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Industrie du médicament : mettre la fiscalité en perspective

 

2. Un secteur stratégique pour les investissements

a) Un secteur à haute valeur ajoutée
(1) Plus de 103.000 emplois directs en 2006

Selon les données du LEEM, l'industrie du médicament comptait en France, en 2005, 101.500 emplois directs, en progression constante depuis 1995. Il s'agit très majoritairement (83 %) de personnes employées dans des entreprises de plus de 500 salariés et pour plus de la moitié dans des groupes détenus par des capitaux majoritairement étrangers. Ces effectifs s'établiraient désormais à 103.350 personnes en 2006.

Le LEEM évalue, par ailleurs, le nombre d'emplois indirects (sous-traitants, biotechnologies, centres de recherche...) à près de 41.500 personnes, hors personnels travaillant auprès des grossistes-répartiteurs (18.000 personnes) et des pharmacies d'officine (148.000 personnes).

Répartition géographique des emplois de l'industrie pharmaceutique en Europe en 2006

Source : EFPIA, The Pharmaceutical Industry in Figures, 2008 Edition

Le graphique précédant montre ainsi qu'en termes d'emplois, la France est, après l'Allemagne, le deuxième centre pharmaceutique en Europe, où l'on dénombrait, selon les données de l'EFPIA, environ 643.000 personnes employées par l'industrie pharmaceutique en 2006 (y compris la Suisse).

(2) Les investissements directs étrangers en France : nombreux, mais moins créateurs d'emplois que dans d'autres pays

Votre rapporteur spécial a interrogé l'Agence française des investissements internationaux (AFII) pour obtenir des éléments précis sur l'attractivité de la France, dans le secteur de la pharmacie, du point de vue des investissements directs étrangers.

Il en ressort, comme le montre l'encadré qui suit, que la France est le premier pays d'accueil des projets pharmaceutiques en Europe en nombre de projets mais le troisième en nombre d'emplois créés. On observe en particulier que l'Irlande, qui a mis en place une fiscalité favorable, bénéficie dans l'ensemble de projets plus créateurs d'emplois.

Les investissements étrangers dans le secteur pharmaceutique :
l'analyse de l'Agence française des investissements internationaux (AFII)

La France : première en Europe en nombre de projets mais troisième en nombre d'emplois créés

« Les observatoires de veille des investissements directs étrangers (IDE) en Europe mis en place à l'AFII montrent que la France est le premier pays d'accueil des projets pharmaceutiques en Europe en nombre de projets mais le troisième en nombre d'emplois générés (derrière l'Irlande et le Royaume-Uni). L'Irlande attire deux fois plus d'emplois que la France pour beaucoup moins de projets. Ce constat démontre que les projets qui vont en Irlande sont beaucoup plus importants, tant en montant qu'en nombre d'emplois. C'est notre principal concurrent en Europe.

« Pour les biotech, la France n'est pas en très bonne position en nombre de projets (troisième, loin derrière le Royaume-Uni) et encore moins pour les emplois générés (sixième place). La maturité de la biotech française reste encore à démontrer aux acteurs internationaux.

« Les projets irlandais sont essentiellement des projets de bioproduction. Le principal facteur d'attractivité est la fiscalité (l'Irlande pratique du « sur-mesure »). L'Irlande est devenue en moins de 10 ans un des trois spots mondiaux pour la bioproduction.

« Les grands laboratoires pharmaceutiques sont déjà sur notre territoire compte tenu de l'importance de notre marché. La croissance des IDE est donc principalement liée aux extensions d'activités.

« Le domaine pharmaceutique génère que peu de projets sur le total des projets identifiés dans le bilan d'activité global de l'AFII, de l'ordre de 3 à 4 %. Chaque année, une trentaine de projets génèrent 1.400 - 1.500 emplois annuels ».

Les différentes fonctions d'un laboratoire et leurs aspects stratégiques

« Les laboratoires internationaux sont présents en France. L'enjeu est aujourd'hui de les maintenir sur le territoire et de les inciter à se développer dans des fonctions à haute valeur ajoutée comme les centres de recherche et développement et les centre de production, mais aussi développer le nombre des essais cliniques dans les centres d'investigations français ».

Source : réponse de l'AFII au questionnaire de votre rapporteur spécial