C. DES OBJECTIFS D'ÉCONOMIES COMPROMIS ET UNE SIMPLIFICATION INSUFFISANTE ?

1. D'importantes dépenses informatiques

Les réformes entreprises ont nécessité, et continueront de nécessiter, de grands investissements dans les systèmes d'information .

Un rapport d'une mission d'audit RGPP en date du 8 juillet 2010 a ainsi constaté qu'à ce stade la fusion de l'AUP et du CNASEA n'a pas permis la réalisation de gains notables d'efficacité et d'efficience .

Ce rapport souligne également l'importance du budget (45 millions d'euros) et des personnels affectés à la fonction informatique (218 ETP) de l'ASP.

Les systèmes d'information de cette dernière demeureraient fortement marqués par la superposition des applicatifs hérités des deux organismes et l'éclatement applicatif se retrouve en matière organisationnelle, tant au niveau de la maîtrise d'ouvrage (MOA) que de la maîtrise d'oeuvre (MOE). Aujourd'hui les applications principales, issues d'investissements récents non encore amortis, ne sont pas remises en cause (ISIS et OSIRIS continueront donc à coexister) et les principaux chantiers programmés visent à l'unification des trois chaînes de paiement.

De même, FAM a hérité de nombreux systèmes d'information , issus des anciens offices, au sein desquels coexistaient déjà des systèmes très hétérogènes puisqu'ils étaient eux-mêmes issus de fusions d'établissements.

Enfin, l'ODEADOM a très longtemps utilisé des procédures papier et son informatisation a été tardive, plusieurs mesures n'ayant été informatisées qu'à compter de 2006 . En 2008, l'office gérait quatre bases indépendantes de bénéficiaires : banane, canne, diversification végétale et RSA.

Les trois opérateurs ne sont donc pas au même stade d'avancement dans leurs chantiers de rationalisation de leurs systèmes d'information hérités des anciens organismes. Si l'ASP semble en avance, elle doit cependant mener à bien des chantiers importants avec des investissements plus lourds.

Pour sa part, FAM devra d'abord mener à terme un processus de réingénierie global et adapter ses priorités en fonction des moyens budgétaires disponibles. Comme l'observe la Cour, à la lumière de l'expérience d'autres organismes publics ou privés, « la refonte des systèmes d'information ne se déroule jamais dans le respect des délais et budgets impartis et les gains attendus se matérialisent rarement dans les proportions prévues ».

Au total, la lourdeur des chantiers informatiques à mener constituerait un facteur de risque susceptible de compromettre la réalisation des économies attendues d'ici 2013 .

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