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Finlande : le bon élève des systèmes éducatifs occidentaux peut-il être un modèle ?

7 avril 2010 : Finlande : le bon élève des systèmes éducatifs occidentaux peut-il être un modèle ? ( rapport d'information )

F. UNE FORTE CULTURE DE L'ÉVALUATION ET DE L'AUTOÉVALUATION

1. L'évaluation des élèves

a) Un état d'esprit très constructif et encourageant pour l'élève

L'autoévaluation est très pratiquée dans les écoles finlandaises, ceci dès la petite enfance.

Les enseignants par matière procèdent aux évaluations conformément aux objectifs inscrits dans le programme de formation.

D'après les informations fournies à votre délégation, « l'évaluation fait partie du travail quotidien et un rapport par élève est établi au moins une fois dans l'année. Un rapport intermédiaire supplémentaire peut également être rédigé au moins une fois durant l'année scolaire. La progression est évaluée en permanence et au moyen de tests effectués par l'enseignant ».

A cette fin, les enseignants d'une même discipline et d'un même niveau travaillent ensemble.

Les notes s'échelonnent de 4 à 10.

Au lycée, la dernière semaine de chaque période de 6 semaines d'enseignement est consacrée aux tests, afin de valider les modules. Ainsi, par exemple, il faut obtenir une note minimale de 5 pour valider 4 des 5 modules prévus dans une matière. A défaut, le module devra être repris plus tard.

Une attestation est fournie lorsque l'élève termine avec succès les neuf ans d'enseignement fondamental et un certificat complémentaire est délivré à l'issue de la dixième année optionnelle. Il est instructif de préciser l'esprit qui prévaut à l'évaluation de l'élève : il s'agit de l'évaluer par rapport à lui-même, à ses propres progrès et non par rapport aux autres. L'objectif n'est pas d'entretenir une compétition entre les élèves mais de les soutenir et de leur donner différentes possibilités d'apprendre, chaque enfant étant différent. L'objectif est aussi de permettre à l'élève de mieux se connaître, d'avoir confiance. Ses enseignants attendent que sa motivation se renforce. Ainsi que l'a précisé Mme Kristina Kaihan-Salminen, de la direction générale de l'éducation : « il ne faut pas forcer les enfants, ne pas les stresser trop tôt ».

Votre délégation juge cette approche très intéressante ; elle permet notamment d'éviter un certain nombre d'échecs scolaires liés au découragement des élèves. Les redoublements et les abandons sont très rares, ainsi que cela a déjà été dit.

Précisons que l'enseignement de soutien après la classe, pour les élèves en difficulté, est de la responsabilité de l'enseignant.

b) Des limites cependant et un risque de démotivation

Certains professeurs rencontrés par votre délégation ne lui ont pas caché que cette démarche trouvait néanmoins ses limites en cas de motivation limitée de l'élève et dans le contexte de faible esprit de discipline régnant au sein des établissements.

Par ailleurs, le système éducatif doit traiter d'une façon ou d'une autre le fait que les élèves n'ont pas tous les mêmes possibilités ou rythmes d'apprentissage. C'est pourquoi il existe aussi des classes ou des établissements spécialisés pour les enfants n'arrivant pas à suivre les enseignements.

Pour ce qui concerne les élèves précoces, certains regrettent l'insuffisance des défis qui leur sont proposés au collège, ce qui explique leur démotivation.

Ils souhaiteraient que certains élèves soient davantage poussés à travailler, ce qui les préparerait d'ailleurs mieux aux exigences du lycée.

2. L'évaluation des écoles et des enseignants

Une importance toute particulière est accordée à l'autoévaluation et à l'évaluation externe. En revanche, il n'existe pas de système d'inspection par l'Etat, le corps d'inspecteurs ayant été supprimé en 1991. Un Conseil d'évaluation de l'enseignement, rattaché au ministère de l'éducation mais indépendant, est en fonction depuis avril 2003. Il est responsable de la planification, de la coordination, de la gestion et du développement de l'évaluation de l'enseignement fondamental et du second degré.

Par ailleurs, chaque année, la direction nationale de l'enseignement du ministère constitue un échantillon aléatoire d'écoles afin d'en évaluer le niveau.

L'évaluation est essentiellement sous la responsabilité des municipalités. Helsinki a fait le choix de l'autoévaluation et d'un dialogue entre la ville et les directeurs d'école. En outre, elle a recours à une externalisation de l'évaluation.

En septembre de chaque année, un plan annuel est établi pour chaque école, qui doit être approuvé par le conseil de l'école.

Le conseil de l'école élabore un rapport permettant d'évaluer les résultats au regard des objectifs fixés.

Relevons que les enseignants, comme les fonctionnaires du service Éducation de la ville, bénéficient de primes lorsque tous les objectifs sont atteints.