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Egalité des femmes et des hommes dans le sport : comme dans le marathon, ce sont les derniers mètres les plus difficiles

21 juin 2011 : Egalité des femmes et des hommes dans le sport : comme dans le marathon, ce sont les derniers mètres les plus difficiles ( rapport d'information )
4. Une prise de conscience collective : la Conférence de Brighton et les Assises nationales Femmes et Sports

Comme l'a rappelé M. Bertrand Jarrige, directeur des Sports au ministère des Sports, « il a fallu attendre 1994 pour que des décideurs consacrent à Brighton une conférence internationale aux femmes dans le sport ».

Cette première conférence internationale sur les femmes et le sport fut organisée du 5 au 8 mai 1994 à Brighton, au Royaume-Uni, par le British Sports Council avec l'appui du Comité interministériel olympique. Réunissant des décisionnaires du domaine des sports au niveau national et international, elle portait sur les moyens d'accélérer le processus de changement pour corriger les situations de déséquilibre auxquelles étaient confrontées les femmes, lorsqu'elles participaient ou s'impliquaient dans le sport.

Les signataires se fixaient comme but de créer un environnement sportif qui faciliterait et valoriserait la pleine participation des femmes à tous les aspects du sport. Ils appelaient de leurs voeux la mise en place de politiques, de structures et de mécanismes appropriés qui assureraient aux filles et aux femmes la possibilité de faire du sport dans un environnement sûr et augmenteraient la participation des femmes à tous les niveaux du sport et dans tous les rôles.

Les pouvoirs publics ont également pris conscience, en France, à la fin des années 1990, de la nécessité de mieux ancrer la promotion de l'égalité entre les genres dans les institutions et les politiques publiques.

La création de l'Observatoire de la parité en 1995, suivie en 1999 de la création des délégations parlementaires aux droits des femmes et à l'égalité des chances entre les hommes et les femmes, et les premières lois sur la parité sont révélatrices de ce nouvel état d'esprit.


· Dans le domaine des sports, Mme Marie-George Buffet, ministre de la jeunesse et des sports, s'appuyant sur les conclusions des Assises nationales femmes et sport qu'elle avait organisées, s'est engagée dans une politique volontariste pour favoriser l'accès des femmes à la pratique sportive et aux postes de responsabilité dans les associations sportives.

En 1999, un processus de réflexion a été lancé sur le thème « femmes et sport », dont les premières assises nationales se sont tenues les 29 et 30 mai 199922(*). Elles ont regroupé près de 500 participants et ont abouti à des conclusions dont ont découlé plusieurs mesures significatives, parmi lesquelles :

 la suppression par la Commission nationale du sport de haut niveau (CNSHN) de la distinction entre les pratiques féminines et masculines en vue de la reconnaissance du caractère de haut niveau d'une discipline sportive ;

 l'obligation pour les associations sportives agréées par le ministère d'intégrer dans leurs statuts des dispositions garantissant, notamment, l'égal accès des femmes et des hommes à leurs instances dirigeantes ;

 l'ouverture d'une ligne spécifique de crédits « femmes & sport » en 1999 dans le cadre des conventions d'objectifs passées entre le ministère de la Jeunesse et des Sports et les fédérations sportives.


· De 2002 à 2004, dans le cadre d'une démarche partenariale entre le ministère de la santé, de la jeunesse et des sports (MSJS) et le Comité national olympique et sportif français (CNOSF), la France a assuré la présidence du réseau européen « Femmes et Sports ».


· En 2003, l'ensemble des ministères, dont le ministère de la santé, de la jeunesse, des sports et de la vie associative, a participé à l'élaboration de la Charte « Pour l'égalité des hommes et des femmes, la France s'engage », afin que cette préoccupation soit intégrée dans les politiques publiques aux échelons national, régional et local.


· En 2004, un groupe de travail, présidé par Mme Brigitte Deydier, alors vice-présidente de la Fédération française de judo, a été mis en place autour des questions de l'accès des femmes aux fonctions dirigeantes et de la pratique des jeunes filles et des femmes dans les quartiers urbains sensibles. A l'issue de ce travail, un rapport « Femmes et Sport » a été remis aux ministres lors de la 6e conférence européenne du réseau européen Femmes et Sport. Une plaquette « Femmes et Sport » présentant les actions à conduire et à soutenir a également été réalisée.


· Depuis 2005, le ministère de la santé et des sports et le Comité national olympique et sportif français, organisent les « concours Femmes et sport » dont l'objectif est de promouvoir l'image, la place et le rôle des femmes dans les pratiques physiques et sportives. Entre 2005 et 2009, 2 780 projets ont été reçus, 500 récompensés, dont 350 en faveur des jeunes filles et des femmes dans les quartiers.


· En 2006, afin de renforcer l'impact des mesures prises en faveur de la pratique sportive féminine et de l'accès des femmes aux fonctions de dirigeantes, le ministère a créé le Pôle ressource national « sport famille et pratiques féminines » - aujourd'hui Pôle ressource national « sport égalité mixités citoyenneté » - implanté au CREPS PACA - site d'Aix-en-Provence. Il apporte entre autres un soutien aux actions menées dans chaque région par le ou la correspondant(e) Femmes et Sport.


· Enfin, dans le prolongement des préconisations du rapport « Deydier » et des constats réalisés depuis, le ministère des sports a décidé de mettre en place, en 2011, avec l'appui du pôle ressources national « sport, éducation, mixités, citoyenneté » (SEMC), un groupe de travail national destiné à réfléchir et à proposer des actions concrètes et des outils pour agir sur la place des femmes dans le sport.


* 22 Les premières assises nationales