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Quel avenir pour la gendarmerie ?

 

6. Poursuivre l'internationalisation et l'européanisation de la gendarmerie

Face au développement des formes graves de criminalité transnationale, comme le terrorisme, la traite des êtres humains ou le trafic de drogue, une action concertée au niveau européen constitue une nécessité.

Le statut militaire de la gendarmerie a favorisé son implication en opérations extérieures, en accompagnement des troupes françaises déployées à l'étranger ou dans le cadre d'opérations de gestion civile des crises.

Toutefois, la subordination de la gendarmerie au ministère de la Défense a sans doute constitué un frein dans son investissement dans la coopération policière européenne.

En effet, étant donné que le ministère de l'Intérieur joue traditionnellement le rôle de chef de file en la matière, le champ de la coopération policière européenne a pendant longtemps été occupé par la police nationale, qui a considéré cet aspect comme son domaine réservé.

La gendarmerie a ainsi été longtemps absente, tant des structures de négociation, que des dispositifs mis en place dans le cadre de cette coopération.

Toutefois, la suppression des contrôles aux frontières au sein de l'espace Schengen, ainsi que le développement des formes de criminalité transnationale, a entraîné un développement de la coopération policière européenne, à laquelle la gendarmerie se devait de s'intéresser.

C'est particulièrement vrai de la surveillance des zones frontalières, qui incombe très largement à la gendarmerie.

Le rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur devrait favoriser une plus grande place de la gendarmerie dans la coopération policière européenne.

La gendarmerie devrait pouvoir participer sur un pied d'égalité avec la police aux structures de coopération policière européenne, tant sur le plan national, qu'au niveau européen.

Il convient également de veiller à ce que le rattachement de la gendarmerie au ministère de l'Intérieur ne se traduise pas par un moindre investissement de la gendarmerie concernant les opérations extérieures.

En effet, l'exemple de l'Espagne montre que le rattachement marqué de la garde civile au ministère de l'Intérieur constitue un frein à sa participation à des missions hors du territoire, le ministère de l'Intérieur étant réticent à laisser partir à l'étranger des forces consacrées à la sécurité du territoire et à en supporter le coût budgétaire.