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L'Égypte, la Libye et la Tunisie un an après les « printemps arabes »

4 juillet 2012 : L'Égypte, la Libye et la Tunisie un an après les « printemps arabes » ( rapport d'information )
3. Les priorités politiques du gouvernement de transition
a) La question cruciale de la réintégration des anciens combattants

Les autorités libyennes ont discuté de leurs priorités politiques suivantes, outre le rétablissement de la sécurité, avec les représentants de votre commission des finances :

- la réintégration des anciens combattants, suivant un plan qui se heurte aux réticences des brigades révolutionnaires ; 140 000 combattants ont fait part de leur souhait de réintégration, dont près d'un tiers pour rejoindre l'armée et la police  (cf. encadré ci-dessous) ; ce point crucial est une question de « dignité » ; comme l'a déclaré à la délégation de la commission des finances le Premier ministre Abderrahim Al-Kib, « les jeunes Libyens n'ont jamais pensé porter les armes, cela leur a été imposé. Ils devaient défendre leur dignité, leur famille » ;

L'intégration des anciens combattants en Libye

Les anciens révolutionnaires libyens devraient obtenir des postes dans les ministères de la défense (à hauteur de 25 000 emplois) et de l'intérieur (le chiffre de 35 000 emplois a été évoqué, en hausse par rapport aux prévisions initiales de 25 000 postes).

Les autres secteurs, dits « civils », devraient accueillir la plus grande partie (soit 100 000) des anciens révolutionnaires. La création d'entreprises serait facilitée.

Parallèlement, des programmes de formation seront engagés, notamment en langue étrangère. Une partie des révolutionnaires pourrait étudier à l'étranger.

Source : entretien de la délégation de la commission des finances avec Abderrahim Al-Kib, Premier ministre libyen, 20 mars 2012.

- la sécurisation des frontières, notamment au Sud du pays, lieu de divers trafics, et qui a donné lieu à une conférence interministérielle sur la sécurité organisée à Tripoli du 9 au 12 mars 2012, en présence de représentants des Etats voisins d'Afrique du Nord et du Sahel,  des Nations Unies, de l'Union européenne, de la Ligue arabe et de l'Union africaine ;

- la réconciliation nationale, laquelle a donné lieu à l'adoption d'une loi sur la justice dans la période de transition, alors que les procès des dirigeants et des figures de l'ancien régime n'ont pas encore été initiés.

b) Des perspectives de coopération bilatérale, à conduire dans le respect de la souveraineté nationale libyenne

De leurs échanges, les membres de la délégation de la commission des finances du Sénat retirent l'impression d'interlocuteurs de qualité, conscients des difficultés et ouverts à des coopérations internationales, dans le respect de la souveraineté nationale libyenne. La France a vocation à y répondre, même si le caractère transitoire des nouvelles autorités politiques et le besoin de réorganisation de l'administration compliquent la mise en oeuvre concrète de partenariats.

Alors que les offres de coopération sont multiples, la France doit pouvoir mieux tirer parti de son excellente image, liée à son soutien ancien au CNT, et de sa définition d'une stratégie nationale pour la reconstruction de la Libye, destinée à offrir un cadre cohérent aux actions conduites. Les visites ministérielles et parlementaires, avec l'appui de notre ambassade qui a repris ses activités dès septembre 2011, permettent de définir concrètement le contenu de ce plan d'action.