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Les effets sur la santé et l'environnement des champs électromagnétiques produits par les lignes à haute et très haute tension

 

3. L'impact sur les champs électriques et magnétiques

La mise en souterrain d'une ligne annule le champ électrique par la simple configuration technique des câbles et le type de pose.

Il n'en est pas de même pour le champ magnétique qui persiste même s'il est atténué et plus concentré dans l'espace.

a) Les configurations classiques de pose

L'ampleur de la réduction du champ magnétique dépend de la configuration de pose.

On sait que des câbles de distribution de basse tension peuvent être torsadés (deux phases et neutre) et ainsi permettre l'annulation du champ magnétique.

La technologie ne permet pas de faire de même pour la haute et très haute tension. Mais il est possible plutôt que d'installer les câbles les uns à côté des autres - en nappe - comme s'il s'agissait d'une ligne aérienne, de les poser en trèfle, c'est-à-dire par groupe rapproché de trois et de concentrer le champ.

Toutefois, les jonctions entre les câbles doivent être réalisées en nappe. D'autre part, on doit prendre en compte les problèmes thermiques et les besoins de maintenance et de réparation.

Source : Sycabel

Le champ peut également être modéré par la profondeur de l'ouvrage. Le passage de 1,2 m à 2 m de profondeur, entraîne une division par 2 environ du champ magnétique mais accroît les coûts de construction.

b) Les configurations complexes de pose pour minimiser le champ

Au-delà, des configurations complexes de pose peuvent être envisagées avec pour objectif de minimiser le champ magnétique.

Peuvent également être installés un ou deux circuits passifs de compensation au dessus et en dessous de la ligne. Ce dispositif a un impact modéré si les câbles sont posés en trèfle (atténuation de 6 et 13 %). Elle est beaucoup plus importante pour des câbles posés en nappe, atteignant respectivement 26 et 49 %.

Cette technique s'applique tout particulièrement aux chambres de jonction où les câbles sont nécessairement posés en nappe et où leur écartement peut augmenter le champ d'un facteur 2 à 3. Ce point est sensible car une chambre de jonction doit être installée tous les kilomètres pour une ligne à 90 kV mais tous les 500 m pour une ligne à 225 kV.

Ces configurations plus complexes accroissent le coût de construction des lignes, le coût d'exploitation et les pertes par « effet joule ».

c) Aérien et souterrain : quelle différence ?

La pose en souterrain entraîne l'atténuation générale du champ, sa concentration en une zone limitée et une diminution rapide.

On peut tout d'abord comparer la pose de câbles en nappe par rapport à une ligne aérienne. Dans ce graphique, les valeurs de champ indiqués indiquées en rouge correspondent à une ligne posée selon les normes britanniques, ce qui est impossible en France, c'est-à-dire une ligne 400 kV à 30 cm sous le sol :