Allez au contenu, Allez à la navigation



La fonction « anticipation stratégique » : quel renforcement depuis le Livre blanc ?

8 juin 2011 : La fonction « anticipation stratégique » : quel renforcement depuis le Livre blanc ? ( rapport d'information )

C. UNE COORDINATION NAISSANTE

Dans le domaine de la coordination des différents acteurs, ou à tout le moins des acteurs publics, les préconisations du Livre blanc ont connu un timide début de mise en oeuvre, que le poids des réalités budgétaires et l'urgence de l'actualité n'ont fait que renforcer.

1. Les tentatives pour planifier et mutualiser les commandes d'études extérieures

Comme cela a été décrit précédemment, des initiatives ont été prises pour mutualiser les commandes d'études à des chercheurs et organismes extérieurs.

Au sein du ministère de la Défense, un important effort de concertation, planification et pilotage a en effet été réalisé, qui mérite d'être salué. Une concertation informelle s'est établie entre les ministères de la Défense et des Affaires étrangères. La logique de mutualisation entre public et privé et au sein des ministères contributeurs a, enfin, sous-tendu la création du CSFRS.

2. Le rationnement des moyens

Mais c'est aussi la rareté des moyens qui, nécessité faisant loi, pousse à la coordination. Ainsi la direction de la prévision du ministère des Affaires étrangères, qui dispose d'un budget d'études 41 fois inférieur (de l'ordre de 100 000 euros annuels disponibles pour les crédits de consultance) à celui de la DAS du ministère de la Défense (4,1 millions d'euros annuels) collabore-t-elle ponctuellement avec cette dernière pour la commande de certaines recherches.

Cette coordination souple et informelle repose sur la bonne volonté réciproque des deux directeurs concernés ; y entre une large part d'intuitu personae. Ce n'est pas le résultat « mécanique » d'une quelconque rationalisation qui aurait été pensée d'en haut et institutionnalisée.

Ce mode de fonctionnement souple parait donc aussi intéressant que particulièrement fragile.

3. L'urgence de la gestion des crises

Le facteur le plus décisif pour pousser les différents acteurs publics de l'analyse stratégique française à collaborer dans une démarche commune est naturellement la pression des événements.

A la suite de l'intervention en Libye, le SGDSN a pris l'initiative d'une coordination des différentes initiatives tendant à l'élaboration des différents scénarii de sortie de crise. Son but était de coordonner les réflexions complémentaires menées par les ministères de la Défense, des Affaires étrangères, de l'Intérieur, mais aussi de la Justice et de l'Economie, notamment.

Cette intervention ponctuelle et bienvenue reste toutefois dictée par l'urgence de la situation, et n'est pas érigée en mode de fonctionnement pérenne.