurs68(*) des machines à sous (85 %).

Quoi qu'il en soit, la croissance des enjeux en euros courants, non corrigés des gains a été, de 2001 à 2004 compris, toujours supérieure à celle du PIB, ce qui témoigne du dynamisme de l'activité du secteur économique considéré.

Le dynamisme économique des jeux

(en pourcentage)

 

2001

2002

2003

2004

2005

Croissance :

- des enjeux (1) (tous opérateurs confondus)

9,1

6,5

5,16

5,36

3,1

- du PIB (2)

3,9

3,4

3,0

4,0

3,1

(1) en euros courants

(2) en valeur

* 66 INSEE, Première n° 1016 - mai 2005.

* 67 Contre 0,4 % en 1959 et 0,6 % en 1990. Les dépenses brutes, non corrigées des gains sont quatre fois plus importantes.

* 68 Comme noté dans le rapport de 2002, il s'agit d'un taux théorique, inférieur au produit brut réel, en raison du comportement des joueurs qui en « faisant durer le plaisir » gagnent moins d'argent qu'ils le pourraient.