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Nouvelle-Calédonie : le pari du destin commun

8 juin 2011 : Nouvelle-Calédonie : le pari du destin commun ( rapport d'information )
7. L'agence de développement de la culture kanak (ADCK)

L'ADCK, établissement public administratif créé dans le cadre des accords de Matignon-Oudinot à la demande de Jean-Marie Tjibaou, exerce quatre missions :

- valoriser le patrimoine archéologique, ethnologique et linguistique kanak ;

- encourager les formes contemporaines d'expression de la culture kanak, en particulier dans les domaines artisanal, audiovisuel et artistique ;

- promouvoir les échanges culturels, notamment dans la région Pacifique Sud ;

- définir et conduire des programmes de recherche.

Le centre culturel Jean-Marie Tjibaou, lieu d'affirmation identitaire, de rencontre et de création culturelle, est le principal outil de l'agence.

Le transfert de l'ADCK, prévu par l'article 23 de la loi organique50(*), est d'ores et déjà possible, mais les collectivités s'interrogent, au vu du développement du paysage culturel calédonien ces deux dernières années, sur la place de l'ADCK. Le transfert de l'agence pourrait donc être l'occasion d'une réflexion sur ses missions. Il ne donnera lieu à aucun transfert de personnel, mais seulement au transfert des biens et à une compensation financière.

Une mission d'inspection conduite par un inspecteur général du ministère de la culture et de la communication a été menée en avril 2010, afin de dresser un bilan des cinq dernières années et d'évaluer les projets de développement du centre culturel Tjibaou pour la période 2011-2015.

Les différents échanges entre les services de l'État et du gouvernement calédonien ont abouti à la rédaction d'un projet de résolution arrêté par le gouvernement, le 19 octobre 2010, puis adopté par le congrès, le 30 novembre 201051(*). Cette résolution demande un transfert au 1er janvier 2012.

8. Le centre de documentation pédagogique (CDP)

Le transfert du centre de documentation pédagogique est prévu par l'article 23 loi organique et emporte cession à la Nouvelle-Calédonie, à titre gratuit, des contrats, droits et obligations de l'Etat.

15 agents sont concernés (5 agents de l'Etat, 8 fonctionnaires territoriaux et 2 contractuels). Les agents de l'Etat disposent d'un droit d'option pour la fonction publique de la Nouvelle-Calédonie.

Conformément à la résolution du congrès de la Nouvelle-Calédonie du 27 juillet 2010, le transfert du CDP a eu lieu le 1er janvier 2011.

Le centre culturel Tjibaou

D'une surface totale de 8.188 m2, le centre culturel Tjibaou s'étend sur 8 hectares, sur la presqu'île de Tina (Nouméa). Il a enregistré 90.748 entrées en 2007 (dont près de la moitié pour le site et les expositions) et emploie 90 agents. S'agissant de son financement, la Nouvelle-Calédonie y participe à hauteur de 40%, l'Etat à 39%. Les recettes propres représentent 21% des ressources du centre.

Par sa configuration originale, concentrant en un même lieu un centre d'art, un musée, une salle, des espaces de spectacle et une bibliothèque spécialisée, le centre culturel propose une multiplicité d'offres culturelles. Ses publics varient quantitativement et sociologiquement au rythme de ses actions.

Le symbole de la reconnaissance de la culture kanak

Le 15 septembre 1975, Mélanésia 2000, initiative de Jean-Marie Tjibaou, célèbre pour la première fois l'identité kanak. Deux mille participants venus de tous les clans du pays partagent leurs savoirs, leurs chants et leurs danses devant plus de cinquante mille spectateurs.

En octobre 1982, l'Office culturel scientifique et technique canaque (OCSTC) est créé. Remplacé par l'Office calédonien des cultures, il cède sa place en 1988 à l'Agence de développement de la culture kanak (ADCK), dans le cadre des accords de Matignon. Cet établissement public d'Etat à caractère administratif est chargé de valoriser le patrimoine kanak, d'encourager les formes contemporaines d'expression de cette culture et de promouvoir la recherche et les échanges culturels.

Sur proposition du Premier ministre, il est décidé en 1990 de construire les locaux de l'ADCK dans le cadre des grands travaux de la République. Le conseil d'administration propose le nom de « centre culturel Jean-Marie Tjibaou », rendant ainsi hommage à l'action de ce dernier. Le projet s'avère conçu comme un outil de rééquilibrage et un symbole de reconnaissance de la culture kanak comme référence identitaire de ce pays.

En 1991, le conseil municipal de Nouméa autorise la cession à titre gratuit d'un terrain. Renzo Piano, prix Pritzker, remporte le concours international d'architecture avec un projet d'édifice moderne qu'il souhaite « le plus kanak possible ».

Le chantier ouvre en mai 1995. Trois ans plus tard, en mai 1998, le centre culturel Tjibaou est inauguré au cours de grandes cérémonies coutumières. Le 15 juin, le centre culturel Tjibaou ouvre au public.

Une architecture contemporaine en harmonie avec la culture kanak

L'architecte en charge du projet, Renzo Piano, a cherché à accorder ses valeurs esthétiques aux valeurs kanak. Le centre se compose de trois villages possédant chacun une fonction distincte, avec au total dix cases, d'une surface moyenne de 90 m2. Les cases des trois villages sont reliées entre elles par une allée courbe qui évoque l'allée centrale spécifique à l'habitat traditionnel kanak. Chacune des cases est dimensionnée pour résister aux vents cycloniques et aux séismes.

Centre culturel Tjibaou - « cases » inspirées de l'architecture kanak traditionnelle


* 50 Ce transfert doit faire l'objet d'un décret en Conseil d'Etat pris sur proposition du congrès, précisant la date et les modalités du transfert.

* 51 Le congrès déclenche la procédure de transfert par l'adoption d'une résolution. Ce sont ensuite des décrets en Conseil d'Etat qui précisent la date et les modalités du transfert. La date du transfert au 1er janvier 2012 figurant dans le projet de résolution n'est donc qu'indicative.