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Industrie du médicament : mettre la fiscalité en perspective

 

(2) Un marché de l'automédication marginal et longtemps resté en recul

La France se distingue enfin par la faiblesse de son marché de l'automédication, tant en volume qu'en valeur.

L'automédication peut être définie comme l'utilisation, à l'initiative du patient et hors prescription médicale obligatoire, de médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché. En France, les médicaments peuvent, en effet, faire l'objet d'une prescription obligatoire, d'une prescription facultative ou être autoconsommés, c'est-à-dire être achetés directement par le patient sans prescription médicale.

D'après une étude récente du IMS Heath publiée par l'association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (AFIPA)17(*), le marché de l'automédication a représenté, en 2007, 1,9 milliard d'euros et 423 millions de boîtes vendues. L'automédication concerne, pour l'essentiel, les médicaments destinés au traitement d'affections bénignes (traitement contre le rhume ou les états grippaux).

Après une certaine stagnation, voire un certain recul, le marché de l'automédication tend ainsi aujourd'hui à se développer. Son taux de progression en 2007 s'est élevé à 4,1 % en volume et à 4,4 % en valeur. Le marché de l'automédication avait pourtant connu un recul entre 2000 et 2005. Dans leur rapport de janvier 2007 sur la situation de l'automédication en France18(*), MM. Alain Coulomb et Alain Baumelou notaient, en effet, qu'alors que le marché pharmaceutique français enregistrait des taux de croissance de 5,9 % par an en valeur et 0,7 % par an en volume entre 2000 et 2005, le marché de l'automédication connaissait une baisse de 2,1 % en volume et de 1 % en valeur sur la même période.

Cependant, l'automédication demeure toujours, en France, inférieure à celle des autres marchés européens. Dans leur rapport précité, MM. Alain Coulomb et Alain Baumelou comparaient ainsi les principaux marchés européens de l'automédication en 2005. L'étude classait la France en dernière position, loin derrière la Belgique, l'Espagne et l'Allemagne, dont les marchés de l'automédication représentaient alors plus de 12 % en valeur de leur marché pharmaceutique.

Les mesures prises récemment par le gouvernement, visant à autoriser l'accès direct au public de certains médicaments non soumis à prescription dans les officines19(*), devrait permettre de développer plus encore ce marché.

* 17 AFIPA, « Automédication : les industriels prêts à relever le défi ! », communiqué de presse du 14 février 2008.

* 18 Alain Coulomb, Alain Baumelou, « Situation de l'automédication en France et perspectives d'évolution. Marché, comportements, positions des acteurs », janvier 2007, rapport commandé par M. Xavier Bertrand, alors ministre de la santé et des solidarités.

* 19 Décret n° 2008-641 du 30 juin 2008 relatif aux médicaments disponibles en accès direct dans les officines de pharmacie.